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« I KNOW THIS MUCH IS TRUE » (2020)

MARK RUFFALO

Écrit et réalisé par Derek Cianfrance, produit par HBO, « I KNOW THIS MUCH IS TRUE » est une minisérie de 6×57 minutes (environ) qui fait penser à ces grands romans-fleuve américains des années 50 et 60.

C’est l’histoire sur plusieurs décennies, de deux frères jumeaux campés par Mark Ruffalo, élevés par un beau-père brutal (John Procaccino) et une mère maltraitée (Melissa Leo). À l’âge adulte, l’un d’eux schizophrène, commence à fréquenter les hôpitaux psychiatriques, pendant que l’autre obligé de s’occuper de lui, devient de plus en plus violent et asocial. Au-dessus de leurs têtes, le fantôme d’un géniteur qu’ils n’ont jamais connu et que leur mère refuse de nommer… C’est noir, c’est même très noir. Dans l’Amérique des années 80, hantée par la guerre, le protagoniste tombe de charybde en scylla, s’enfonçant dans la malchance, au point qu’il finit par se croire victime d’un mauvais sort, comme semble le confirmer la découverte d’un manuscrit écrit par son grand-père sicilien, individu particulièrement haïssable. Ne mâchons pas nos mots : « I KNOW THIS MUCH IS TRUE » est un véritable chef-d’œuvre de la télévision contemporaine. Le contexte mélodramatique est transcendé par la richesse des thèmes : le poids du silence, la gémellité, la folie, le pardon, mais aussi le racisme enraciné dans le pays. Un long chemin pour le personnage de ‘Domenico’ qui en acquiert une dimension universelle et pathétique. Ruffalo n’a jamais été meilleur, c’est dire. Il dégage une humanité fruste, poignante, même s’il n’est pas toujours sympathique. Ses deux rôles sont tellement différenciés, physiquement, vocalement, qu’on oublie totalement qu’il s’agit du même interprète. Un authentique tour-de-force. Autour de lui, un grand cast : Rosie O’Donnell en assistante sociale bouleversante d’empathie (qui l’eut cru ?), Archie Panjabi en psy opiniâtre, Juliette Lewis plus agaçante que jamais dans deux apparitions. Et même Harris Yulin en vieux prêtre. Sensible, intelligent, non dénué de roublardise (la façon dont on est « baladé » par les flash-backs sur le grand-père) et une conclusion imprévisible, lumineuse, où pointe enfin l’espoir. Exceptionnel !

ROSIE O’DONNELL ET MARK RUFFALO

 

HAPPY BIRTHDAY, HOLLY !

HOLLY PALANCE, FILLE DE JACK. UNE CARRIÈRE DISCRÈTE ET BRÈVE. MÉMORABLE POUR SON APPARITION DANS « LA MALÉDICTION » (PHOTO)
 
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Publié par le 5 août 2021 dans ANNIVERSAIRES

 

« SALAUD » (1971)

Réalisé par Michael Tuchner d’après un scénario adapté par… Al Lettieri, « SALAUD » est un de ces polars réalistes anglais dans la lignée de « LA LOI DU MILIEU », qui connurent une certaine vogue dans les années 70.

Malgré de nombreux atouts dans sa manche, en particulier une distribution royale, le film ne décolle jamais vraiment, par la faute d’une histoire manquant d’ossature, de suspense, et ne se concentrant pas suffisamment sur le personnage central, campé par un magnifique Richard Burton. Bâti autour d’un hold-up foireux, s’attardant sur des personnages de flics sans intérêt, le film s’éparpille, ne trouve jamais son centre de gravité et s’achève par un anticlimax incroyablement plat et décevant. C’est d’autant plus dommage que Burton est vraiment exceptionnel en psychopathe sadique, fils-à-maman homosexuel au rictus de chien enragé, totalement imprévisible dans ses réactions, à la fois terrifiant et ridicule. Une vraie composition pour un comédien si souvent sous-employé. Face à lui, Ian McShane joue son « mignon », un pâle voyou proxénète, nageant entre deux eaux. On reconnaît trois comédiens qui avaient tourné la même année dans « LES CHIENS DE PAILLE » : T.P.McKenna, Del Henney et Colin Welland. Joss Ackland est parfait en malfrat affligé d’un méchant ulcère et Fiona Lewis est bien agréable à contempler. « SALAUD » est typiquement le genre de film qu’on aimerait adorer et classer dans la catégorie « cult-movie », mais il n’en est rien. C’est trop souvent filandreux et soporifique et Burton n’apparaît pas assez pour sauver le film à lui tout seul. C’est en tout cas indispensable à tout fan de l’acteur gallois qui donne le meilleur de lui-même et fait oublier ses fausses-routes hollywoodiennes avec ou sans Liz Taylor et redore son blason de comédien d’exception. Rien que pour ça…

NIGEL DAVENPORT, RICHARD BURTON, JOSS ACKLAND, DEL HENNEY ET IAN McSHANE
 

DESMOND DAVIS : R.I.P.

DESMOND DAVIS (1926-2021), RÉALISATEUR DE TV QUI NE TOURNA QUE QUELQUES LONGS-MÉTRAGES DONT « LE CHOC DES TITANS »
 
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Publié par le 3 août 2021 dans CARNET NOIR, CINÉMA ANGLAIS

 

HAPPY BIRTHDAY, STEVEN !

STEVEN BERKOFF, SECOND RÔLE SPÉCIALISÉ DANS LES MÉCHANTS, VU CHEZ KUBRICK, DANS UN 007 ET MÊME UN RAMBO !
 
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Publié par le 3 août 2021 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ANGLAIS

 

« LE SIXIÈME SENS » (1986)

TOM NOONAN ET JOAN ALLEN

Écrit et réalisé par Michael Mann d’après le roman de Thomas Harris et sorti cinq ans avant « LE SILENCE DES AGNEAUX » qui popularisa le personnage de Hannibal Lecter, « LE SIXIÈME SENS » est un polar unique en son genre, ancré dans l’esthétique de son époque et étonnamment original malgré un sujet bateau de chasse au serial killer.

Car ici, la forme supplante le fond, et la réalisation prend le pas sur un scénario solide mais sans réelle surprise ou profondeur. À sa décharge, il y a eu tant de scénarios de ce genre depuis, au cinéma ou dans les séries télé… Mann parvient à immerger dans son univers visuel (photo ultra-léchée du grand Dante Spinotti) et sonore avec la BO étrange et englobante, il impose un rythme lent, presque contemplatif, à l’image de son singulier héros, William Petersen, as du FBI en stress post-traumatique, qui parvient à entrer dans la tête des dégénérés qu’il poursuit. Excellent choix que Petersen, acteur impassible au jeu intériorisé qui se montre parfaitement crédible dans cet emploi, évitant tous les clichés du superflic hollywoodien. Autour de lui, Tom Noonan est extraordinairement angoissant dans le rôle du tueur fou, sans aucune grandiloquence, Joan Allen trouve un de ses plus beaux rôles en jeune aveugle menacée, Kim Greist est charmante en épouse compréhensive. Sans oublier l’indispensable Dennis Farina en co-équipier de Petersen. Dans le rôle de Lecter, Brian Cox donne une interprétation beaucoup moins flamboyante que Anthony Hopkins dans le film de Jonathan Demme cité plus haut. Il n’est d’ailleurs fait aucune allusion à son cannibalisme. « LE SIXIÈME SENS » est émaillé de séquences inoubliables et essentiellement visuelles : l’épisode du tigre endormi, le face à face entre Noonan et le journaliste ripou Stephen Lang, les plages de Floride, etc. Cette volonté délibérée du réalisateur de renouveler l’imagerie du polar est finalement payante, puisqu’on est hypnotisé par ces images, envoûté par cette langueur de plus en plus stressante.

WILLIAM PETERSEN, DENNIS FARINA, STEPHEN LANG ET KIM GREIST

 

HAPPY BIRTHDAY, THEO !

THEODORE « THEO » MARCUSE (1920-1967), SECOND RÔLE AU PHYSIQUE IMPRESSIONNANT DES ANNÉES 60, VU PRINCIPALEMENT À LA TV. MORT JEUNE
 
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Publié par le 2 août 2021 dans ANNIVERSAIRES

 

« LES CHIENS DE PAILLE » (1971)

DUSTIN HOFFMAN

Adapté d’un roman anglais, « LES CHIENS DE PAILLE » de Sam Peckinpah fut tourné en Cornouailles et traite, en dehors de tout folklore westernien, de la thématique obsessionnelle du réalisateur : l’homme confronté à la violence.

Mathématicien américain exilé en Grande-Bretagne dans la ville natale de sa femme Susan George, Dustin Hoffman a toujours esquivé la violence et les confrontations. Il a fui les U.S.A. pour échapper au Vietnam, mais c’est dans ce coin perdu qu’il va devoir mener une vraie guerre qui finira en carnage. Le scénario est d’une force peu commune, entièrement concentré sur ses thèmes, à savoir la lâcheté, la virilité, le regard des autres. La cristallisation de la violence va crescendo, grâce à une direction d’acteurs au cordeau, à un montage (le futur réalisateur Roger Spottiswoode) brillantissime et à l’atmosphère froide et brumeuse qui devient de plus en plus étouffante. La dernière partie – le siège de la maison par des brutes locales avinées et ivres de sang – est absolument stupéfiante, virant au cauchemar pur et simple. Hoffman a rarement été mieux employé que dans ce rôle complexe, un peu ridicule, parfois méprisable, qu’il endosse avec toutes ses contradictions. Son sourire final est plus qu’ambigu, laissant entendre qu’après avoir battu sa femme et tué de ses mains plusieurs voyous, il est ENFIN devenu un homme. Face à lui, Susan George est tout aussi parfaite en Lolita aguicheuse et soumise à la loi du plus fort. Elle subit une des scènes viol les plus dérangeantes de l’Histoire du 7ᵉ Art. Et on remarque des « gueules » comme Del Henney et Ken Hutchinson (qui fait penser à un jeune De Niro) en violeurs bestiaux et surtout Peter Vaughan en patriarche au physique d’ogre. À noter que, malgré un rôle central d’attardé inquiétant, David Warner n’est pas mentionné au générique. « LES CHIENS DE PAILLE » est un film tellement dense, tellement agressif, qu’il supporte aisément les re-visions et laisse toujours dans le même état de sidération quand s’achève la projection. Du pur Peckinpah au sommet de son art.

DEL HENNEY, SUSAN GEORGE ET PETER VAUGHAN
 

HAPPY BIRTHDAY, HENRY !

HENRY JONES (1912-1999), SECOND RÔLE À LA LONGUE FILMO CINÉMA ET TV, ALLANT D’HITCHCOCK À… CLAUDE CHABROL
 
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Publié par le 1 août 2021 dans ANNIVERSAIRES

 

« C.B. STRIKE » : saisons 1 à 3 (2017-2020)

Adaptée des romans de J.K. Rowling (signés sous pseudonyme), l’auteur de « HARRY POTTER », la série « C.B. STRIKE » propose des enquêtes de 2, 3 ou 4 épisodes de 57 minutes, avec comme héros un « privé » un peu particulier, puisqu’il a perdu une jambe à la guerre et se laisse sombrer, suite à une déception amoureuse.

Étrangement, la série dans son ensemble, laisse sur une impression très mitigée. On est séduit par le tandem de comédiens : Tom Burke, excellent dans le rôle-titre. Un pauvre type humain et vulnérable, mais aussi intuitif et entêté. Et Holliday Grainger, sa secrétaire rapidement promue enquêtrice, une personnalité joyeuse et solaire. Le duo est charismatique, photogénique, leur relation est aussi compliquée que touchante : il est seul et parle à sa jambe artificielle entre deux cuites, elle est fiancée à un type peu sympathique qu’elle finit par épouser. Tout ceci est bel et bon et incite à suivre les enquêtes de l’équipe. Seul gros problème : celles-ci ne sont guère intéressantes, loin de là ! Les meurtres sont banals, déjà vus et revus cent fois dans n’importe quelle série anglaise ou américaine, on se perd dans une profusion de noms, de fausses-pistes, de personnages secondaires pas toujours très passionnants. Chaque affaire s’étirant sur plusieurs épisodes, on a largement le temps de se lasser, de s’en désintéresser. C’est donc un cas rare de série policière où ce n’est pas le meurtre à élucider qui accroche, bien au contraire, mais les relations entre les protagonistes récurrents. D’où ce sentiment ambivalent sur ce « C.B. STRIKE » qui ne semble pas encore tout à fait sur les rails après ces trois ans d’existence, dont on espère, si elle connaît une suite, qu’elle saura trouver sa vitesse de croisière car – répétons-le – l’alchimie entre les deux têtes d’affiche crève l’écran et donne envie de les suivre.

HOLLIDAY GRAINGER ET TOM BURKE