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« SHUTTER ISLAND » (2010)

SHUTTER.jpgInspiré d’un roman de Dennis Lehane, « SHUTTER ISLAND » évoque très fortement la logique narrative du superbe « ANGEL HEART » d’Alan Parker, sans en avoir tout à fait la puissance sur la durée.

Car Martin Scorsese, selon sa bonne habitude, fait long. Trop long en l’occurrence. Si la première moitié fonctionne parfaitement et s’avère angoissante, déstabilisante, la seconde – dès qu’on commence à subodorer vraiment de quoi il retourne – devient laborieuse, voire redondante. Ainsi, le flash-back final donne-t-il envie de s’écrier : « Ça va, Marty ! On avait compris ». Malgré un abus flagrant d’écrans verts et de CGI dans les décors et les effets de lumière, « SHUTTER ISLAND » a ses bons moments, heureusement. Ainsi le face-à-face entre Leonardo Di Caprio et Patricia Clarkson dans la grotte ou la poursuite nocturne dans le pavillon des fous dangereux. De beaux morceaux de bravoure qui font d’autant plus regretter la complaisance du reste et la lourdeur d’un scénario qui enfonce plusieurs fois le clou, ne laissant aucune place à l’ambiguïté ou l’incertitude. Di Caprio, qui ressemble étonnamment à Orson Welles jeune, est bien en marshal s’enfonçant dans une enquête abyssale, mais il ne possède pas la fêlure du Mickey Rourke de « ANGEL HEART », par exemple. Les seconds rôles sont tous remarquables, à commencer par Mark Ruffalo, Ben Kingsley ou Max Von Sydow dans des rôles à facettes. Michelle Williams capte l’attention dans ses courtes mais spectaculaires apparitions. À noter la présence fugitive d’Elias Koteas qui arbore exactement le même sourire que Robert De Niro, ce qui est plus que troublant dans un film signé Scorsese.

Beaucoup trop long, trop explicatif et trop ostensiblement virtuose, « SHUTTER ISLAND » se visionne avec curiosité, mais laisse malgré tout une sensation de radotage pas très agréable. On avait pigé, Marty !

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MARK RUFFALO, LEONARDO DI CAPRIO, MICHELLE WILLIAMS ET ELIAS KOTEAS

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« THOR : RAGNAROK » (2017)

Troisième opus de la franchise, « THOR : RAGNAROK » du néozélandais Taika Waititi prend un virage en épingle à cheveux par rapport aux précédents en adoptant d’emblée un ton d’autodérision, en multipliant les « one liners » plus ou moins drôles et en affichant un mauvais goût visuel sidérant réminiscent des eighties.THOR3.jpg

À quoi cela ressemble-t-il ? Disons au « FLASH GORDON » de 1980 fusionné avec une attraction de fête foraine. Le sommet est atteint avec les séquences de jeux du cirque menées par un Jeff Goldblum hilare, en totale roue-libre, un personnage périphérique qui prend une place démesurée. On retrouve donc à peu près tout le monde pour ce n°3 plus que bordélique, où Thor doit non seulement empêcher la fin du monde programmée par sa propre sœur, qui n’est autre que la déesse de la mort (sic !) mais en plus perd ses cheveux (rasés par Stan Lee en personne) et même un œil au passage. Pourquoi ? On ne sait pas trop. Et que dire de ce pauvre Hulk, traité de façon ouvertement comique, en grosse brute imbécile et gaffeuse ? C’est tellement idiot qu’on se surprend à sourire parfois (impossible de résister quand Mark Ruffalo s’écrase comme une fiente sur le pont !). Mais le film, qui a tout du jeu vidéo hypertrophié, finit par assoupir le plus courageux. Et quand se déchaîne la fameuse « baston finale » règlementaire, ça n’en finit plus de finir. Tout espoir de scénarisation est abandonné pour une surenchère de CGI soûlante et abêtissante.

Natalie Portman a disparu (pas folle, la guêpe), les comparses habituels sont cavalièrement éliminés, Anthony Hopkins se retrouve à l’hospice (re-re-sic !) et Tom Hiddleston continue de trahir à tout-va. En super-méchante invincible, Cate Blanchett s’amuse bien, mais on a l’impression de l’avoir déjà vue plusieurs fois dans cet emploi. Seules heureuses surprises : l’apparition de Benedict Cumberbatch en Dr. Strange et surtout les caméos hilarants – et en clin d’œil à Shakespeare et « HAMLET » – de Matt Damon et Sam Neill, en acteurs de théâtre rejouant la geste héroïque de ‘Loki’ sur la place publique. Jolie mise en abyme. Quel dommage que l’humour n’ait pas toujours été de ce niveau !

 

DU GRAND CLASSIQUE CHEZ CRITERION…

CRITERION

À VENIR AUX ÉDITIONS CRITERION U.S.A. : 4 CLASSIQUES RESTAURÉS, HITCHOCK, CLOUZOT, WELLES ET VISCONTI. QUI DIT MIEUX ?

 
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Publié par le 20 novembre 2018 dans ACTU DE BDW2, SORTIES DVD ET BLU-RAY

 

« THOR – LE MONDE DES TÉNÈBRES » (2013)

« THOR – LE MONDE DES TÉNÈBRES » d’Alan Taylor est le second film de la franchise (bien que le personnage central apparaisse dans d’autres productions Marvel. Oui c’est un peu confus !) et il permet de retrouver, deux ans plus tard, le fils d’Odin et à peu près tous ses compagnons.THOR2

Cette fois-ci, le scénario s’apparente davantage à de l’heroic fantasy qu’à de la science-fiction pure et dure. En fait, on dirait un mélange de « GAME OF THRONES » et de « STAR WARS ». C’est à la fois simple et incompréhensible : un méchant Elfe noir (sic !) attend que tous les mondes s’alignent (re-sic !) pour retrouver « l’Éther », une substance dévastatrice, et ainsi annihiler l’univers tout entier, y compris bien sûr la planète de Thor. S’ensuit une succession de bagarres plus épiques les unes que les autres et la mort – parfois temporaire – de quelques protagonistes.

Ce n’est pas vraiment ennuyeux, guère passionnant non  plus, il faut bien le dire. Les CGI omniprésents sont réussis, mais finissent par fatiguer l’œil et à rendre tout cela uniforme et sans relief. On passe d’un système solaire à l’autre en un clin d’œil, on détruit des cités entières, on se balance des rayons d’énergie à la figure et… on s’en fiche un peu ! On peut noter que Chris Emsworth n’a pas teint ses sourcils en blond pour ce second opus ce qui lui donne un air moins sot, que Natalie Portman et Rene Russo font un peu moins tapisserie, qu’Anthony Hopkins semble bien fatigué, qu’Idris Elba a dû être très bien rémunéré pour accepter un rôle aussi inepte et que Stellan Skarsgård s’est sûrement bien amusé à jouer son savant à moitié fou, circulant en slip-kangourou. Tom Hiddleston parvient à apporter une certaine densité à son ‘Loki’ imprévisible et tête-à-claques, aussi increvable qu’un Michael Myers.

À voir d’un œil distrait donc, comme la grosse BD animée qu’il est, « THOR – LE MONDE DES TÉNÈBRES » se clôt – évidemment ! – sur une fin ouverte. À noter que le petit épilogue, à la fin du générique, permet de retrouver Benicio Del Toro.

 

HAPPY BIRTHDAY, CHARLES !

BATEMAN

CHARLES BATEMAN, ACTEUR DE TV DES ANNÉES 60, MÉMORABLE POUR SON DOUBLE RÔLE DANS LA SÉRIE « L’OUEST AUX DEUX VISAGES ».

 
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Publié par le 19 novembre 2018 dans ANNIVERSAIRES

 

« THOR » (2011)

« THOR » est adapté d’une BD de Stan Lee et réalisé (étonnamment) par Kenneth Branagh. Le scénario est une étrange mixture, amalgamant des scènes situées dans une dimension parallèle où vivent le dieu Odin (Anthony Hopkins) et son peuple et d’autres se passant sur terre. Au Nouveau-Mexique, pour être précis !THOR.jpg

Il faut un certain temps pour s’accoutumer à ce grand n’importe quoi cosmique, aux costumes d’opérette des dieux, aux décors en CGI. Mais une fois qu’on a pris le pli, tout cela n’est pas déplaisant. L’affrontement entre Odin et son fils (Thor) a des accents shakespeariens et le parcours initiatique subi par le second, et métamorphosant le « petit con » arrogant du début en futur roi, maintient l’intérêt. Bien sûr, Chris Emsworth n’est pas le plus grand acteur du monde, mais il est bel et bien taillé comme un dessin de Jack Kirby. Autour de lui, quelques pointures comme Idris Elba en super-sentinelle ombrageuse, Stellan Skarsgård en scientifique sceptique et de bons seconds rôles comme Rene Russo, Ray Stevenson dans un rôle à la Obélix ou Tom Hiddleston en méchant pernicieux. Petite réserve concernant Natalie Portman, qui n’a jamais été aussi minaudante et superficielle.

« THOR » n’a rien d’un chef-d’œuvre et, comme tous ses semblables (les films de super-héros), il finit en bouillie d’effets numériques, par des bagarres interminables, s’apparentant à du catch. Les dieux n’ont-ils vraiment rien de mieux à faire que de se foutre sur la gueule ? Quoi qu’il en soit, « THOR » mérite tout de même le coup d’œil et les géants de glace, esthétiquement très réussis, annoncent très nettement l’armée des morts de la série TV « GAME OF THRONES ».

 

JOHN BLUTHAL : R.I.P.

BLUTHAL

JOHN BLUTHAL (1929-2018), BON SECOND RÔLE ANGLAIS TRÈS PROLIFIQUE.

 
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Publié par le 18 novembre 2018 dans CARNET NOIR, CINÉMA ANGLAIS