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« UN FLIC À LA MATERNELLE » (1990)

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PAMELA REED ET ARNOLD SCHWARZENEGGER

Il n’y a pas plus simple que le pitch de « UN FLIC À LA MATERNELLE » d’Ivan Reitman : on prend le Terminator pratiquement tel quel, on lui donne un badge de flic et on le balance dans une classe de maternelle où il est censé retrouver un témoin-clé.KCOP2

Au résultat, c’est un drôle de mélange de « feel good movie » provincial et de polar pur et dur qui, grâce à un scénario qui tient (miraculeusement) la route et à un casting en béton, donne un film drôle, léger et agréable, non dépourvu de suspense. Bien sûr, tout pivote autour d’Arnold Schwarzenegger et de l’incongruité de sa présence dans un tel contexte. Teint en blond, avec son style de jeu toujours aussi pachydermique, il est amusant (surtout quand il n’essaie pas de l’être) en flic dur-à-cuire de L.A. qui se découvre une vocation de prof dans une petite ville de l’Oregon. Mais il est loin d’être le seul attrait de cette distribution. Pamela Reed lui vole pratiquement la vedette dans le rôle de sa coéquipière morfale qui n’a pas froid aux yeux. La scène où elle imite l’accent de son partenaire pour se faire passer pour sa sœur, vaut son pesant d’or. Penelope Ann Miller a un bien joli sourire, Carroll Baker est excellente en mamie impitoyable, Linda Hunt est la directrice d’école et Richard Tyson est un très acceptable psychopathe. Avec un œil affuté, on pourra reconnaître une toute jeune Angela Bassett dans une figuration en hôtesse de l’air.

Tout n’est pas léger-léger dans « UN FLIC À LA MATERNELLE », les scènes avec les enfants tirent en longueur, Arnold y abuse de ses sourires benêts et semble très mal à l’aise. L’histoire ne réserve aucune surprise, mais Reitman sait créer une ambiance festive malgré le point de départ dramatique et des moments très violents. On se prend souvent à sourire, voire à éclater de rire et à espérer que tout cela se finisse par un beau baiser de cinéma. Et de côté-là, on n’est pas déçu ! C’est certainement ce qu’a fait de mieux Schwarzie dans le domaine de la comédie. Un gentil petit film qui n’a pas trop souffert du passage des ans.

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PENELOPE ANN MILLER ET ARNOLD SCHWARZENEGGER

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HAPPY BIRTHDAY, RYAN !

ONEAL

RYAN O’NEAL, JEUNE PREMIER DES SIXTIES, IL TROUVE DE GROS SUCCÈS DANS LES ANNÉES 70 ET LE RÔLE DE SA VIE AVEC « BARRY LYNDON » DE KUBRICK.

 
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Publié par le 20 avril 2019 dans ANNIVERSAIRES

 

« FACE À FACE » (1976)

FAF

LIV ULLMANN

Avec « FACE À FACE », Ingmar Bergman se dépouille de toute velléité esthétique, de toute recherche symbolique, de toute complexité scénaristique, pour se concentrer uniquement sur son thème : la dépression nerveuse. Il prend son sujet à bras-le-corps, après un début trompeusement tranquille, où on sent toutefois couver le malaise.FAF2.jpg

Liv Ullmann est une psychiatre, qui revient habiter chez ses grands-parents qui l’ont élevée, le temps d’un job à la direction d’un hôpital. Mais ce retour en arrière, ajouté à un viol sordide, l’amènent à une tentative de suicide, puis à une désintégration violente de son état mental. Comme souvent chez l’auteur, on ne se rend pas vraiment compte à quel moment le film prend littéralement possession du spectateur et le transforme en voyeur involontaire mais incapable de détourner le regard. « FACE À FACE » est un film âpre, ingrat, honnête, qui va au fond des choses. La dernière partie cathartique, est un monologue de Liv Ullmann face-caméra qui raconte son enfance, ses traumatismes, son mal-être. L’actrice défaite, méconnaissable par moments, modifie sa voix, ses traits, sa gestuelle, passe de la petite fille martyrisée à la vieille femme inflexible. C’est une des plus hallucinantes performances d’actrice enregistrées sur pellicule, qui la hisse au niveau d’une Falconetti dans « LA PASSION DE JEANNE D’ARC » qui seule peut-être, avait atteint un tel degré d’intensité. À ses côtés, Erland Josephson en ami fidèle, tout aussi « « émotionnellement infirme » qu’elle, prêt à tout entendre et Gunnar Björnstrand, vétéran du cinéma bergmanien, en grand-père au seuil de la mort.

« FACE À FACE » n’est pas une œuvre facile, à aucun point-de-vue. On peut le rejeter en bloc tant il met mal à l’aise et oblige à regarder frontalement la condition humaine dans ce qu’elle a de plus désespérant. Mais ne serait-ce que pour constater jusqu’où peut aller une grande actrice quand elle défend un beau texte et qu’elle est dirigée, il faut absolument l’avoir vu.

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LIV ULLMANN ET ERLAND JOSEPHSON

À noter : le film fut décliné à la TV suédoise en quatre parties pour une durée de 176 minutes, autrement dit avec une heure environ de matériel en plus.

 

« POLTERGEIST » (2015)

Produit par Sam Raimi, réalisé par Gil Kenan, « POLTERGEIST » est le remake du classique de Tobe Hooper (et Steven Spielberg) sorti en 1982. Même si, au final, il fait davantage penser à une sorte d’avatar de « AMITYVILLE, LA MAISON DU DIABLE » à la sauce Stephen King. Avec quelques clowns pour faire bonne mesure ! Print

Le film commence plutôt bien, la famille – les parents et trois enfants – s’installant dans leur nouvelle maison, est crédible et tous les comédiens sont bons. Aucune mièvrerie dans leurs relations, un dialogue réaliste, des conflits concrets. On est optimiste. L’angoisse est menée en un habile crescendo, jusqu’au moment où les fantômes se déchaînent et là… rien ne va plus ! D’abord, les CGI sont très moches et l’image est bien trop éclairée, tuant tout mystère dans l’œuf. Ensuite – et c’est tout de même très gênant – on n’a jamais peur. Pas un instant. On a la sensation d’assister à un jeu vidéo auquel on n’a pas le droit de jouer. Et quand débarque Jared Harris, super médium « vu à la télé » pour sauver la fillette (Kennedi Clements, à l’incroyable visage), on sombre dans le grotesque le plus total. Dommage, car Sam Rockwell et la belle Rosemarie DeWitt forment un couple crédible, aux réactions logiques, le petit Kyle Catlett est excellent en gamin constamment stressé. Quelques images marquent pourtant la mémoire, comme lorsque ce dernier se retrouve en « arrêt sur image » en haut d’un escalier ou cette traversée de l’au-delà au milieu des morts.

Mais ce « POLTERGEIST » ne possède en rien l’atmosphère du film original et l’abus d’effets numériques est vraiment un fléau apparemment irréversible du cinéma fantastique, qui banalise et enlaidit n’importe quelle idée, qu’elle soit bonne ou pas.

 

KLUTE IS BACK… AND HE’S IN HD !

KLUTE BR

LE CHEF-D’OEUVRE SUFFOCANT D’ALAN J. PAKULA REÇOIT LE TRAITEMENT CRITERION POUR TRÈS BIENTÔT AUX U.S.A. ! BONNE NOUVELLE.

 
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Publié par le 17 avril 2019 dans ACTU DE BDW2, SORTIES DVD ET BLU-RAY

 

« UP & DOWN » (2014)

Adapté d’un roman de Nick Hornby, « UP & DOWN » est une comédie anglaise réalisée par le français Pascal Chaumeil, et partant d’un « high concept » : un 31 décembre, quatre personnes se retrouvent sur le même toit d’immeuble avec le même projet de suicide. Ils se mettent à discuter, s’accrochent les uns aux autres et se promettent de ne plus recommencer avant la Saint-Valentin.DOWN.jpg

Cela démarre plutôt bien, d’autant plus que le quatuor est savoureux : Pierce Brosnan joue avec verve une ex-star de talk-shows ruinée par une affaire de mœurs, Toni Collette est touchante en mère célibataire d’un garçon lourdement handicapé, Imogen Poots est drôle en fille incontrôlable d’un politicien et Aaron Paul est parfait en musicien dépressif s’inventant un cancer. On est prêt à les suivre jusqu’au bout de leur histoire, mais le problème est justement qu’il n’y a pratiquement PAS d’histoire ! Tout le milieu du film est dépourvu d’ossature, de progression dramatique, il s’enlise dans un voyage en Espagne et ne retrouve une vague ligne narrative que peu de temps avant la fin. Alors bien sûr, ce n’est pas désagréable, c’est parfois amusant, souvent même émouvant, mais il est difficile de rester concentré et de ne pas laisser son esprit vagabonder. Heureusement, de bons seconds rôles viennent au secours de cette narration flottante : Rosamund Pike (qui retrouve Brosnan douze ans après « MEURS UN AUTRE JOUR ») excellente en présentatrice de télé langue de vipère ou Sam Neill, sympathique en politicien blasé mais chaleureux.

Rien de détestable donc dans « UP & DOWN », mais nul motif d’enthousiasme non plus. C’est un joli petit film inconsistant et généreux, qui aurait mérité une écriture plus rigoureuse et des interactions plus fouillées entre les protagonistes. À voir tout de même d’un œil distrait pour un casting tout à fait attachant.

 

GEORGIA ENGEL : R.I.P.

ENGEL

GEORGIA ENGEL (1948-2019), ACTRICE DE SITCOMS POPULAIRE AUX U.S.A., APERÇUE DANS « UN HOMME EST MORT » (PHOTO) DE JACQUES DERAY.

 
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Publié par le 16 avril 2019 dans CARNET NOIR