RSS

« LE FAUCON MALTAIS » (1941)

FALCON2

HUMPHREY BOGART

Inspiré d’un roman de Dashiell Hammett, « LE FAUCON MALTAIS » est le premier film réalisé par le scénariste John Huston et celui qui fit passer un Humphrey Bogart de 42 ans du stade de second rôle à celui de star à part entière.FALCON.jpeg

La première moitié est un polar à peu près traditionnel : à San Francisco, une jeune femme (Mary Astor) engage un détective privé (Bogart) pour retrouver sa sœur. Mais rien n’est aussi simple et après deux morts violentes, ‘Sam Spade’ découvre qu’il a mis le pied dans un nid de vipères impliquant une bande d’aventuriers à la recherche d’une statuette de faucon noir d’une valeur inestimable. Ces bases établies, les protagonistes campés avec verve et cynisme, le film se fige dans sa seconde partie, composée essentiellement d’échanges de dialogues théâtraux (et brillants) dans deux ou trois intérieurs. La fascination qu’exerce encore « LE FAUCON MALTAIS » bien qu’il soit indéniablement trop bavard, confus et encombré de personnages essentiels dont on parle sans cesse sans jamais les voir, provient d’abord de la personnalité de Bogart. Enquêteur vif à la répartie caustique, au poing leste, au machisme goguenard, il crée un prototype d’antihéros inédit à l’époque. Sa relation avec Astor, menteuse pathologique et manipulatrice, est un pur régal d’ambiguïté. Autour du couple mythique, d’immenses seconds rôles : Sidney Greenstreet génial en « gros homme » patelin et gloussant obsédé par l’oiseau, Peter Lorre étonnant en crapule efféminée, Elisha Cook, Jr. en jeune porte-flingue dangereux ou Ward Bond en flic sympathique. À noter, le bref caméo de Walter Huston, importante vedette de l’époque et père de John, dans un rôle de capitaine de bateau blessé à mort.

« LE FAUCON MALTAIS » n’est pas exempt de défauts et une certaine monotonie s’installe parfois. C’est un jeu de dupes entre crapules amorales et dérisoires, pour un objet-prétexte cousu « dans l’étoffe dont sont faits les rêves » (pour citer la magnifique dernière réplique) qui leur échappe constamment. Mais le film mérite qu’on passe outre ces petites scories, pour jouir de son dialogue étincelant et pour voir naître sous nos yeux un grand réalisateur du cinéma U.S. et également le fameux mythe Bogart, aussi original qu’indémodable.

FALCON3

HUMPHREY BOGART, ELISHA COOK, JR., SIDNEY GREENSTREET, PETER LORRE ET MARY ASTOR

Publicités
 
Image

AUJOURD’HUI, ELLE AURAIT EU 80 ANS…

ROMY 80

 

« PERDIDA » (2018)

« PERDIDA » est une production Netflix venue d’Argentine, réalisée par Alejandro Montiel d’après un best-seller. C’est un suspense se déroulant sur deux périodes : la disparition d’une adolescente pendant un voyage scolaire et – quatorze ans plus tard – l’enquête de sa meilleure amie, devenue flic, pour la retrouver, morte ou vivante.PERDIDA.png

L’idée de base n’est pas mauvaise, on y décèle des influences de polars venus de Suède ou de Norvège, mais le traitement scénaristique laisse grandement à désirer : il faut vraiment être novice en matière de romans policiers et ne pas voir beaucoup de polars au cinéma, pour ne pas deviner très (trop) tôt le pot aux roses et identifier le traître de service. Il faut dire aussi que la réalisation est d’une platitude confinant parfois à l’amateurisme et que le film contient les séquences d’action les plus mal conçues et filmées vues depuis longtemps. Le mot « bâclage » vient souvent en tête !

Outre le désir naturel de connaître tous les tenants et aboutissants de l’histoire qui permet d’aller jusqu’au bout, « PERDIDA » bénéficie heureusement de la présence de deux bonnes comédiennes : Luisana Lopilato en ex-junkie devenue inspecteur de police et obsédée par le passé et surtout Amala Salamanca, excessivement étrange dans un rôle à facettes de prostituée émaciée. Le reste du casting, principalement masculin, n’est pas très brillant.

« PERDIDA » peut accrocher au début par ses décors de Patagonie, son ambiance inhabituelle et par ses personnages hantés et fantomatiques, mais le sujet méritait un traitement plus soigné et un réalisateur plus solide.

 

HAPPY BIRTHDAY, RICHARD !

MARQUAND

RICHARD MARQUAND (1937-1987), BON RÉALISATEUR GALLOIS À LA CARRIÈRE PLUS QUE PROMETTEUSE, DISPARU BEAUCOUP TROP TÔT.

 
3 Commentaires

Publié par le 22 septembre 2018 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ANGLAIS

 

« LE VILAIN AMÉRICAIN » (1963)

UGLY.jpgOn peut rejeter en bloc « LE VILAIN AMÉRICAIN » de George Englund en n’y voyant qu’un pensum didactique, une leçon de géopolitique soporifique et se demander ce qui a bien pu attirer Marlon Brando dans ce rôle d’ambassadeur naïf et imbu de lui-même, pas spécialement compétent et assez tête-à-claques. À part, probablement, le discours du film.

Mais on peut aussi, avec un peu de patience, apprécier le courage d’un scénario refusant le manichéisme anticommuniste et les amalgames et démontant avec une grande lisibilité les rouages d’un univers opaque où les révolutionnaires, les occidentaux bien-pensants ne sont que les pions aveugles et crédules de grandes puissances qui les manœuvrent à loisir. Le film est trop long, infiniment trop bavard, mais certains face-à-face entre Brando (qui arbore le patronyme ô, combien symbolique de « MacWhite » !)  et Eiji Okada (dont l’anglais est plus intelligible que le français dans « HIROSHIMA, MON AMOUR » trois ans plus tôt), amis puis ennemis, sont passionnants bien que théâtraux et la Thaïlande offre de beaux extérieurs.

Brando est inhabituel en politicien arrogant, sûr de lui et de ses certitudes. Son charisme physique atténué par une petite moustache ridicule, il compose un personnage complexe, impuissant, berné du début à la fin. Il se laisse voler la vedette par Okada, excellent en leader passionné et lucide, inconscient de n’être qu’une marionnette. Autour d’eux quelques bons comédiens comme Pat Hingle, Jocelyn Brando (sœur de…) ou Arthur Hill. Difficile de recommander chaudement un film comme « LE VILAIN AMÉRICAIN », souvent fastidieux et balourd, mais il mérite tout de même un coup d’œil pour ce qu’il a à dire sur l’ingérence U.S., la guerre froide ou le colonialisme en général. Et éventuellement pour Brando qui endosse crânement le caractère peu sympathique de cet ambassadeur inepte.

À noter qu’il serait certainement intéressant de voir « LE VILAIN AMÉRICAIN » en double-programme avec un autre film de Brando : « QUEIMADA » tourné six ans plus tard et qui présente plusieurs analogies avec celui d’Englund.

UGLY2

EIJI OKADA ET MARLON BRANDO

 

« QUATRE FRÈRES » (2005)

L’idée de départ de « QUATRE FRÈRES » de John Singleton (« BOYZ’N THE HOOD ») est plutôt attractive : les quatre fils adoptifs – deux noirs, deux blancs – d’une assistante sociale de Detroit, reviennent en ville pour l’enterrement de leur mère et pour mener leur propre enquête sur ses assassins. Et accessoirement, la venger. C’est simple, direct, plein de potentiel.4 BROS.jpg

Hélas, il faut s’accrocher un peu au début, car le ton adopté est bizarre, parfois incohérent, mêlant le mélodrame sirupeux (les apparitions fantomatiques de la vieille dame lors du premier dîner familial) et l’humour bas-du-front et « viril ». Mais à l’apparition du méchant, le très odieux Chiwetel Ejiofor, le mood devient plus sérieux, moins erratique et le scénario prend enfin son envol pour un suspense efficace. Les séquences de fusillades sont parfaitement réglées, on assiste à une poursuite en voiture, inédite sauf erreur, en pleine tempête de neige et les relations entre les protagonistes se complexifient. Bien sûr, tout cela reste superficiel et anecdotique, mais « QUATRE FRÈRES » bénéficie d’un solide casting : Mark Wahlberg très bien en voyou tête brûlée sans dieu ni maître, Tyrese Gibson parfait en frangin chaud-lapin et la toujours magnifique Fionnula Flanagan qui disparaît hélas, trop vite, mais hante le film de sa présence chaleureuse.

À voir donc, ce « QUATRE FRÈRES » inégal et dont l’humour n’est vraiment pas le point fort, pour une seconde moitié vigoureuse et débarrassée des scories de la première et pour son sujet même qui gomme naturellement toute trace de racisme. Sympathique.

 

HAPPY BIRTHDAY, PATRICIA !

COLLINGE

PATRICIA COLLINGE (1892-1974), ACTRICE IRLANDAISE PLEINE DE FANTAISIE, MÉMORABLE DANS « LA VIPÈRE » ET « L’OMBRE D’UN DOUTE ».

 
Poster un commentaire

Publié par le 20 septembre 2018 dans ANNIVERSAIRES