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« THE PUNISHER » (2004)

PUNISHER2« THE PUNISHER » est la seconde des trois tentatives d’adapter le vigilante créé par Marvel dans une collection de comics pour un long-métrage cinéma. Et probablement la moins convaincante. C’est la version de 124 minutes qui est chroniquée ici, celle de 140 minutes promettant d’être une épreuve insurmontable même pour le cinéphage le plus aventureux.

Flic infiltré du FBI, Thomas Jane voit toute sa famille massacrée par le mafioso John Travolta. Le scénario se résume ensuite à une enfilade de représailles plus ou moins sanglantes, sans la moindre unité de ton, introduisant un humour débile dans les séquences d’action (la bagarre avec le colosse russe) et faisant se côtoyer des fusillades sanglantes, voire « gore » et des personnages (Rebecca Romijn-Stamos et Ben Foster) qui semblent échappés de la sitcom « THE BIG BANG THEORY » en beaucoup moins drôle.

Dire que le film est inégal est une douce litote. Le scénario est totalement indigent, le casting oppose deux acteurs aussi insipides l’un que l’autre : Jane, sorte de clone inexpressif de Christophe Lambert incapable de laisser filtrer la moindre émotion et Travolta qui s’ennuie ostensiblement et n’offre même pas le minimum syndical. Quand un cabotin ne daigne même pas cabotiner, ce n’est jamais bon signe !

La photo du vétéran Conrad Hall donne une certaine tenue visuelle à la chose, même si on l’a connu plus inspiré, mais « THE PUNISHER » ne décolle jamais, n’éveille aucun intérêt, pas le moindre soupçon d’excitation chez l’amateur de thrillers. Et quand le scénario tente de décrire les plans « machiavéliques » de notre héros, c’est encore pire !

Dommage que des acteurs comme Roy Scheider en papa amateur de gros flingues ou Samantha Mathis en gentille épouse soient si rapidement éliminés, dommage aussi que Will Patton soit gaspillé en « consigliere » gay et sadique. Reste pour se consoler (un peu) la beauté marmoréenne de Laura Harring (« MULHOLLAND DR. ») en « mafia princess » implacable.

PUNISHER

THOMAS JANE, ROY SCHEIDER, JOHN TRAVOLTA ET LAURA HARRING

 

HAPPY BIRTHDAY, JERRY !

SCHATZBERG

JERRY SCHATZBERG, RÉALISATEUR QUI MARQUA LES ANNÉES 70 PAR SES FILMS TRÈS PERSONNELS, MAIS QUI N’A QUE PEU TOURNÉ ENSUITE.

 
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Publié par le 26 juin 2017 dans ANNIVERSAIRES

 

« HOPE AND GLORY : LA GUERRE À SEPT ANS » (1987)

HOPESitué dans la carrière de John Boorman entre « LA FORÊT D’ÉMERAUDE » et le très oublié « TOUT POUR RÉUSSIR », « HOPE AND GLORY : LA GUERRE À SEPT ANS » est une œuvre autobiographique sur les années de guerre du petit garçon qu’il fut pendant la WW2.

À l’instar du classique hollywoodien « MADAME MINIVER » (chroniqué sur WW2), ce film est une sorte de journal intime centré sur la population civile bombardée. Tout est vu à travers le regard du jeune Sebastian Rice-Edwards, alter-ego de l’auteur, enfant vif et observateur vivant dans un environnement féminin. Le ton est constamment enjoué et gentiment ironique, même dans les moments les plus dramatiques. Boorman ne s’apitoie jamais, ne cède pas au sentimentalisme et brosse une galerie de portraits pittoresques avec une affection sans complaisance. Sarah Miles tient un beau rôle de mère protectrice et pétrie de regrets, Ian Bannen est excellent en grand-père colérique, seule Sammi Davis paraît un peu gauche en ado précoce. On remarque la fugace apparition de Charley Boorman, fils de John, en pilote allemand abattu.

La tendresse émanant de « HOPE AND GLORY » n’empêche pas la mort de rôder au-dessus de toutes les scènes. Les plans de la ville à moitié rasée par les bombes sont vraiment impressionnants de réalisme et rappellent en permanence la fragilité de cette famille à la fois banale et excentrique.

HOPE2

SARAH MILES, DERRICK O’CONNOR, ANNIE LEON ET IAN BANNEN

Après presque deux heures de projection, tous les protagonistes ont pris de l’épaisseur, aucun n’est détestable, ni héroïque. Boorman a su mêler l’Histoire et l’anecdote avec brio. Quant à la dernière séquence, celle de la rentrée des classes, elle laisse sur une sensation d’euphorie et de liberté absolument extraordinaire que comprendront tous les vieux enfants qui ont haï l’école. Un très joli album de souvenirs, modeste et pétri d’humanité, un des plus simples et attachants de son auteur.

 

LES TEMPS DIFFICILES…

HARD BRExcellente nouvelle pour les bronsonophiles anglophones ! Les éditions britanniques « EUREKA ! » viennent de sortir dans leur collection « Masters of Cinema », « LE BAGARREUR », le premier et meilleur film de Walter Hill en double édition Blu-ray/DVD.

Outre une magnifique remastérisation 4K qui enterre définitivement le pâle transfert U.S. sorti chez Twilight Time il y a déjà quelque temps, le film est accompagné d’intéressants suppléments comme des interviews récentes de Walter Hill, du producteur Larry Gordon et du musicien Barry De Vorzon.

À noter que le petit livret glissé dans le boitier contient un long article détaillé de la grande et respectée critique Pauline Kael, paru en 1975 dans le « New Yorker », parlant avec un enthousiasme inattendu du film, mais aussi du travail et de la personnalité à l’écran de Charles Bronson qu’elle détaille avec pertinence. Ce qui prouve, qu’à un moment donné de son parcours, Charley n’a pas réellement été rejeté par l’intelligentsia, mais s’est coupé lui-même d’une belle carrière potentielle par ses mauvais choix.

Ainsi, de ressorties en rééditions, « LE BAGARREUR » considéré depuis longtemps par les aficionados comme un des deux ou trois meilleurs films de Bronson, est-il en train de consolider son statut de « cult-movie ».

Étrangement, le film récupère pour l’occasion son titre original américain, alors qu’il était sorti en Grande-Bretagne sous son titre de tournage : « THE STREETFIGHTER ».HARD BR2

 

HAPPY BIRTHDAY, REED !

HADLEY

REED HADLEY (1911-1974), SECOND RÔLE DES ANNÉES 50, CONNU AUX U.S.A. POUR SA SÉRIE TV « PUBLIC DEFENDER ».

 
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Publié par le 25 juin 2017 dans ANNIVERSAIRES

 

HELLO, TUCO !

Une photo en hommage à ce vieux grigou de Tuco, qui nous manque depuis exactement trois ans aujourd’hui.WALLACH 3 ANS

Muni d’une corde (il la portait généralement autour du cou !), dans une image extraite de « L’OR DE MACKENNA », Eli Wallach, son œil malicieux, son humour en autodérision et son sens inné du comique ont définitivement marqué le cinéma qu’on aime, des « DÉSAXÉS » au « PARRAIN III » en passant par « LES 7 MERCENAIRES », « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND » (le rôle de sa vie) et tant d’autres personnages inoubliables.

 

« MADEMOISELLE » (2016)

La première qualité de « MADEMOISELLE », c’est le dépaysement le plus total. À tous niveaux. Visuel déjà, au cœur de cette Corée japonisante, dans la narration ensuite découpée en trois chapitres distincts et dans les personnages enfin, dont on n’a jamais fini de découvrir la véritable personnalité.MLLE

Chan-wook Park a toujours œuvré dans un cinéma étrange et dérangeant et cet opus ne fait pas exception à la règle. Dans « MADEMOISELLE », on croise une jeune fille cloîtrée, un contrefacteur, une fausse servante, un bibliophile pervers, une énorme pieuvre rouge, une pendue. Le scénario à tiroirs n’en finit jamais d’étendre son pouvoir hypnotique, tout en se contredisant au fur et à mesure. La seconde partie du film reprend les événements de la première, mais filmés d’un autre point-de-vue. C’est à la fois fascinant et très confus, les plans machiavéliques se développent jusqu’à l’absurde. Mais on peut se raccrocher à une seule chose familière et concrète : l’amour. La relation extraordinaire qui lie deux femmes et qui donne lieu à de belles scènes saphiques certes, mais aussi à un face-à-face psychologique d’une belle densité.

Min-hee Kim est vraiment exceptionnelle dans le rôle de « Mademoiselle », victime soumise mais ambiguë. Les nuances de jeu entre les deux premières parties sont infinitésimales mais modifient le sens profond de chaque situation. Du grand art ! Face à elle, Tae-ri Kim ne démérite pas dans un rôle de voleuse professionnelle, corrompue depuis la naissance, qui retrouve progressivement une forme de pureté.

Si on ajoute la splendeur de la photo et des cadrages, le choix des extérieurs, le rythme quasi-onirique et une espèce d’humour tordu, « MADEMOISELLE » vaut largement le détour et démontre la versatilité de son auteur. Le seul point commun avec « OLD BOY » ? L’enfermement du personnage central. Et aussi la pieuvre !