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« HARRY BROWN » (2009)

brown2À l’époque de sa sortie, « HARRY BROWN » avait surpris tout le monde et bénéficié d’un important retentissement. Avec le recul, cela peut sembler étonnant, vu que ce n’est au fond qu’un film de « vigilante » des plus traditionnels, bâti exactement sur le même schéma que les « JUSTICIER DANS LA VILLE » d’antan.

Mais d’abord, il y a eu « l’effet Michael Caine ». Après des années de petits rôles et de caméos, l’acteur de 75 ans effectuait un comeback spectaculaire, que certains prirent même pour un ultime baroud d’honneur. Depuis, il a tourné… douze films ! Et puis, ce qui a élevé « HARRY BROWN » au-dessus du bourbier de la série B d’extrême droite, c’est une bonne dose de matière grise dans un genre qui ne s’encombre généralement pas de ce genre de détail, et une volonté du réalisateur Daniel Barber d’ancrer son film dans une réalité sociale totalement réaliste, pas tout à fait à la Ken Loach mais presque.

Impliqué, intense, émouvant, Caine trouve un des rôles de sa vie avec ce ‘Harry Brown’, ex-marine, récemment veuf, qui reprend les armes pour exterminer un gang de dealers qui terrorise sa cité HLM et vient de tuer son meilleur ami. Bien sûr, ce veuvage, ce meurtre déterminant, cela fait beaucoup de coïncidences d’un seul coup. Mais le scénario est suffisamment bien agencé pour qu’on accepte ces ficelles un peu grossières. Le film est parsemé de séquences extraordinaires, comme celle – inoubliable – où Harry va acheter des armes chez l’horrible Sean Harris (génial, comme toujours) et qui s’achève en carnage. Une tension inouïe ! La scène d’émeute à la fin est également magnifiquement maîtrisée et dramatiquement très puissante. Rapide, bien filmé sans aucun effet facile, « HARRY BROWN » fonctionne sur la même ambiguïté que ses aïeux made-in-U.S.A. et flatte les mêmes instincts. Mais il le fait sans prendre le spectateur pour un abruti et en évitant la manipulation bête et méchante.

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MICHAEL CAINE, PLAN B, EMILY MORTIMER ET SEAN HARRIS

Autour d’un Caine irréprochable, on aperçoit des futurs vétérans de « GAME OF THRONES » comme Iain Glen en commissaire borné, David Bradley en meilleur copain assassiné et Liam Cunnigham excellent en patron de bar plein de surprises. Seule Emily Mortimer n’est pas tout à fait au niveau, peu crédible en fliquette larmoyante dans un rôle sous-écrit.

Un très bon polar, bien enraciné dans une Angleterre en décomposition, qui recycle la vieille mythologie du justicier de western sur le vieux continent.

 

PASQUALE SQUITIERI : R.I.P.

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PASQUALE SQUITIERI (1938-2017), RÉALISATEUR ÉCLECTIQUE QUI SIGNA PLUSIEURS FILMS INTÉRESSANTS DANS LES ANNÉES 70. ÉPOUX DE CLAUDIA CARDINALE.

 
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Publié par le 19 février 2017 dans CARNET NOIR, CINÉMA ITALIEN

 

HAPPY BIRTHDAY, JOHN !

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JOHN FRANKENHEIMER (1930-2002), SA CARRIÈRE FUT INÉGALE, MAIS LA PREMIÈRE MOITIÉ EST FULGURANTE, PARSEMÉE DE GRANDS FILMS.

 
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Publié par le 19 février 2017 dans ANNIVERSAIRES

 

WARREN FROST : R.I.P.

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WARREN FROST (1925-2017), ACTEUR ET AUTEUR DE THÉÂTRE, ON S’EN SOUVIENT POUR SON RÔLE RÉCURRENT DANS LA SÉRIE « TWIN PEAKS ».

 
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Publié par le 18 février 2017 dans CARNET NOIR

 

« LUTHER » : saison 4 (2015)

Deux ans après sa 3ème saison, qui s’achevait sur une des fins les plus amorales et ambiguës de l’Histoire des séries TV (le héros flic s’en va avec la serial killeuse !), voici une 4ème saison de « LUTHER », que personne n’attendait et dont nul n’avait vraiment besoin.luther4

Enfin – saison ! Il s’agit plutôt d’un téléfilm de deux heures, scindé en deux épisodes de 50 minutes. Et dès le début, tout paraît tiré par les cheveux : qu’il s’agisse de l’exil de Luther au bord de la mer, de l’annonce de la mort de sa maîtresse, puis de cette enquête tellement banale sur un tueur en série cannibale et geek… On s’étonne de voir à quel point est laborieusement tricoté le scénario, pour faire finalement coïncider les trois affaires et à quelle vitesse sont résolues les énigmes à la fin, quitte à larguer complètement le spectateur.

Bien sûr, Idris Elba incarne toujours parfaitement ce personnage taillé à ses mesures. Mais tout est tellement désincarné et dépourvu d’émotion, qu’il remplit son contrat en bon professionnel, sans jamais s’impliquer. À peine retiendra-t-on ses face-à-face savoureux avec le caïd Patrick Malahide qui met un contrat sur sa tête. On retrouve par instants ce qui nous avait tant plu dans « LUTHER ». Pour le reste, on assiste passivement à cet épilogue mollasson, on apprécie de revoir la gentille Rose Leslie (« GAME OF THRONES ») en fliquette lesbienne (détail gratuitement plaqué sans aucune incidence sur son rôle ni sur le récit). Mais cela ne suffit évidemment pas à faire gober cette histoire sans queue ni tête, ces protagonistes au comportement illogique, voire absurde, et à pardonner aux auteurs d’avoir ainsi galvaudé une si remarquable série. Le mieux à faire est encore d’oublier et de se dire que « LUTHER » s’est bel et bien arrêtée en 2013, sur ce pont londonien.

 

HAPPY BIRTHDAY, CYBILL !

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CYBILL SHEPHERD, ACTRICE DES ANNÉES 70, CONNUE POUR « TAXI DRIVER », « LA DERNIÈRE SÉANCE » ET LA SÉRIE TV « CLAIR DE LUNE ».

 
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Publié par le 18 février 2017 dans ANNIVERSAIRES

 

« STRANGE TOWN » : Claude Akins dans « L’homme à la carabine »

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CHUCK CONNORS ET CLAUDE AKINS

« STRANGE TOWN » est un épisode de la 3ème saison de la série « L’HOMME À LA CARABINE », réalisé par l’efficace Joseph H. Lewis.

Blessé par un prisonnier (Claude Akins) qu’il escortait, le vieux shérif Paul Fix se fait remplacer par notre héros Chuck Connors qui se lance à sa poursuite. Il arrive dans une petite ville peuplée de Polonais (ou quelque chose dans le même genre) qui roulent des « r », portent des casquettes et des bonnets en laine à pompons au lieu d’esthétiques stetsons, comme tout le monde. Le frère d’Akins, Peter Whitney est le maître absolu de la ville et refuse de donner le saligaud, qui lui cause pourtant bien des ennuis à tirer sans arrêt dans le dos des gens. Ça ne va pas être simple, pour le ‘rifleman’ qui n’a pas l’air de porter les étrangers en haute estime ! Il a peut-être quelque chose contre les casquettes et les bonnets… Ou les pompons ?

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PETER WHITNEY, CLAUDE AKINS, WILLIAM SHALLERT ET CHUCK CONNORS

Un bon épisode, porté par un Chuck ultra-nerveux et tendu. Il faut dire qu’il a de quoi : la meilleure scène de l’épisode le voit ligoté à une chaise, impuissant, pendant que l’infâme Akins le provoque en lui balançant des baffes. Dans un emploi qu’il a tenu bien des fois, celui-ci est très bien et joue à merveille de son accent rocailleux qui lui donne une voix à la Anthony Quinn.

À noter qu’à la fin, on retrouve le shérif, heureusement sur pied, avec une ecchymose à la mâchoire et un bras bandé, alors qu’il a essentiellement pris des coups sur la tête avec une pierre. Mystères de la médecine du Far-West…