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Archives Mensuelles: août 2013

LE MEILLEUR 007 !

NELSON 007

ALLEZ, ON TRANCHE ! LE MEILLEUR JAMES BOND, C’EST LE PREMIER : BARRY NELSON DANS « CASINO ROYALE » (1954), UN ÉPISODE DE LA SÉRIE « CLIMAX ! »

 
 

COBURN : PREMIÈRE IMPRESSION

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ASSIS PAR-TERRE, CHAPEAU SUR LES YEUX, PROVOQUÉ PAR UN COWBOY INCONSCIENT : LA PREMIÈRE IMAGE QUI VIENT EN TÊTE EN PENSANT À JAMES COBURN… DANS « LES 7 MERCENAIRES », BIEN SÛR…

 

« CASINO ROYALE » (2006)

Il est recommandé de revoir « CASINO ROYALE », maintenant que tout le monde s’est habitué à ce que 007 ait la tête et les abdoms de Daniel Craig. Le choc du changement avait été si fort en 2006, qu’on s’était focalisé sur le physique de l’acteur et sur le « reboot » radical opéré sur la ‘franchise’.CASINO R

Si on accepte le fait qu’on se fiche totalement de ce qui tient lieu de scénario et que les enjeux – à condition qu’on les comprenne – laissent à peu près indifférent, c’est un excellent film d’action. C’est luxueusement produit, joliment photographié, le rythme est soutenu malgré une durée excessive et la surenchère permanente empêche de se poser trop de questions sur ce qu’on est en train de voir. Ça court, ça hurle, ça explose, ça torture, mais on évite les gadgets, les clichés ancrés dans tous les films de la série depuis les sixties. Cela n’empêche pas les clins d’œil : ainsi ce n’est plus Ursula Andress qui sort de l’eau en bikini, mais… Bond lui-même qui endosse crânement le rôle de sex-symbol.

Quelques morceaux de bravoure sont époustouflants (la poursuite sur les grues du début, les adieux sous-marins à Venise, la partie de poker à rebondissements) et la « James Bond Girl » suit l’exemple de Diana Rigg dans « AU SERVICE SECRET DE SA MAJESTÉ » en étant intelligente, mystérieuse et en faisant fondre le cœur froid de Bond. Comme c’est la très craquante Eva Green qui l’incarne, on ne peut qu’être en totale empathie avec notre héros !

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MADS MIKKELSEN, UN MÉCHANT HAUT-DE-GAMME

Entouré de bons acteurs internationaux comme Mads Mikkelsen ou Giancarlo Giannini, Craig assume avec aplomb sa différence avec ses prédécesseurs. Oubliés la virilité ironique de Connery, l’œil qui frise de Moore, le sérieux ennuyeux de Dalton ou l’élégance de Brosnan. Le nouveau « Double-O-Seven » ressemble à un mercenaire russe, il a un ego bien développé, un goût certain pour la mort violente et s’il ne dégage aucune humanité, aucune espèce de sympathie, il s’avère être un ‘action hero’ de première classe. Un bon choix, au bout du compte…

 

HAPPY BIRTHDAY, JAMES !

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JAMES COBURN (1928-2002) : IRREMPLAÇABLE

 

« IMAGES » (1972)

Tourné en Irlande, baigné dans un clair-obscur permanent créé par le grand Vilmos Szigmond, enveloppé d’une voix « off » récitant les chapitres d’un étrange livre pour enfants, « IMAGES » est une œuvre particulière sur la schizophrénie, qui n’est pas sans évoquer le « RÉPULSION » de Polanski, dans sa façon insidieuse de nous plonger dans la folie de son personnage principal.IMAGES2

Susannah York accomplit un véritable tour de force dans ce rôle compliqué, navigant entre réalité, fantasmes, souvenirs, discutant avec les spectres de son passé et parfois avec elle-même. Le générique nous apprend que c’est la comédienne qui a signé le texte qu’elle dit tout au long du film. Altman s’amuse d’ailleurs à immiscer le réel dans la fiction : chaque acteur porte le prénom d’un de ses partenaires, ce qui brouille encore plus les frontières entre rêve et réel.

Malgré un emploi exaspérant du zoom, qui tient souvent lieu de mise en scène, « IMAGES » ne laisse pas indifférent. La bande-son dissonante et agressive joue sur les nerfs, les éclairs de violence sont de plus en plus déconcertants puisqu’on ne sait jamais si les événements sont réellement arrivés ou si l’héroïne les a simplement imaginés. Jusqu’à l’épilogue inévitable et tragique, qui justifie tout ce qu’on vient de voir.

Le scénario laisse des portes ouvertes, ne répond pas à toutes les questions (la petite fille est-elle York elle-même dans son enfance ? « Marcel » est-il son père incestueux ?) et on capitule en se laissant envahir par le trouble.

Autour de Miss York vraiment formidable, intense et parfois dérangeante, de bons acteurs plus effacés, parmi lesquels on a la surprise de retrouver un Marcel Bozzuffi souriant et charmeur en amant défunt, nullement pressé de disparaître dans les limbes.

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SUSANNAH YORK ET MARCEL BOZZUFFI

Comme la plupart des films de Robert Altman, « IMAGES » a quelque chose d’expérimental et d’inachevé. C’est aussi ce qui fait son charme entêtant.

 

« SOLEIL ROUGE » (1971)

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CHARLES BRONSON, URSULA ANDRESS ET TOSHIRÔ MIFUNE À ALMERIA

Un hommage au 10ème anniversaire de la mort de Charles Bronson aurait été incomplet sans la chronique d’un de ses longs-métrages.

« SOLEIL ROUGE » fait partie de ses films les plus réédités, diffusés, réévalués depuis plusieurs décennies et il provoque, à le revoir aujourd’hui, le même mélange d’intense jubilation et d’indicible déception. Jubilation de voir un tel scénario joué par un tel casting, déception de n’avoir que Terence Young à la mise en scène, là où il aurait fallu un Richard Brooks.

REDSUN2Cette coproduction franco-italienne pâtit d’un tournage à Almeria dont les décors désertiques sont d’une monotonie absolue. Dommage quand 80% du film se passent dehors ! Elle souffre aussi d’une réalisation un peu flottante, de séquences d’action inégales et d’un manque d’authenticité aveuglant dans les seconds rôles.

Mais allez savoir pourquoi : envers et contre tout, en dépit de tout cela, on aime « SOLEIL ROUGE ». Une curieuse osmose se produit entre les individus au-delà de l’incongruité du sujet (un samouraï en visite au Far-West, associé à un hors-la-loi à la poursuite d’un voleur). Parce que Toshirô Mifune et Charles Bronson jouèrent un des « 7 SAMOURAÏS » et un des « 7 MERCENAIRES » ? Parce que Bronson et Delon formèrent déjà un duo mythique dans « ADIEU L’AMI » ? Parce qu’Ursula Andress retrouve l’homme qui la révéla dans « DR. NO » ? Toujours est-il qu’il règne dans ce western une ambiance décontractée, souriante et confortable, qui permet les revisions fréquentes.

Si certaines séquences sont bâclées, on s’étonne de l’attention portée à des détails qui restent en mémoire (le moustique coupé au sabre, ou plus subtil : le geste spontané de Bronson qui ôte un brin de paille du visage de Mifune blessé, par exemple) et qui font naître la drôlerie ou l’émotion au sein d’une ambiance globalement sérieuse.

Si Delon se sort bien d’un rôle assez effacé de ‘bad guy’ sadique et poseur, si Andress est amusante en putain mal embouchée, le cœur du film est la relation entre Mifune et Bronson, qu’on voit évoluer sur plusieurs jours et passer par tous les états. C’est un vrai « buddy movie » où on voit l’incompréhension et l’hostilité se muer peu à peu en estime, puis en affection, par la grâce de deux superbes acteurs au visage minéral et au jeu physique. Devant le stoïcisme et le port altier du Japonais, Bronson adopte un jeu plus détendu que d’habitude. Voleur amoral mais réglo, pragmatique mais capable de compassion, Bronson est le pendant américain du guerrier féodal déclassé et dépassé par son temps joué par Mifune. Leur face-à-face près de la rivière est excellemment dialogué et résume à lui seul toute la thématique du film.

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TOSHIRÔ MIFUNE, CHARLES BRONSON ET ALAIN DELON

« SOLEIL ROUGE » est donc définitivement une hydre à deux têtes : à la fois cult-movie auquel on s’attache de façon irrationnelle et avatar boursouflé du ‘spaghetti western’, dont on retrouve les figurants, les décors et une certaine approximation technique.

‘Link Stuart’ est un des personnages les plus mémorables qu’ait incarné Charles Bronson, proche de son archétype par plusieurs aspects mais aussi très éloigné par l’humour et le laisser-aller avec lesquels l’acteur s’est moqué de sa propre image et a laissé le rôle du « strong silent type » à son prestigieux partenaire nippon. En bref et pour conclure : malgré ses failles et ses défauts, un film extrêmement attachant et moins primaire qu’il n’en a l’air.

 

IL Y A DIX ANS DISPARAISSAIT CHARLES BRONSON…

CB 10 ANS2Il y a dix ans disparaissait Charles Bronson et avec lui une certaine idée du mâle américain façonné par la misère, la guerre et les années de galère. Apparu sur les écrans de cinéma et de TV à peu près en même temps que d’autres vétérans comme Neville Brand, Lee Marvin, Ernest Borgnine, Jack Palance ou Lee Van Cleef, Bronson n’a connu le succès qu’à l’approche de la cinquantaine et même si celui-ci fut fulgurant, l’acteur le gaspilla en quelques années par de mauvais choix de carrière.

Et pourtant… Une décennie après sa mort, sa popularité demeure intacte et peut-être même régénérée. Ses derniers films, des ‘sequels’ à « DEATH WISH » et des séries B sans raison d’être, avaient terni son image et fait de lui sa propre caricature. Mais avec le recul du temps, ces miasmes se sont évaporés et l’Histoire se souvient plutôt du nombre fort respectable de grands films ou de ‘cult-movies’ auxquels il participa.

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QUELQUES COMPOSANTES DU MYTHE CHARLES BRONSON AU CINÉMA

Fut-il un « grand comédien » ? Pas au sens où l’étaient Laurence Olivier ou Spencer Tracy par exemple. Fut-il une icône américaine ? Pas à la manière d’un John Wayne, d’un Gary Cooper ou même d’un Bogart. Il n’était pas non plus un sex-symbol. Pas traditionnel tout du moins. Mais après des années obscures à tourner tout et n’importe quoi, Bronson a fini par tomber au bon endroit au bon moment. À la fin des années 60, alors que le cinéma changeait, que l’image du héros se modifiait drastiquement et que les mentalités évoluaient (enfin), il s’ouvrit subitement un créneau pour un ancien mineur de fond musculeux de 45 ans, au faciès raviné, un personnage renfermé et taiseux, un solitaire qui réglait ses comptes lui-même, un homme sans attaches, qui ne cherchait même pas à susciter la sympathie.

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CHANEY, UN DE SES MEILLEURS RÔLES, ÉCRIT SPÉCIALEMENT POUR LUI DANS « LE BAGARREUR » PREMIER FILM DE WALTER HILL

Devenu une star populaire via l’Europe, Bronson a dupliqué ce succès aux U.S.A. grâce à « UN JUSTICIER DANS LA VILLE » qui fut à la fois un petit miracle et un poison pour sa postérité dans le 7ème Art. S’accrochant jusqu’à un âge avancé à cette image de « vigilante », l’acteur opta pour les dollars plutôt que pour l’épanouissement artistique, adoptant une attitude volontiers cynique et provocante dans les médias.

Qu’il symbolise et synthétise à lui seul ou presque les seventies, c’est une chose certaine. Mais que sa popularité ait perduré jusqu’à aujourd’hui est un mystère. Une étrange alchimie avec le public, un charisme qui a traversé les époques, les déceptions et les navets, pour qu’en 2013, son nom soit toujours aussi attractif, que ses vieux films ne cessent de ressortir en DVD ou en Blu-ray et que des images soient entrées dans la légende : Bernardo en train de fendre des bûches dans « LES 7 MERCENAIRES », Danny enseveli sous terre dans « LA GRANDE ÉVASION », Wladislaw et son visage taillé dans la pierre dans « 12 SALOPARDS », ses yeux de puma dissimulés par le rebord de son chapeau pendant qu’il relève lentement la tête dans « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », son physique statuesque dans « LES COLLINES DE LA TERREUR » ou « LE BAGARREUR »… Les instantanés sont innombrables et chacun a les siens propres.

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L’HOMME À L’HARMONICA, L’IMAGE QUI RESTERA…

Sa fin de carrière fut – nous l’avons dit – assez désolante. Il retourna même sur les plateaux de TV pour des films sans prestige. Mais alors que la maladie l’a emporté à l’âge de 81 ans, Charles Bronson est toujours là. Et pas seulement sur « BDW2 » ! Des sites internet lui sont consacrés, des pages Facebook, seule manque à l’appel la biographie « définitive » qu’il mérite. Celle de Lee Marvin est sortie récemment. Tout espoir n’est donc pas perdu de la voir apparaître un jour.

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UNE AUTRE COMPOSANTE DU MYTHE…

Cela fait donc dix ans aujourd’hui que ‘Charley’ Buchinsky s’en est allé pour les Hautes Plaines. Adieu, l’ami…