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« LE MARQUIS S’AMUSE » (1981)

23 Août

« LE MARQUIS S’AMUSE » ne fait pas partie des œuvres les plus célébrées de Mario Monicelli, mais c’est un film qui mérite d’être redécouvert et apprécié pour ses grandes qualités, même s’il faut un peu s’accrocher au début, dérouté qu’on est par la sensation d’improvisation déstructurée et par la mise en scène au zoom pas toujours élégante.MARQUIS1

Le scénario se déroule dans une période extrêmement spécifique de l’Histoire de Rome (l’invasion napoléonienne de 1809 et la destitution du pape), mais se focalise sur un marquis à la personnalité flamboyante : un jouisseur intelligent et tolérant, qui ne peut s’empêcher de faire des farces de mauvais goût à tout le monde, des plus riches aux plus miséreux. Quand il commet une affreuse injustice, c’est pour mieux prouver que le Système est corrompu jusqu’à l’os, par exemple. Le film enchaîne donc ses blagues élaborées et s’attarde particulièrement sur celle où il place un charbonnier ivrogne qui est son sosie, à sa place dans la demeure familiale. Et cela ira très très loin !

Le film tient à 90% sur les épaules d’Alberto Sordi, très surprenant car à mille lieux de son emploi de couard débrouillard. Il fait preuve d’un charisme, d’une autorité qu’on lui a rarement vus et ne s’appuie jamais sur ses vieux tics pour composer le personnage du marquis. Son numéro de soûlard, beaucoup plus cabotin évidemment, est lui aussi inédit dans son répertoire. Mais quel plaisir de le voir, mûri et marqué, en pleine possession de son art.

Autour de lui, ses partenaires ramassent les miettes, mais Paolo Stoppa est excellent en pape patient et stoïque et on reconnaît Marc Porel en officier français sympathique.

MARQUIS2-

ALBERTO SORDI, ISABELLE LINNARTZ ET PAOLO STOPPA

Quelques grandes scènes (l’exécution du prêtre-brigand, la représentation théâtrale avec de « vraies femmes » jouant les rôles féminins, le réveil du charbonnier dans les draps de soie) aident à faire avaler les 140 minutes de projection, mais s’il faut absolument voir ce « MARQUIS S’AMUSE », ce sera pour « Albertone » le magnifique.

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Une réponse à “« LE MARQUIS S’AMUSE » (1981)

  1. Marc Provencher

    26 août 2013 at 5 h 28 min

    Mais oui, c’est un film très divertissant. À l’époque, on trouvait ça sympa mais mineur à cause de l’impact récent de puissants crus comme Les Nouveaux monstres ou Un Bourgeois tout petit petit. Mais en fait, malgré le scénario guère ramassé, c’est une comédie passablement ambitieuse à sa manière, à cause de tout le contexte historique. Monicelli joue ici en plein dans le territoire habituel des comédies de Luigi Magni (qui lui aussi a fait tourner Sordi, notamment dans son meilleur, ‘Les Conspirateurs’.) Et puis tu noteras que le pape de Monicelli n’est pas trop « anticléricalisé » contrairement à ce qu’on pouvait craindre, même si ce n’est certes pas un pape de film catho !

     

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