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« PUDEURS À L’ITALIENNE » (1976)

04 Déc

PUDOREParce qu’on aime Alberto Sordi, on dira simplement que « PUDEURS À L’ITALIENNE » ne fait pas partie des meilleures choses qu’il ait faites pendant sa longue carrière. Sorte de film à sketches divisé en quatre parties égales, reliées entre elle par un vague fil rouge, cette comédie satirique s’attaque au sexe qui envahissait l’Italie des seventies, avec ses revues porno, ses films érotiques et ses mœurs dissolues.

C’est long, TRÈS long, lourd, TRÈS lourd, clairement « réac », jamais drôle. À peine pourra-t-on sauver le premier sketch avec Sordi lui-même, qui accompagné de sa grosse épouse, tente d’aller voir un film « normal » au cinéma, mais ne tombe que sur des abominations dénudées, culminant avec une séquence zoophile. Ce n’est pas extraordinaire, mais au moins Sordi est-il comme d’habitude énergique et expressif.

L’épisode avec Florinda Bolkan éditrice d’un magazine porno est absolument sinistre, pourri qui plus est par une esthétique d’époque tout à fait hideuse.

Celui avec Claudia Cardinale en femme naïve d’un censeur, fustige l’hypocrisie bourgeoise face à la déferlante sexuelle : c’est pataud, prévisible, atrocement mal interprété. Le pire est encore le dernier sketch avec Philippe Noiret jouant un producteur de cinéma tournant une version ‘hard’ de « LADY CHATTERLEY » et confronté à une star qui refuse une scène de sodomie tant qu’on ne l’a pas convaincue que c’était « artistique ». Là encore, que d’humour pied-de-plomb, que de satire primaire et bébête…

PUDORE2

ALBERTO SORDI, ROSSANA DI LORENZO, CLAUDIA CARDINALE, DAGMAR LASSANDER ET PHILIPPE NOIRET

Disons que « PUDEURS À L’ITALIENNE » est un film consternant, qu’il vaut mieux ne pas voir quand on aime « Albertone » ou alors arrêter net à la fin de la première demi-heure. Le reste n’est qu’un (long) naufrage.

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6 réponses à “« PUDEURS À L’ITALIENNE » (1976)

  1. Marc Provencher

    4 décembre 2013 at 19 h 58 min

    Intrépide Fred ! Te voilà lancé dans les films RÉALISÉS par Alberto Sordi. Sfortunato, poverino !

    Il est vrai que ‘POUSSIÈRES D’ÉTOILES’ est une bonne voire mémorable comédie à l’italienne et que ‘FUMO DI LONDRA’ (1966) est, paraît-il, un bon film. Mais tu ne dois pas te faire d’illusions: le passage de Sordi derrière la caméra fut en général mauvais pour le genre, gâchant des sujets qui auraient pu donner des bons films s’ils étaient tombés entre les mains d’un Monicelli ou d’un Risi, ou même d’un Loy ou d’un Magni. C’est en particulier le cas pour ‘TANT QU’IL Y A DE LA GUERRE, IL Y A DE L’ESPOIR’ (1974), une de mes plus vives déceptions ; Sordi y est bon – un rôle d’odieux marchand armes international ! – mais le film, pas du tout, alors qu’il aurait pu ; c’est le cas aussi pour ‘JE SAIS QUE TU SAIS' » et, d’après tout ce que j’ai cru comprendre, pour les autres.

    Des quatre de la « bande des quatre », c’est Manfredi qui a réalisé le plus marquant : ‘MIRACLE À L’ITALIENNE’ (1971) est un joyau de comédie satirique, par contre pas du tout ‘NU DE FEMME’ (1982) marqué par une effroyable querelle Manfredi-Lattuada. (Ça a brisé la carrière du vétéran Lattuada, rien de moins). Gassman a pondu une curiosité qui existe en VF : ‘SANS FAMILLE, SANS LE SOU, EN QUÊTE D’AFFECTION’ (1971) est franchement sympa et parfois joyeusement déjanté, en tout cas ça se regarde malgré la covedette Paolo Villaggio (qui deviendra bon seulement en vieillissant, par exemple dans un excellent cru Monicelli de 1994). Je n’ai jamais vu ‘LE SOUTENEUR’ de Tognazzi, mais j’y songe, vu que c’est du 1962 !

    Cela dit, bon courage !

     
  2. walkfredjay

    4 décembre 2013 at 20 h 23 min

    Longue est la route du fidèle d’Albertone… Et semée d’embûches.

     
  3. Marc Provencher

    4 décembre 2013 at 20 h 57 min

    En tout cas, pour te remettre de tes courageux démêlés avec ce ‘Sens commun de la pudeur’, je te conseille chaudement le classique ‘IL MEDICO DELLA MUTUA’. Celle-là, c’est d’la bonne !

     
  4. walkfredjay

    4 décembre 2013 at 21 h 00 min

    Il attend sur la pile ! Et sa suite aussi…

     
    • Marc Provencher

      2 décembre 2014 at 18 h 51 min

      «Il attend sur la pile ! Et sa suite aussi…»

      Déclaration sous serment qui remonte déjà à décembre 2013… Pression, pression…

       
      • walkfredjay

        2 décembre 2014 at 18 h 54 min

        Déjà !!! Il faut que je vérifie leur position dans la pile. Mais j’ai peur de bouger le moindre DVD : si tout s’écroule pendant l’opération, on ne retrouvera jamais mon corps écrabouillé…

         

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