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Archives Mensuelles: février 2014

FRANCIS, LA MULE QUI PARLE !

FRANCIS

BIG NEWS POUR LE COMPLÉTISTE EASTWOODIEN : LES 7 FILMS DE LA FRANCHISE « FRANCIS LA MULE QUI PARLE » SORTENT BIENTÔT AUX U.S.A. EN DVD. RAPPELONS QUE LE JEUNE CLINT DÉBUTA DANS L’UN D’EUX… À VOS RISQUES ET PÉRILS !

 

« DOWN TO THE BONE » (2004)

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VERA FARMIGA

Bien sûr, Vera Farmiga est une superbe comédienne capable de véritables performances dans une multitude d’emplois. Bien sûr, on est toujours intéressé de voir un cinéma américain indépendant qui parvient à exister face aux blockbusters de superhéros. Mais regarder « DOWN TO THE BONE » jusqu’au bout sans fléchir s’avère être une véritable épreuve d’endurance.

DOWNFilmé à l’arrache dans un style semi-documentaire, avec une image « sale » au rendu vidéo, le film décrit le quotidien d’une mère de famille junkie depuis l’adolescence qui tente (mollement) de décrocher avant de replonger de plus belle dans la cocaïne après avoir rencontré un infirmier tout aussi accro qu’elle. On regarde donc passivement Vera Farmiga, débarrassée de tout glamour hollywoodien, traîner son mal-être et sa figure blafarde dans des décors de supermarchés, des rues enneigées et sinistres, des intérieurs à se tirer une balle dans la tête. C’est certainement très réaliste, probablement d’une exactitude sans faille, mais au bout d’un moment, on se demande pourquoi on s’inflige un spectacle aussi irrémédiablement déprimant.

La seule réponse est donc Miss Farmiga, remarquable d’authenticité et de profondeur, qui défend bec et ongles un rôle impossible que, malgré tous ses efforts, on a du mal à trouver attachant ou émouvant. En refusant toute facilité mélodramatique, tout jugement sur ses protagonistes et toute ficelle scénaristique traditionnelle, les auteurs ont signé un film austère, sans concession, honnête, mais… excessivement pénible.

 
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Publié par le 28 février 2014 dans DRAMES PSYCHOLOGIQUES

 

HAPPY BIRTHDAY, BERNADETTE !

BPETERS

BERNADETTE PETERS, ACTRICE, CHANTEUSE, DANSEUSE, À LA PERSONNALITÉ UNIQUE. TRÈS SOUS-UTILISÉE PAR LE CINÉMA…

 
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Publié par le 28 février 2014 dans ANNIVERSAIRES

 

SPANISH CHARLEY !

Pour le plaisir, « BDW2 » vous offre aujourd’hui le visuel de quelques films de Charley Bronson illustrant les DVD espagnols.

CB SPAINSi les images en elles-mêmes ne sont pas particulièrement remarquables, ni trop belles, ni trop moches, bien moins trafiquées que les italiennes, par exemple, ce sont les titres qui peuvent surprendre. Si « ADIEU L’AMI » et « SOLEIL ROUGE » sont littéralement traduits, « LE FLINGUEUR » devient « FROIDEMENT… SANS MOTIFS PERSONNELS » ! « CHASSE À MORT » se transforme en « CHASSE SAUVAGE », « LE CERCLE NOIR » s’intitule « AMÉRIQUE VIOLENTE » (ce qui est finalement plus adéquat que les titres anglais et français), et le plus beau pour la fin : « DE LA PART DES COPAINS » devient… « LES COMPAGNONS DU DIABLE » !

Adios, compañeros !

 

HAPPY BIRTHDAY, JOAN !

BENNETT

JOAN BENNETT (1910-1990), BELLE ET SPIRITUELLE ÉGÉRIE DE FRITZ LANG POUR QUI ELLE FUT L’ICONIQUE « FEMME AU PORTRAIT », ENTRE AUTRES…

 
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Publié par le 27 février 2014 dans ANNIVERSAIRES

 

« LES SORCIÈRES » (1967)

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LA MANGANO CHEZ VISCONTI…

Conçu à l’origine pour offrir à Silvana Mangano des rôles à la mesure de son talent, « LES SORCIÈRES » est surtout connu aujourd’hui pour être un des films les moins commentés de la carrière de Clint Eastwood qui apparaît dans le dernier sketch.

Car oui, c’est un film à sketches. Et on sait ce que ça signifie, à quelques rares exceptions près. Malgré son générique à faire rêver, la somme vertigineuse de talents réunis, « LES SORCIÈRES » n’est qu’un smögåsbord sans queue ni tête, sans le moindre fil rouge, où des réalisateurs s’ébattent en toute liberté et ne dévoilent pas le meilleur d’eux-mêmes dans l’exercice.

STREGHELe sketch de Luchino Visconti, le plus long, montre la Mangano en star mûrissante dans un chalet tenu par Annie Girardot, incapable d’échapper à son image et de vivre sa vie de femme. C’est interminable, bâclé au zoom et hormis une scène cruelle où les invitées profitent d’un évanouissement de la star pour la dépouiller de ses artifices, cela ne va nulle part. On remarque le jeune Helmut Berger en larbin empressé dans quelques plans.

« SENS CIVIQUE » avec Alberto Sordi en routier accidenté transporté par une snobinette profitant de l’aubaine pour arriver à l’heure à son rendez-vous, aurait eu davantage sa place dans « LES MONSTRES ». C’est bref, heureusement, mais la courte durée n’empêche pas ‘Albertone’ d’en faire des caisses.

Le sketch de Pasolini avec Toto’ est une véritable monstruosité, une sorte de fable burlesque d’une absolue laideur, qui semble durer des heures. Passé les premières minutes de surprise, c’est un supplice ! On dirait un mauvais rêve qui n’en finit pas de finir…

« LA SICILIANA », écrit par Age-Scarpelli est le seul sketch qui vaille vraiment le coup d’œil. Court et efficace, il démonte d’une plume abrasive la mécanique de la vendetta sicilienne. Mangano est extrêmement drôle en « fouteuse de merde » à grande échelle et le dialogue est à mourir de rire. Quelques minutes qui rachètent presque l’ensemble.

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ALBERTO SORDI, SILVANA MANGANO ET CLINT EASTWOOD

Car « UNE SOIRÉE COMME LES AUTRES » de Vittorio De Sica qui clôt le film est également des plus laborieux. L’ami Clint joue un Américain installé à Rome devenu avec les années, un « bonnet-de-nuit » mollasson et velléitaire, un petit employé médiocre et auto-satisfait, indifférent aux états d’âme de sa femme déçue et délaissée. À nouveau beaucoup trop étiré, le sketch d’une demi-heure vaut à la rigueur pour le plaisir fugace de voir Eastwood se ridiculiser sans retenue dans les séquences « rêvées », se prendre des vases sur la tête, des baffes, traîner la savate dans ses pyjamas. À noter que lorsqu’il lit à sa femme les programmes de cinéma, il cite parmi les titres « POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS ».

Hormis l’exploit de réunir sur une même affiche les noms de Girardot, Sordi, Eastwood, Visconti et Pasolini, R.A.S.

 

« BATES MOTEL » : saison 1 (2013)

« PSYCHOSE », le chef-d’œuvre emblématique d’Hitchcock a déjà subi tous les outrages hollywoodiens : trois sequels, une prequel télé, un remake plan-par-plan et maintenant… une série TV !

BATESLa vraie surprise de « BATES MOTEL » est en fait… sa totale réussite. Les auteurs ont transposé l’action de nos jours et ont puisé leur inspiration non pas dans l’œuvre originelle mais plutôt dans « MYSTÈRES À TWIN PEAKS » de David Lynch, dont on retrouve non sans plaisir, l’ambiance forestière, les étudiantes délurées, les gangsters dangereux et les seconds rôles excentriques. Le mixage des deux univers fonctionne étonnamment bien et on s’installe rapidement dans la série, oubliant Sir Alfred qui ne se rappelle à notre bon souvenir que lors des plans de la maison et du motel, qui ramènent instantanément à la saga cinématographique de Norman Bates.

Outre une mise-en-scène léchée, une BO enveloppante et intemporelle, les dix épisodes sont exceptionnellement bien interprétés : Vera Farmiga est magnifique en ‘Norma’ séduisante, castratrice, l’hystérie à fleur de peau, aussi fragile que dangereuse. Une incarnation hors du commun d’un personnage mythique qu’on ne connaissait… qu’empaillée, jusqu’ici. Elle tient la série sur ses épaules, assistée de l’excellent Freddie Highmore parfaitement choisi pour être ‘Norman’, à la fois opaque et attendrissant et dont la silhouette dans les plans larges évoque instantanément Anthony Perkins. À leurs côtés, on retiendra le taiseux Nestor Carbonell en shérif inquiétant et ambigu, Olivia Cooke en copine de lycée traînant derrière elle sa bonbonne d’oxygène. Mais tout le casting pourrait être cité tant il est homogène et haut-de-gamme.

« BATES MOTEL » est donc une franche réussite qui revitalise une mythologie vieille de plus de 50 ans et donne un âme à des personnages devenus des archétypes du film d’angoisse. Vraiment une très bonne surprise !