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« PROFESSION : REPORTER » (1975)

20 Mar
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JACK NICHOLSON EN AFRIQUE…

À l’instar de la plupart des meilleurs films d’Antonioni, « PROFESSION : REPORTER » est aussi fascinant qu’il peut être irritant voire complaisant. Mais au terme du voyage, on oublie les longueurs, les déviations pas toujours nécessaires, la sensation croissante d’enlisement, pour ne se souvenir que… du voyage.

PROFESS2Car ce film n’est rien d’autre que cela. Le ‘bad trip’ d’un exilé qui pour avoir échangé son identité avec un mort, a troqué son enfer contre un autre, bien plus concret et dangereux. Entre l’Afrique et l’Espagne, « PROFESSION : REPORTER » ressemble au séjour au purgatoire d’une âme errante. Le personnage joué ou plutôt incarné par Jack Nicholson n’est plus tout à fait lui-même et pas vraiment un autre. Il avance à l’aveuglette dans un no man’s land identitaire et vers un destin forcément fatal qui n’est même pas le sien. Lui a perdu ses illusions, l’autre était un idéaliste. Bad deal !

Opaque, obscur, étouffant, le film porte la griffe du cinéaste italien à chaque plan, sans vraiment ressembler au reste de son œuvre. Est-ce dû à la présence incongrue de Nicholson, qui retrouve l’ambiance de ses premiers films indépendants américains tels que « KINGS OF MARVIN GARDENS » ou « FIVE EASY PIECES » ? Acteur naturellement cabotin et excentrique, il semble ici comprimer sa personnalité, ce qui sied finalement très bien à son rôle.

À ses côtés, l’étrange Maria Schneider dont la gaucherie et le jeu catatonique finissent par devenir poétiques. Mais le duo improbable et si peu complémentaire fonctionne envers et contre tout, accentuant encore l’impression d’irréalité et d’incommunicabilité.

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JACK NICHOLSON ET MARIA SCHNEIDER

Le film est parsemé de morceaux de bravoure marquants, comme le long échange d’identité au début, dans une chambre d’hôtel surchauffée, le monologue de Nicholson sur l’aveugle qui recouvre la vue ou bien sûr, ce plan-séquence final devenu anthologique, où la caméra traverse les grilles comme par magie et où le drame se dénoue hors de la vue du spectateur.

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