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« LES OMBRES DU COEUR » (1993)

29 Avr

OMBRES2Richard Attenborough est un acteur anglais qui tourna dans plusieurs classiques, apparut dans des productions U.S. et qui signa 12 films comme réalisateur. Pour la plupart des superproductions hypertrophiées, bourrées de stars jusqu’à la gueule et généralement peu convaincantes. C’est pourquoi « LES OMBRES DU CŒUR » est-il une si heureuse surprise. C’est – et de très loin – son plus beau film, même s’il s’agit une fois de plus d’un ‘biopic’ et d’une reconstitution « historique ».

Le scénario conte l’histoire d’amour de l’écrivain et professeur C.S. Lewis avec une admiratrice américaine venue lui rendre visite à Oxford. L’intérêt vient du choc des cultures et surtout des caractères : elle femme libre au franc-parler, se confrontant courageusement à la dure réalité, lui cloîtré dans son cocon, dans sa vie de vieux garçon cérébral et réprimant ses sentiments jusqu’à l’implosion. Un type de rôle dans lequel Anthony Hopkins excelle depuis longtemps et particulièrement depuis sa collaboration avec James Ivory. Là, il atteint certains sommets dans l’excessivement subtil…

On pense à « 84 CHARING CROSS ROAD » où le même Hopkins entretenait déjà ce genre de relation avec une « yankee », mais uniquement par courrier. Ici le face-à-face est bien concret et la lumineuse Debra Winger est un parfait « sparring partner » pour Hopkins. Toutes leurs scènes ensemble génèrent une émotion de plus en plus difficile à contenir. Jusqu’à ce que la maladie vienne accélérer le processus et jeter un voile tragique sur le couple.

ANTHONY HOPKINS, DEBRA WINGER ET JOSEPH MAZZELLO

ANTHONY HOPKINS, DEBRA WINGER ET JOSEPH MAZZELLO

Ça pourrait être un mélo épouvantable, d’autant qu’un jeune garçon est impliqué, mais par sa réalisation ample et agréablement académique, par la finesse extrême de sa direction d’acteurs, Attenborough tire tout le suc de cette belle histoire interrompue. Notons également la remarquable prestation de Edward Hardwicke en frère taciturne et porté sur le gin du professeur.

« LES OMBRES DU CŒUR » est donc un petit miracle d’équilibre, de sensibilité, ce genre de film qui donne à réfléchir sur la précarité du bonheur, sur le temps qui passe, la vie qu’il ne faut surtout pas gaspiller… Beau film, vraiment.

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