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Archives Mensuelles: juin 2014

« L’ÉTRANGER MAGNIFIQUE » !

STRANIEROComment fabriquer un film inédit avec Clint Eastwood quand celui-ci n’existe pas mais qu’on veut tout de même profiter du succès de cet acteur en vogue depuis ses westerns avec Sergio Leone ? Très simple : on se téléporte en Italie au milieu des années 60, on se procure les droits (ou pas ?) de deux épisodes de la série américaine « RAWHIDE » dans laquelle joue justement la vedette en question. On les monte approximativement l’un à la suite de l’autre et le tour est presque joué.

Pour brouiller les pistes, on donne au film le titre original de « POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS », autrement dit « L’ÉTRANGER MAGNIFIQUE », sous lequel il a été longtemps annoncé dans la presse italienne et qui normalement, devrait être familier au gogo. Pour finir, on choisit une photo de l’acteur dans « RAWHIDE » mais en sélectionnant soigneusement un portrait où il fronce les sourcils et affiche le rictus de ‘l’homme sans nom’. On demande à un gentil illustrateur de la repeindre sur un fond plus ou moins neutre et… le tour est joué ! On n’a plus qu’à le sortir dans les salles de cinéma. À part que dans ce cas précis, manque de bol, l’acteur américain a eu vent de l’arnaque et a fait interdire l’exploitation du « film » ! Si on ne peut plus être malhonnête tranquillement, maintenant !

 

HAPPY BIRTHDAY, LEA !

LEA MASSARI, UNE DES PLUS ÉMOUVANTES ET CÉRÉBRALES ACTRICES ITALIENNES DES ANNÉES 60 ET 70.

LEA MASSARI, UNE DES PLUS ÉMOUVANTES ET CÉRÉBRALES ACTRICES ITALIENNES DES ANNÉES 60 ET 70. ELLE A SOUVENT TOURNÉ EN FRANCE.

 
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Publié par le 30 juin 2014 dans ANNIVERSAIRES, CINÉMA ITALIEN

 

« HER » (2013)

HERQuand un film fait une telle unanimité et qu’il est porté aux nues par la critique, on a toujours tendance à s’en méfier un peu. « HER » traite d’un sujet on ne peut plus actuel : celui d’une société humaine en voie de dématérialisation, où chacun vit dans sa bulle, passe ses journées (sa vie ?) devant son ordinateur et où les relations deviennent compliquées, voire superflues.

Le scénario de Spike Jonze pousse le postulat jusqu’à montrer un quidam tombant amoureux d’un programme informatique et vivant une liaison fusionnelle avec lui. D’accord, il a la voix de Scarlett Johansson ! Un thème fort, qui parle à tout le monde ou presque, mais qui aurait sans doute bénéficié d’un traitement plus simple et dépouillé, moins chichiteux que celui choisi par le réalisateur. La prouesse vient du fait qu’on ne se rend pas vraiment compte que l’essentiel du film est composé de gros-plans de Joaquin Phoenix parlant tout seul. Le problème est que tout cela est beaucoup trop lent, répétitif et qu’on a le sentiment diffus que le film ne va pas au bout de son propos. On repense à « DON JON » film contemporain de celui-ci, plus rudimentaire et trivial dans sa conception, mais qui finalement en dit peut-être plus long sur exactement le même sujet. Deux heures, c’est beaucoup. Ou alors faut-il être un fan dévot de l’acteur filmé sous toutes les coutures jusqu’à provoquer une sorte d’écœurement. On se sent un peu gêné de n’être pas plus enthousiaste devant « HER », qui a accumulé les prix et les louanges depuis sa sortie. Mais les goûts et les couleurs…

 

HAPPY BIRTHDAY, SLIM !

SLIM PICKENS (1919-1983), SECOND RÔLE DE WESTERN, IMMORTALISÉ PAR SON RÔLE DE PILOTE DANS « DR. FOLAMOUR »

SLIM PICKENS (1919-1983), SECOND RÔLE DE WESTERN, IMMORTALISÉ PAR SON PERSONNAGE DE PILOTE DANS « DR. FOLAMOUR »

 
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Publié par le 29 juin 2014 dans ANNIVERSAIRES

 

« TO WALK IN SILENCE » : Claude Rains dans « Naked city »

CLAUDE RAINS

CLAUDE RAINS

« TO WALK IN SILENCE » est un épisode de la 2ème saison de la série « NAKED CITY » réalisé par Roger Kay.

TELLY SAVALAS

TELLY SAVALAS

Claude Rains un vieux trader de Wall Street à la vie bien rangée, est témoin d’un meurtre : il voit le gangster Telly Savalas abattre un homme de sang-froid et prend lui-même une balle perdue dans l’épaule. Nos héros policiers retrouvent sa trace, mais Rains refuse de témoigner ni même de faire ôter la balle qui pourrait incriminer le tueur. En fait, il ne veut pas impliquer sa firme bien-aimée dans un éventuel scandale. Les choses changent quand Savalas kidnappe sa fille qu’il exige d’échanger contre la balle.

Rondement mené, l’épisode vaut évidemment pour le toujours excellent Claude Rains, vétéran hollywoodien qui donne une vraie profondeur à son rôle de brave homme qui a perdu le sens des vraies valeurs à force de ne vivre que par et pour l’argent. Le jeune Savalas apparaît dans trois séquences en malfrat sûr de lui. Alors débutant, le futur Kojak avait déjà cette façon qui n’appartenait qu’à lui de sembler rire de sa propre méchanceté avec une sorte d’incrédulité. Dommage qu’il ait si peu d’interaction avec Rains.

À noter qu’un peu plus de place que d’habitude est dévolue à la vie privée de notre lieutenant Paul Burke, qu’on voit plusieurs fois avec sa femme.

LE GENRE DE PLAN QUI DONNE SON IDENTITÉ À LA SÉRIE...

LE GENRE DE PLAN QUI DONNE SON IDENTITÉ À LA SÉRIE…

 

« LE FANTÔME D’HALLOWEEN » (1988)

LANCE HENRIKSEN, LÉGÈREMENT HABITÉ...

LANCE HENRIKSEN, LÉGÈREMENT HABITÉ…

« PUMPKINHEAD » (ne parlons pas de l’imbécile titre français qui n’a rien à voir avec rien et surtout pas avec Halloween !) est le premier des deux longs-métrages qu’a réalisé Stan Winston, génie du maquillage et des F/X horrifiques. Il a clairement bien fait de ne pas abandonner son premier job !

PUMPKIN2Non pas que ce soit totalement nul, mais c’est une série B dont le scénario ne devait pas dépasser les dix pages (écrites en gros caractères) et qui puise ses racines dans « EVIL DEAD ». L’amateur y reconnaîtra peut-être l’amorce du bien meilleur « JEEPER CREEPERS » tourné des années plus tard.

Son fils tué accidentellement par de jeunes crétins en villégiature, l’épicier Lance Henriksen va voir une sorcière qui réveille un démon pour décimer les assassins. Après, c’est le jeu de massacre habituel, répétitif, noyé dans les contre-jours et les fumigènes comme dans tout bon nanar des années 80.

Le décor rappelle « DÉLIVRANCE » avec ses ploucs à moitié dégénérés, mais c’est bien le seul point commun avec le chef-d’œuvre de John Boorman !

Des points positifs ? Allez ! En cherchant bien… Déjà et avant tout, Henriksen qui a comme qualité rarissime de jouer n’importe quel navet comme s’il était dirigé par Ingmar Bergman dans une pièce d’Ibsen. Intense, fiévreux, habité, il parvient à insuffler un peu d’émotion et de vie à ce fatras incohérent, ce qui n’était pas un mince exploit. Et le monstre lui-même, n’est pas mal, pas effrayant pour un sou, mais bien animé et photographié. La scène finale où le père vengeur et le démon se confondent physiquement laisse deviner une thématique intrigante qui n’a hélas, pas été suffisamment développée ici.

À noter que Lance Henriksen a repris le personnage de ‘Ed Harley’ (pourtant mal-en-point à la fin du premier film !) dans deux sequels pour la TV en 2006 et 2007.

PUMPKINHEAD

PUMPKINHEAD

 

HAPPY BIRTHDAY, IAN !

IAN McDONALD (1914-1978), SECOND RÔLE DES ANNÉES 50, CONNU POUR « HIGH NOON » : C’EST LUI QU’ON ATTEND PENDANT TOUT LE FILM !

IAN McDONALD (1914-1978), SECOND RÔLE DES ANNÉES 50, CONNU POUR « HIGH NOON » : C’EST LUI QU’ON ATTEND PENDANT TOUT LE FILM !

 
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Publié par le 28 juin 2014 dans ANNIVERSAIRES

 

« DON JON » (2013)

« DON JON » est un film qui mérite d’être vu avec un petit mode d’emploi, car il n’est pas impossible que pendant sa première moitié, on puisse le prendre pour une grosse comédie salace dans la lignée des « AMERICAN PIE » et qu’une frange du public ait envie de zapper sans autre forme de procès.

DON JONC’est le risque que prend Joseph Gordon-Levitt en présentant ce personnage qu’il joue lui-même : un abruti fieffé, un adepte narcissique de la muscu et du porno sur Internet à hautes doses, qu’il avoue préférer à ses pourtant nombreuses conquêtes. Son ‘Jon’ est un avatar grotesque de l’obsédé sexuel que jouait Michael Fassbender dans « SHAME ». Mais l’angle est ici comique ou du moins satirique et le film s’attaque à notre 21ème siècle de plus en plus dématérialisé, déshumanisé, il s’en prend à l’hypocrisie américaine avec ses visites à confesse et surtout via Scarlett Johansson, qui interprète vaillamment son rôle de « bombasse » tête-à-claques et conventionnelle jusqu’à la nausée. La tonalité change progressivement avec l’arrivée de Julianne Moore, qui joue une « femme qui pleure », une âme à la dérive, étonnamment franche et les deux pieds bien plantés dans un réel beaucoup moins ludique que l’univers de notre benêt de héros. Elle va arracher celui-ci à son ordinateur, lui apprendre les relations humaines « à l’ancienne ». Et tout simplement l’émotion. L’actrice illumine le film tout entier, modifiant radicalement sa tonalité.

« DON JON » est donc – et contre toute attente – un film qui mérite qu’on lui donne sa chance, qu’on fasse preuve d’un peu de patience, car le jeu en vaut la chandelle. Et c’est si bon de voir Julianne Moore dans un rôle à la hauteur de son talent, de temps à autres !

 

LA FOUDRE ET PIED-LÉGER…

ATTENTION, ÇA VA CANARDER SUR « BDW2 », D’ICI PEU...

ATTENTION, ÇA VA CANARDER SUR « BDW2 », D’ICI PEU…

 
 

« MYSTIC RIVER » (2003)

SEAN PENNE ET LAURA LINNEY

SEAN PENN ET LAURA LINNEY

Sur la grosse trentaine de longs-métrages réalisés par Clint Eastwood depuis les seventies, chacun a largement de quoi choisir ses préférés. En ce qui nous concerne, nous garderons bien au chaud au fond de nos cœurs de cinéphiles « CHASSEUR BLANC, CŒUR NOIR » et surtout « MYSTIC RIVER », chef-d’œuvre à la puissance dévastatrice et à la perfection impressionnante.

MYSTIC2Écrit par l’excellent Brian Helgeland d’après un best-seller de Dennis Lehane, c’est une tragédie d’une suffocante noirceur, qui démarre par la fin d’une enfance souillée par le viol et se poursuit dans un mécanisme implacable de destinée en marche aux rouages mortels. Le scénario joue sur plusieurs tableaux, multiplie les fausses-pistes, nous pousse à affronter nos propres préjugés et fait évoluer trois protagonistes emblématiques jamais figés dans un stéréotype.

Le film est d’une rigueur, d’une efficacité plutôt rares chez Eastwood qu’on a connu plus indolent et la justesse de son casting est extraordinaire : Sean Penn est stupéfiant de violence rentrée dans un de ses derniers grands rôles. Ses hurlements de bête blessée à la découverte du cadavre de sa fille, résonnent longtemps dans les tympans. Et sa métamorphose de brave épicier en caïd cynique laisse pantois. Face à lui, Tim Robbins – acteur généralement peu passionnant – est magnifique en homme détruit par son passé, évoluant dans un cauchemar éveillé depuis trente ans. Kevin Bacon est parfait en flic, même s’il a le rôle le moins développé (on peut questionner la nécessité des scènes au téléphone avec sa femme, qui parasitent un peu le récit). Et que dire de Marcia Gay Harden en pauvre femme simple qui commet le péché suprême de trahison ? De Laura Linney en Lady Macbeth de banlieue, dont le rôle peu présent pendant deux heures, prend subitement une importance considérable ?

Sans oublier Laurence Fishburne en coéquipier indélicat et le caméo d’Eli Wallach, savoureux en marchand de spiritueux à la mémoire infaillible.

SEAN PENN, MARCIA GAY HARDEN, ELI WALLACH, KEVIN BACON ET LARRY FISHBURNE

SEAN PENN, MARCIA GAY HARDEN, ELI WALLACH, KEVIN BACON ET LARRY FISHBURNE

Il ne faut pas trop raconter « MYSTIC RIVER » pour ne pas déflorer cette histoire aux accents de tragédie antique, mais des images demeurent tatouées dans la mémoire : la voiture où monte le petit garçon sous le regard impuissant de ses copains… La façon elliptique dont est filmé son calvaire… La crise de nerfs de Penn à la mort de sa fille… Le montage parallèle lors du dénouement atroce de l’énigme… Et tant d’autres encore !

L’épilogue dans la rue, uniquement composé d’échanges de regards entre les principaux survivants du drame pendant un défilé, est probablement ce qu’a filmé de plus subtil Mr Eastwood dans sa carrière de réalisateur. Tout est dit par l’image et l’expression des visages…

 

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