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« LE SEIGNEUR DE LA GUERRE » (1965)

04 Juin
UN DES PLANS MAGNIFIQUEMENT COMPOSÉS DU FILM...

UN DES PLANS MAGNIFIQUEMENT COMPOSÉS DU FILM…

« LE SEIGNEUR DE LA GUERRE » est très certainement un des plus beaux films moyenâgeux à être sorti des studios hollywoodiens. Refusant tout le folklore kitsch et bariolé des habituelles histoires de chevaliers, Franklin J. Schaffner porte un œil réaliste sur l’époque et ses mœurs, fouille la psychologie de ses personnages au-delà des clichés et parvient à mêler une âpreté parfois brutale à un romantisme échevelé.

Le scénario – tiré d’une pièce de théâtre – est essentiellement le portrait d’un noble déshérité, qui erre depuis vingt ans de bataille en bataille, avant de finir sur une terre inhospitalière que son Duc lui a confiée. Véritable « chien de guerre », ce colosse aux pieds d’argile incarné par un Charlton Heston idéalement casté, va rencontrer l’amour auprès d’une « gueuse », qui va lui faire perdre la tête. Pour elle, il va déclencher une guerre et une avalanche d’événements qui dégénèrera jusqu’au fratricide.

WARLORDPorté par une BO de Jerome Moross véritable chef-d’œuvre de médiéval hollywoodien et surtout par la photo du génial Russell Metty, le film est un régal des sens. Bien sûr, certains scènes d’extérieurs tournées en studio jurent un peu, les perruques et costumes des « païens » ne sont pas très convaincants, mais c’est peu de choses comparé à la beauté des cadrages, à ces gros-plans littéralement sculptés par les ombres et à la passion fiévreuse habitant les deux protagonistes.

Heston trouve un de ses deux ou trois meilleurs rôles. Derrière son visage rude à la moue hautaine se dissimule un homme usé, fragile, déclassé. Le rapport avec son frère Guy Stockwell jaloux et haineux, est passionnant. Et puis combien de stars auraient accepté cette coupe au bol ? Et surtout combien n’y auraient pas perdu de leur superbe ? Richard Boone est très bien en « nounou » burinée et balafrée du seigneur, qu’il couve depuis l’enfance. Et la débutante Rosemary Forsyth dégagé une belle émotion dans un rôle à peine esquissé.

« LE SEIGNEUR DE LA GUERRE » est une œuvre majestueuse et subtile, dont aucun des protagonistes n’est traité avec manichéisme, pas même le chef des assaillants vikings. C’est surtout, et avant toute chose, un beau film d’amour fou.

CHARLTON HESTON, ROSEMARY FORSYTH, RICHARD BOONE ET GUY STOCKWELL

CHARLTON HESTON, ROSEMARY FORSYTH, RICHARD BOONE ET GUY STOCKWELL

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3 réponses à “« LE SEIGNEUR DE LA GUERRE » (1965)

  1. Patrick

    4 juin 2014 at 17 h 27 min

    Un excellent film d’ailleurs j’ai lu une fois que c’était un des rares films hollywoodiens (si ce n’est le seul) qui se rapprocherait de l’ambiance médiévale.

     
  2. JICOP

    7 octobre 2015 at 16 h 52 min

    La date de sortie indique bien le contenu du film .
    Pas encore dans la période du  » nouvel Hollywood  » propice à la remise en question des mythes , mais bien loin de l’époque classique avec preux chevaliers et gentes demoiselles . C’est vraiment dans ce cadre un film passionnant ou sont abordes plusieurs themes comme la religion , les rapports de classe etc…
    C’est magnifiquement réalisé malgré quelques plans en transparence mal venus au début , un montage nerveux , une photo chaude à souhait .
    Les combats sont bien choregraphiés et la musique de Moross est alternativement martiale ou romantique mais toujours magnifique .
    Le film reste toujours sous une certaine tension , à l’image du personnage de Heston , impérial , antipathique au début dans son statut de noble plein de morgue , et doutant de plus en plus à mesure que son amour pour la sauvageonne grandit .
    Le reste du casting est formidable : mention spéciale pour Guy Stockwell , psychopathe moyen – ageux rejoignant la cohorte des fripouilles en costume à la Guy Delorme .
    Richard Boone est énorme en bodyguard infaillible et taiseux .
    L’origine théatrale du script ressort à travers les nombreuses scènes intérieures mais Schaffner aère constamment à travers de nombreuses scènes extérieures .
    Quand aux batailles et l’attaque finale de ce très symbolique fortin , on rejoint les anthologies du genre style  » Ivanhoé  » .
    Chef d’œuvre méconnu et d’une richesse tant visuelle que thématique . A ranger parmi les musts du film historique .

     
  3. JICOP

    7 octobre 2015 at 22 h 19 min

    Bertrand Tavernier dit que le film a été remonté plusieurs fois par les producteurs ( ça change un peu ) en vue de privilégier les scènes d’action au détriment des scènes psychologiques .
    Meme après ces attaques , le film garde à mon gout un certain équilibre .
    Si le film avait été réalisé après  » la planète des singes  » et son énorme succès ; gageons que Schaffner et Heston n’auraient pas été dérangés par les exécutives des studios .

     

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