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Archives Mensuelles: juillet 2014

DICK SMITH : R.I.P.

DICK SMITH (1922-2014), MAQUILLEUR DE GÉNIE QUI S’ILLUSTRA DANS « LE PARRAIN », « LITTLE BIG MAN » OU « L’EXORCISTE ».

DICK SMITH (1922-2014), MAQUILLEUR DE GÉNIE QUI S’ILLUSTRA ENTRE AUTRES DANS « LE PARRAIN », « LITTLE BIG MAN » OU « L’EXORCISTE ».

 
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Publié par le 31 juillet 2014 dans CARNET NOIR

 

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« LA NOVICE » (1960)

NOVICEIl est plus que probable que « LA NOVICE » ait pu sembler sulfureux il y a un demi-siècle, mais aujourd’hui cette adaptation du roman de Guido Piovene par Roger Vailland est pratiquement éventée et laisse un peu perplexe.

À la veille de prendre le voile, Pascale Petit avoue que pour elle « le couvent c’est la mort » et se confesse au prêtre Massimo Girotti. Dans un long flash-back, la bougresse raconte ce qui l’a menée jusque là. Pour faire court, elle a couché avec l’amant de sa mère avant de lui vider un fusil de chasse dans l’estomac. Le pauvre confesseur en sera tellement effaré qu’il disparaîtra dans un monastère et fera vœu de silence ! Le film vaut à la rigueur pour ses extérieurs de Padoue et Venise, pour cette ambiance sixties si particulière à la Françoise Sagan. Hormis Hella Petri excellente dans le rôle de la mère frivole et mûrissante, la distribution est un peu pâle et sans relief : Pascale Petit et Girotti ne crèvent pas l’écran et Jean-Paul Belmondo est carrément mal distribué. Quelle idée saugrenue de lui offrir un personnage de fils de famille paresseux et vaguement gigolo ! Ce ne sera d’ailleurs pas la seule fois que le cinéma italien l’utilisera à contremploi pour des résultats peu convaincants. Malgré cela et bien que son rôle ne présente aucune sorte d’intérêt, Belmondo traverse le film avec la grâce de sa jeunesse, affichant son insolence naturelle.

PASCALE PETIT ET JEAN-PAUL BELMONDO

PASCALE PETIT ET JEAN-PAUL BELMONDO

Cette novice totalement amorale, dépourvue de remords ou de scrupule, quasiment sociopathe aurait pu donner lieu à un film autrement plus ambigu et vénéneux que celui-ci. Tel quel, « LA NOVICE » ne sera indispensable qu’à l’admirateur complétiste de « Bébel » tellement plus à sa place chez Godard, Sautet ou Melville à cette période de sa carrière. À noter que le triangle mère-fille-amant et même la structure dramatique du scénario, font penser à « L’ANNÉE DES MÉDUSES » tourné deux décennies plus tard.

 

« BACKLASH OF THE HUNTER » : film-pilote de « 200 dollars plus les frais »

LINDSAY WAGNER ET JAMES GARNER

LINDSAY WAGNER ET JAMES GARNER

« BACKLASH OF THE HUNTER » est le (double) film-pilote de la série « 200 DOLLARS PLUS LES FRAIS », créée par Stephen J. Cannell et qui dura de 1974 à ’80. D’une durée totale d’à peu près 90 minutes, le téléfilm ressemble fortement aux polars récents qu’avait tournés James Garner pour le grand écran comme « LA VALSE DES TRUANDS » ou « THEY ONLY KILL THEIR MASTERS ».ROCKFORD

Il tient ici un rôle taillé sur-mesure de ‘privé’ nonchalant et cynique, dissimulant sa générosité sous des dehors avaricieux. Après avoir purgé cinq ans de prison pour un hold-up qu’il n’a pas commis, ‘Jim Rockford’ s’est spécialisé dans les « cold cases », les dossiers classés. Efficacement réalisé par Richard T. Heffron, le film part de l’assassinat d’un pochtron étranglé par un karatéka psychopathe. Remontant la piste, Rockford va démasquer des escrocs à l’héritage pour le compte de la fille du mort dont il tombe évidemment amoureux.

Tout ou presque tient au charisme de Garner. Comme toujours prudent et ne faisant jamais rien « à la loyale », il est drôle et attachant sans jouer les ‘tough guys’, ce qui est vraiment sa marque de fabrique. Il faut l’avoir vu humilier le musculeux William Smith dans les W-C d’un cabaret, grâce à du savon liquide et un rouleau de pièces ! (Non, ce n’est pas sexuel !)

Dans le cast, de bons acteurs des seventies comme Lindsay Wagner dans un rôle substantiel, Michael Lerner visqueux à souhait en légiste faux-jeton. C’est Robert Donley qui incarne ‘Rocky’, le père de Garner, mais il sera remplacé par Noah Beery, Jr. pour la suite de la série.

NITA TALBOT ET WILLIAM SMITH

NITA TALBOT ET WILLIAM SMITH

Une des bonnes séries de « privé » de l’époque, dans les travées de « MANNIX », « BANACEK » ou « CANNON ». Avec un petit avantage sur les autres : James Garner dans l’autre rôle de sa vie à égalité avec « MAVERICK ». Sans oublier les costards rouge-sang, les pattes-d’ef, les décapotables et tout le folklore !

 

JAMES GARNER CHEZ PECKINPAH ?

Petit scoop inter-blogs : notre ami « Daniel » a révélé dans le blog de notre non moins amie « Val », la présence de James Garner – récemment disparu – dans un ‘caméo’ de « GUET-APENS » de Sam Peckinpah.

Après enquête et vérification, il ne s’agirait pas réellement d’une apparition clin d’œil, mais d’un simple service que Garner, rendant visite à son vieux copain et rival Steve McQueen sur le plateau, a rendu au régleur de cascades. Amateur de courses automobiles comme McQueen, Garner a donc conduit une Volkswagen orange qui manque percuter le véhicule conduit par les stars du film, après le hold-up sanglant. Trois secondes à l’écran et le conducteur demeure totalement invisible.

À TRAVERS LA VITRE ARRIÈRE : LA VOLKSWAGEN CONDUITE PAR... JAMES GARNER !

À TRAVERS LA VITRE ARRIÈRE : LA VOLKSWAGEN CONDUITE PAR… JAMES GARNER !

Deux ans plus tard, McQueen fera la même chose en conduisant une moto dans la série B « DIXIE DYNAMITE ».

 

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« HOSTAGE FOR HANGING » : Mercedes McCambridge dans « Rawhide »

WARREN OATES ET CLINT EASTWOOD

WARREN OATES ET CLINT EASTWOOD

« HOSTAGE FOR HANGING » est un épisode de la 8ème et dernière saison de « RAWHIDE » réalisé par Herman Hoffman, qui a ceci de particulier que la pauvreté de son scénario n’a d’égale que la richesse de sa distribution.

Rowdy Yates est pris en otage par une famille de ploucs à moitié débiles qui réclament 3000 $ aux cowboys du convoi, menaçant de lyncher le ‘trail boss’. Notre héros passe tout l’épisode ligoté, la corde au cou perché sur un tabouret, malmené par tout le monde, pendant que son équipe ourdit un plan diabolique pour le sortir de ce mauvais pas à coups de pétards de farces-et-attrapes.

MERCEDES McCAMBRIDGE ET SA FAMILLE

MERCEDES McCAMBRIDGE ET SA FAMILLE

C’est franchement indigent et assez pénible à regarder. Mais les ‘guest stars’ sont en revanche de première grandeur : Mercedes McCambridge en roue-libre, (sur)joue une sorte de « Ma Dalton » mal embouchée au cœur de pierre. Warren Oates – pour sa 4ème apparition dans « RAWHIDE » – est son fils aîné fier-à-bras, Robert Blake est excellent en cadet arriéré mental et la délicieuse Sharon Farrell est formidable en souillon allumeuse. En ajoutant les personnages récurrents de la série comme John Ireland et Raymond Saint-Jacques, cela fait tout de même une belle affiche !

Le clintophile ne pourra s’empêcher de penser au « BON, LA BRUTE, LE TRUAND » et surtout à « PENDEZ-LES HAUT ET COURT » en voyant Eastwood la corde au cou. Mais on sent nettement dans le jeu de l’acteur, en passe de devenir vedette grâce aux deux westerns de Leone qu’il venait de tourner, une lassitude, voire une exaspération palpable à jouer ce Rowdy qu’il a usé jusqu’à la corde (c’est le cas de le dire !).

SHARON FARRELL, WARREN OATES ET ROBER BLAKE

SHARON FARRELL, WARREN OATES ET ROBERT BLAKE

 

« SABOTAGE » (2014)

MIREILLE ENOS : CETTE FILLE-LÀ MON VIEUX, ELLE EST TERRIBLE !

MIREILLE ENOS : CETTE FILLE-LÀ MON VIEUX, ELLE EST TERRIBLE !

25 ans après « PREDATOR », Arnold Schwarzenegger maintenant âgé de 66 ans, se retrouve à nouveau à la tête d’un commando de brutes tatouées et bodybuildées pour ce « SABOTAGE » plutôt alléchant et bien fichu.SABOTAGE3

De fait, le film démarre très fort, promet des personnages hauts-en-couleurs et des séquences d’action phénoménales. De ce côté-là, on est servi. Mais le tout est hélas handicapé par un scénario bordélique, qui télescope le « caper movie » avec une construction à la façon des « Dix Petits Nègres » où on voit disparaître un à un tous les gros-bras. Pourquoi pas ? Encore aurait-il fallu que les auteurs ne laissent pas des trous ÉNORMES dans leur histoire de vengeance tellement alambiquée qu’on serait bien en mal de la résumer après le mot « FIN ».

Ces questionnements qui grippent la machine, plombent sérieusement un film qu’on aurait adoré aimer, parce qu’il est bourré de qualités et que, malgré tout, il parvient à tenir la route, même s’il ne supporte pas l’analyse un tant soi peu approfondie.

Avec ses rides, sa coupe de cheveux improbable et son inamovible gros cigare, ‘Schwarzie’ est parfait, pile dans ce qu’il sait faire de mieux, avec en plus une maturité de jeu qui lui sied bien. Face à lui, Sam Worthington, qui lui succéda dans le rôle du Terminator il y a quelques années. Mais au milieu de cette marée de testostérone, ce sont les deux femmes du casting qui « déchirent » le plus : Mireille Enos absolument incroyable de violence et de déséquilibre mental en membre du commando schnouffée : à faire peur ! Et Olivia Williams, parfaite en flic dure-à-cuire et sarcastique. À elles deux, elles relèguent les machos braillards au stade de vieux gamins bruyants et vantards.

ARNOLD SCHWARZENEGGER ET OLIVIA WILLIAMS

ARNOLD SCHWARZENEGGER ET OLIVIA WILLIAMS

À boire et à manger donc, dans ce polar survitaminé sympathique et techniquement bluffant, qui parvient à survivre à son scénario manifestement trop (re)travaillé, au point d’en devenir incompréhensible.

À noter le final à Mexico, littéralement peckinpien, qui transporte soudainement dans un hommage au western avec ‘gunfight’ dans un saloon à la clé.

 

JAMES SHIGETA : R.I.P.

JAMES SHIGETA (1933-2014), SECOND RÔLE DES ANNÉES 70, IL FUT LE BIG BOSS DANS « PIÈGE DE CRISTAL ».

JAMES SHIGETA (1933-2014), SECOND RÔLE DES ANNÉES 70, IL FUT LE BIG BOSS DANS « PIÈGE DE CRISTAL ».

 
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Publié par le 29 juillet 2014 dans CARNET NOIR

 

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« DU SANG ET DES LARMES » (2013)

Inspiré de faits réels survenus en Afghanistan, « DU SANG ET DES LARMES » n’a a priori, rien d’attractif : un réalisateur qui n’a jamais tout à fait convaincu par le passé, un casting de jeunes premiers bodybuildés et un scénario tenant sur un ticket de métro.

LONEEt pourtant, en se forçant un peu et en se montrant patient envers un démarrage laborieux et miné de clichés, le film décolle avec l’entrée en scène des talibans en se concentrant sur la survie problématique de quelques ‘marines’ de plus en plus mal-en-point confrontés à toute une armée. On a déjà vu pas mal de films de guerre modernes soucieux de réalisme, mais celui-ci prend un soin particulier à exposer la souffrance physique, presque le martyr de ces soldats d’élite littéralement transformés en passoires, traqués sans répit, estropiés par les balles et les shrapnels. D’abord calmes et professionnels, les militaires se transforment progressivement en gibiers sanguinolents ne cherchant qu’à survivre à tout prix. Et le film se réduit en un goulot d’étranglement de plus en plus stressant et désespéré.

Les scènes d’action pure – et il y en a énormément ! – sont magnifiquement maîtrisées, spécialement les chutes de corps dans des ravins dont on n’a jamais vu l’équivalent auparavant. On a mal pour eux ! Les talibans sont filmés à la manière d’une armée de zombies dans un film d’horreur, quasi-invisibles, implacables, invincibles. En tête d’un cast très homogène, Mark Wahlberg remplit parfaitement son office dans un rôle d’officier humain. Parmi ses partenaires, Ben Foster sort du rang en sniper dur-à-cuire. « DU SANG ET DES LARMES » est un film tellement viscéral et « organique » qu’il est quasiment impossible d’en parler. Mieux vaut le voir car il en vaut la peine… Mais il faut avoir le cœur bien accroché.

 

« A HOLE IN THE CITY » : Sylvia Sidney & Robert Duvall dans « Naked city »

SYLVIA SIDNEY

SYLVIA SIDNEY

« A HOLE IN THE CITY » est un remarquable épisode de la 2ème saison de la série « NAKED CITY » réalisé par David Lowell Rich, dont le scénario aurait parfaitement pu être développé sur une durée de long-métrage.

Après un hold-up sanglant, trois voyous menés par le sociopathe Robert Duvall qui tue comme il respire, prennent la fuite et se réfugient chez Sylvia Sidney, la tante de Duvall qu’il n’a pas vue depuis vingt ans. Les flics repèrent rapidement les fugitifs et assiègent l’immeuble. Mais dans l’appartement, c’est un vrai psychodrame qui a lieu. La tante se rend compte que son neveu a toujours fantasmé sur sa prétendue richesse et qu’il a façonné sa personnalité sur un malentendu et une adoration pour un « oncle riche » qui était en fait un individu méprisable, d’une avarice maladive. Progressivement, le monde va s’écrouler sous les pieds du malfrat.

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ROBERT DUVALL, ED ASNER ET HORACE McMAHON

C’est un bonheur que de voir face-à-face deux énormes pointures comme la grande Mme Sidney, dont le visage expressif et douloureux est très bien mis en valeur par la photo et Duvall, absolument saisissant dans un rôle complexe et pathétique de bête sauvage à l’âme d’enfant. Leurs scènes ensemble dégagent une véritable électricité. Parmi les autres ‘guests’, on aperçoit un Ed Asner tout mince en flic mâchouillant des allumettes.

Basé sur la psychologie de ses personnages, parsemé de flash-backs oniriques sur l’enfance du tueur, l’épisode n’en demeure pas moins très soigné dans une mise-en-scène qui renvoie par moments au néoréalisme italien. Et la fin de Duvall, criblé de balles sur le toit de l’immeuble en vidant le chargeur de sa mitraillette, rappelle certains classiques du film de gangster de la Warner. Un des meilleurs épisodes de cette belle et méconnue série policière.

 

« L’IRLANDAIS » (2011)

Un polar très singulier que « L’IRLANDAIS » (à ne pas confondre avec « A PRAYER FOR THE DYING » de Mike Hodges qui porte le même titre français), sorte de mélange des séries TV au réalisme glauque façon « WALLANDER » et de pastiche déjanté à la « HOT FUZZ ».

GUARDSi l’intrigue en elle-même est des plus plan-plan et se focalise sur le démantèlement d’un gang de narcotrafiquants par un flic irlandais de terrain et un homme du FBI, c’est la façon de raconter qui fait la différence. En fait, l’intérêt du film est le portrait de ce policier déconcertant, excentrique et intrigant, dont on ne sait pas très bien s’il est vraiment un gros « plouc » raciste et indélicat ou s’il joue un numéro. À ce petit jeu, le monumental Brendan Gleeson est plus qu’à l’aise et justifie à lui seul l’existence du film. Sa relation avec le ‘yank’ Don Cheadle est amusante et originale et ses scènes avec Fionnula Flanagan jouant sa mère rongée par le cancer sont touchantes et sensibles.

Toutes ces qualités n’empêchent pas le film d’être longuet et pas toujours très palpitant, mais il possède indéniablement une « petite musique » bien à lui, un talent pour dessiner des personnages secondaires déroutants comme ce petit garçon qui rappelle David Bennent dans « LE TAMBOUR » ou Mark Strong en tueur impassible au sadisme placide. Le « climax » nocturne où notre antihéros en surpoids se métamorphose subitement en terminator héroïque est assez efficace, tout comme la fin ouverte assez bien amenée.

« L’IRLANDAIS » n’a rien d’indispensable, mais le fan de Brendan Gleeson sera à la fête.