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« POLICE PYTHON 357 » (1976)

16 Sep
SIMONE SIGNORET

SIMONE SIGNORET

Il y a certains films qu’on garde en haute estime, mais qu’on redoute un peu de revoir de peur de tomber de haut. Vu son grand âge, « POLICE PYTHON 357 » fait partie de ceux-là. Et la première heure confirme que certains souvenirs devraient rester où ils sont.PYTHON

Mise-en-place laborieuse du scénario, dialogue parcimonieux et explicatif, personnages brossés à gros traits. L’ambiance est melvillo-chabrolienne : Melville pour la froideur désincarnée et le traitement du rôle principal et Chabrol pour le décor et la description de l’ignominie des grands bourgeois provinciaux. Stefania Sandrelli est mal distribuée et a rarement été aussi gauche et sa relation avec François Périer est totalement invraisemblable. Cela contribue à plomber cette première partie assez décourageante.

En fait, si on s’accroche, le film décolle vraiment quand le piège policier commence à se refermer sur Yves Montand, que l’atmosphère devient suffocante de paranoïa et que le couple formé par Périer et sa femme invalide Simone Signoret s’épanouit dans toute sa perverse complexité. Soudain, le fond prend le pas sur la forme et « POLICE PYTHON 357 » devient passionnant et même fascinant.

Acteur inégal dont le jeu a quelque peu vieilli, Montand évoque ce qu’il fut dans « LE CERCLE ROUGE », une épure de superflic solitaire, un vieux garçon maniaque, fétichiste des armes, coincé jusqu’à l’implosion. Le jeu crispé et l’œil méfiant de l’acteur traduisent parfaitement les tourments de cet étrange « héros » antipathique, prêt à tout pour survivre. À ses côtés, Signoret est extraordinaire en bourgeoise clouée dans son lit, qui comprend tout, sait tout et tire les ficelles d’hommes tellement moins intelligents qu’elle. Son unique face-à-face avec Montand à la fin dans la voiture, est terrible. Les acteurs de la copro allemande – étonnamment bien doublés – s’intègrent bien dans l’univers.

YVES MONTAND, FRANÇOIS PÉRIER ET STEFANIA SANDRELLI

YVES MONTAND, FRANÇOIS PÉRIER ET STEFANIA SANDRELLI

Malgré ses défauts accentués par les années, cela demeure une des grandes réussites d’Alain Corneau, un polar plus que noir qui s’imprime durablement dans la mémoire.

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11 réponses à “« POLICE PYTHON 357 » (1976)

  1. Thierry

    16 septembre 2014 at 11 h 43 min

    Bonjour. Désolé, mais j’ai toujours trouvé ce film détestable, ennuyeux au possible, invraisemblable, emblème d’un cinoche français qui emploie les mêmes ficelles depuis trop longtemps et ne parvient pas à se renouveler. Corneau y parviendra plus tard, avec Série Noire, autrement plus novateur que cette tentative d’américanisation des vieux thèmes simenoniens. Simone Signoret, oui, mais elle ne fait que ressortir un numéro déjà bien au point. Quant à « cric-crac, fermé à dopuble-tour », répété deux fois… Pour mémoire, en 1976, outre-atlantique, Scorcese sort Taxi Driver.

     
    • walkfredjay

      16 septembre 2014 at 11 h 46 min

      Je pensais un peu ça avant de le revoir. Mais comme je le dis dans la chronique, je me suis laissé prendre par la seconde moitié, malgré ses grosses ficelles. Un brin de nostalgie, sans doute. Je trouve le cinéma français tellement déprimant depuis un bon bout de temps, que j’ai tendance à être indulgent quand je retrouve des bribes de savoir-faire ou d’ambition artistique.

      Mais Signoret est vraiment très bien… 🙂

       
    • Patrick

      16 septembre 2014 at 12 h 11 min

      C’est toujours mieux que ce que l’on voit dans l’actuel cinéma français.

       
  2. Askel

    16 septembre 2014 at 13 h 08 min

    Oui, parce que à part Fred Cavayé et quelques bons films qui sortent tous les 2-3 ans, on n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent question polars français en ce moment…

     
    • Patrick

      17 septembre 2014 at 15 h 09 min

      Exact.

       
  3. Jim Kirk

    16 septembre 2014 at 14 h 38 min

    Rien n’a été laissé au hasard dans presque tous les plans, l’accessoiriste a eu du pain sur la planche. Les cadrages sont soignés. Le chef opérateur, lui, à fait un travail remarquable pour faire ressortir à mort les couleurs « flashy-plastoc » propres à l’époque du tournage. Un film a regarder pour son ambiance particulière dû au travail d’orfèvre d’Alain Corneau.

    à noter : l’acteur Vadim Glowna (un des 2 inspecteurs) qu’on retrouvera plus tard au coté de James Coburn dans Croix de fer.

     
    • walkfredjay

      16 septembre 2014 at 16 h 00 min

      En tout cas, on est presque tous d’accord : ça a vieilli, mais il y a une vraie recherche de style, une volonté de transcender le genre, le sortir des deloneries/belmonderies de l’époque. Et ça, c’est estimable.

       
      • Patrick

        16 septembre 2014 at 16 h 55 min

        Dans un certain sens tous les films vieillissent forcément mais ça n’empêche pas qu’ils restent toujours agréable à voir et que certains comme Barry Lyndon résiste très bien à l’usure du temps.

         
  4. mjfb

    16 septembre 2014 at 17 h 16 min

    c’est toujours plus facile de vieillir pour un film à costumes qu’un film qui s’inscrit dans son époque de production. Celui à costumes fabrique ses décors alors que celui d’époque utilise l’actualité et les décors du moment. Ce qui explique que l’on ressent plus de vieillissement pour des images construites sur du vrai que sur celles issues d’une reconstitution ou d’une vision.

     
    • walkfredjay

      16 septembre 2014 at 17 h 32 min

      Il y a les films « datés » et ceux qui ont vieilli. Pour rester en France, « RAZZIA SUR LA CHNOUF », « MORT D’UN POURRI » ou « SÉRIE NOIRE » sont bien ancrés dans leur époque, mais n’ont pas vieilli, par exemple. Ils se regardent avec plaisir, sans qu’on ait à faire un effort d’adaptation.

       
  5. mjfb

    17 septembre 2014 at 13 h 00 min

    Tout à fait d’accord car le fait d’utiliser le réel comme décor n’empêche pas de créer une atmosphère et c’est bien là une qualité importante qui permettra au film de ne pas faire daté quelques décennies plus tard.

     

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