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« LA SALAMANDRE » (1981)

19 Oct
FRANCO NERO

FRANCO NERO

L’autrichien Peter Zinner fut le monteur magistral des « PROFESSIONNELS » de Brooks, des deux premiers « PARRAIN » de Coppola et de « VOYAGE AU BOUT DE L’ENFER » de Cimino. Il ne s’essaya qu’une fois à la réalisation avec le pudding multinational qu’est « LA SALAMANDRE », tiré d’un best-seller et comprit sans doute que ce n’était pas « son truc ».SALAM

Sur un sujet potentiellement passionnant, adapté par rien moins que Rod Serling, l’homme de la « TWILIGHT ZONE » (la préparation d’un coup d’état fasciste en Italie) réminiscent de « 7 JOURS EN MAI », le film ressemble à un long épisode de la série « LA PIOVRA » : photo ingrate, musique inadéquate, bavardages incessants. Sans compter bien sûr un casting aberrant, véritable Tour de Babel réunissant Django, Zorba, Tuco et Dracula sous une même bannière.

Le film suit l’enquête fastidieuse à la suite d’une série de meurtres, d’un capitaine incorruptible (Franco Nero avec une petite moustache de gendarme), protégé par un mystérieux potentat (Anthony Quinn). Lui-même traqué par de puissants ennemis, Nero démasquera finalement les comploteurs. On le voit, rien de palpitant et on est bien loin du point-de-vue d’un Francesco Rosi par exemple. Ici, la narration et l’esthétique sont purement télévisuelles et on s’ennuie ferme au bout d’une demi-heure. On notera quelques énormes fautes de goût comme ce tortionnaire joué par Paul L. Smith, sosie de Bud Spencer, surjoué comme un méchant dans un vieux Laurel & Hardy.

À part ça, on passe le temps à compter les stars sous-employées comme Eli Wallach en général félon, Claudia Cardinale qui passe en voisine dans le rôle de sa femme, Christopher Lee en supérieur de Nero dont on s’étonne qu’il n’ait pas le mot « traître » tatoué sur le front, la pulpeuse Sybil Danning en call-girl amoureuse de notre héros ou ce cher Martin Balsam en coéquipier juif. De cette belle brochette, seul émerge Quinn d’une classe folle dans son rôle de tireur de ficelles omnipotent.

ELI WALLACH, CLAUDIA CARDINALE, ANTHONY QUINN, CHRISTOPHER LEE ET FRANCO NERO

ELI WALLACH, CLAUDIA CARDINALE, ANTHONY QUINN, CHRISTOPHER LEE ET FRANCO NERO

« LA SALAMANDRE » est vraiment une drôle de chose, qui aurait probablement mérité un traitement plus sérieux et moins clinquant. Seul le plaisir de voir de vieilles gloires jouer ensemble pour la première fois, en justifie encore la vision.

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6 réponses à “« LA SALAMANDRE » (1981)

  1. Patrick

    19 octobre 2014 at 14 h 55 min

    Effectivement c’est un film qui vaut le coup d’œil uniquement pour son casting.

     
  2. Askel

    19 octobre 2014 at 15 h 03 min

    Je suis tombé une fois dessus à la télé, pendant la scène de l’interrogatoire où Franco Nero arrive à se libérer et saute cul nul sur son tortionnaire au ralenti… J’ai vite zappé… ^^

     
  3. lemmy

    19 octobre 2014 at 18 h 00 min

    Vu le commentaire d’Askel, je me demande quel est ce film. Mais bon, si Wallach joue un félon…

     
    • walkfredjay

      19 octobre 2014 at 18 h 13 min

      Oui, un film où Eli joue un félon ne peut pas être totalement mauvais… 🙂

       
  4. Marc Provencher

    19 octobre 2014 at 18 h 14 min

    La révolte gronde ! L’heure du showdown approche (dans un long ralenti parsemé de flashes-back, comme dans un classique de Sergio Confuzione) ! Pourquoi donc ? Parce que j’aurais aimé LA SALAMANDRE? Bien sûr que non ; je l’ai toujours fuie avec succès ; il n’y avait que le téméraire WalkFredJay pour se lancer dans cette aventure. Mais bien plutôt parce que…

    …«le film ressemble à un long épisode de la série « LA PIOVRA » : photo ingrate, musique inadéquate, bavardages incessants.»

    Clic. (Bruit que ça fait quand j’enlève le cran de sûreté de mon sabre).

    Je n’ai vu pour le moment que les deux premières saisons de LA PIOVRA. J’adore la musique de Morricone (qui rempile seulement à compter de la deuxième saison il est vrai), j’aime même la photographie granuleuse et sans apprêts, au contraire des chichis léchés des 80s, et je bois comme du petit lait les dialogues de Ennio De Concini, bourrés de sous-entendus menaçants, même si le scénariste a le pied un peu pesant au début de la saison 2 avec la descente aux enfers du commissaire Cattani.

    Alors gringo, je peux voir tes yeux ?

     
    • walkfredjay

      19 octobre 2014 at 18 h 22 min

      J’entends ta remontrance, ami Marc. Mais souviens-toi que « LA PIOVRA » (que j’apprécie aussi) fut tourné pour la télé et qu’à l’époque, les téléfilms étaient esthétiquement ingrats et les budgets serrés. « LA SALAMANDRE » ayant bénéficié d’un gros tas de lires et de dollars, on peut se montrer boudeur devant le résultat. Là c’est censé être du cinéma…

      Maintenant, écoute bien la musique de mon carillon. Quand elle s’arrêtera, dégaine.

      (preuve de ma bonne foi) :

      http://wild-wild-western.over-blog.com/article-la-piovra-1984-116876778.html

       

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