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« HERCULE » (2014)

14 Nov

HERCULE2Qui aurait pu prédire qu’un jour on ressortirait content de la projection d’un film signé Brett Ratner ? C’est pourtant chose faite avec « HERCULE », un péplum énergique et bien conçu qui revitalise le héros de la mythologie avec humour et finesse. Oui, finesse !

Le scénario, tiré d’un comics-book, est un habile mélange de « CONAN LE BARBARE », « LES 7 MERCENAIRES » (une séquence entière est même un clin d’œil direct au film de Sturges) et « GLADIATOR ». Mais c’est l’idée même du film qui séduit : d’abord montrer que le « fils-de-Zeus » n’est en réalité qu’un mercenaire particulièrement costaud mais tout à fait humain et terre-à-terre, puis le hisser par la force des événements à la hauteur de sa propre légende. Tout élément « fantastique » est soigneusement démonté et ramené à une vision plus pragmatique (les centaures, l’hydre, etc.), évitant ainsi le kitsch et le ridicule inhérents au genre.

Hercule est donc un jumeau barbu de Conan et Dwayne Johnson en est une incarnation idéale, d’une présence physique épatante, comme un morphing vivant de Schwarzenegger et Bud Spencer. À ses côtés, le gratin du cinéma anglais : John Hurt en souverain fourbe, Peter Mullan en général félon, Ian McShane hilarant en devin peu fiable et Rufus Sewell parfait dans un personnage-hommage à Brad Dexter dans « LES 7 MERCENAIRES ». Sans oublier Ingrid Bolsø Berdal, l’héroïne de « COLD PREY », en amazone dure-à-cuire.

DWAYNE JOHNSON ET INGRID

DWAYNE JOHNSON ET INGRID BOLSO BERDAL

On ne s’ennuie pas une seconde, les séquences de bataille – un brin trop étirées – sont extrêmement bien menées, les personnages sont tous intéressants sans céder au cliché facile et la photo du grand Dante Spinotti donne un surplus de classe à l’ensemble. Donc il faut oublier la méfiance naturelle qu’inspire le nom du réalisateur et se laisser faire par cet « HERCULE » très honorable qui permet de s’évader sans arrière-pensée pendant une centaine de minutes. Et ça, par les temps qui courent…

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3 réponses à “« HERCULE » (2014)

  1. lemmy

    14 novembre 2014 at 17 h 43 min

    Eh beh… Je reste sans voix. moi qui aime bien voir ce genre de conneries, je veux dire de films, au cinéma, j’avoue que la bande annonce très longue et atroce m’en avait dissuadé. La bande annonce semblait montrer les 12 exploits d’Hercule, mais à te lire je m’aperçois qu’elle ne représentait pas le film, ces séquences étant probablement des fantaisies.

    J’aime comment tu décris le morphing The rock.

     
    • walkfredjay

      14 novembre 2014 at 17 h 51 min

      Les 12 travaux sont expédiés pendant le générique et surtout comme des « bobards » enjolivés par le neveu d’Hercule qui entretient le mythe. C’est tout le charme et l’intérêt du film…

      Ce n’est pas une merveille certes, mais c’est très regardable.

       
  2. Marc Provencher

    13 juin 2017 at 14 h 16 min

    Parmi les particularités, il y a aussi que Hercule n’est pas seul, mais à la tête d’un solide commando. Et signe de notre époque: parmi sa petite troupe d’élite, il y a un conteur. Hommage à la littérature, à Homère ou Euripide ? Que non pas : mais à la pub, pardi ! Un héros ne se déplace jamais sans son spécialiste de l’image-marketing. Quelqu’un le dit d’ailleurs dans le dialogue: cette histoire du « fils de Zeus » sert à démoraliser les troupes ennemies.

    En tout cas je me suis bien amusé et « The Rock » y est tellement à sa place que ça donne envie de le tester, toujours dans son rôle d’Hercule, mais pour une adaptation des ‘GRENOUILLES’ d’Aristophane. Qu’a-t-on à perdre à lui faire faire un bout d’essai, mmh ? Tout ce qu’il a à dire, c’est : « Oh ! ». Dans cette scène, Dionysos – dieu des arts mais aussi des intellos et donc un pleutre fini – vient solliciter Hercule parce qu’il a besoin de lui pour descendre aux Enfers ; et dans ce but, il arrive à la porte d’Hercule déguisé en centaure. Nous, dans la salle, on voit bien que c’est ce peureux de Dionysos tout mal grimé ; mais de l’autre côté de la porte, Hercule croit avoir à faire à un vrai centaure (car Dionysos tambourine à sa porte avec la massue typique des centaures) et il fait : « Oh! »

    Aristophane, c’est vraiment à se tordre.

     

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