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« L’ANTRE DE LA FOLIE » (1994)

12 Jan

ANTRE2Rares sont les films qui ont su intelligemment parler de l’acte d’écrire sans sombrer dans l’hermétisme ou l’introspection narcissique. On peut citer des œuvres aussi différentes que « PROVIDENCE », « SHINING » ou « BARTON FINK ». John Carpenter opte pour une approche très ‘pulp fiction’ pour aborder le sujet.

« L’ANTRE DE LA FOLIE » est une série B qui – à notre grand regret – a mal vieilli. Le scénario qui démarre très bien s’embourbe rapidement dans sa construction en poupées-gigognes et tourne en rond dès l’arrivée à Hobb’s End pour ne plus redémarrer. Les F/X horrifiques sont complètement obsolètes et provoquent souvent le rire plutôt que l’effroi. Quant au dialogue, il est d’une platitude décourageante et aligne les lieux-communs du genre. Alors pourquoi le film garde-t-il malgré tout un charme certain ? D’abord grâce au ton semi-parodique utilisé par Carpenter, qui semble prouver qu’il n’est pas dupe un instant des absurdités qu’il filme. C’est très sensible dans le jeu pince-sans-rire tout à fait délectable de Sam Neill, excellent dans un rôle d’enquêteur cynique entraîné dans l’imaginaire sans fond d’un romancier. L’acteur aide à traverser ce film inégal et bancal et son fou-rire final, alors qu’il visionne dans une salle de cinéma déserte, le film… qu’on vient de voir, désamorce le discours tout de même un brin prétentieux d’un scénario qui n’a pas les moyens de ses ambitions. Là, pour le coup, voir le héros d’un film éclater de rire devant ses propres aventures, c’est une belle mise en abyme !

SAM NEILL, BERNIE CASEY, CONRAD BERGSCHNEIDER ET CHARLTON HESTON

SAM NEILL, BERNIE CASEY, CONRAD BERGSCHNEIDER ET CHARLTON HESTON

On peut prendre « L’ANTRE DE LA FOLIE » comme un hommage maladroit à H.P. Lovecraft, dont on retrouve les créatures visqueuses de « Grands Anciens », on oubliera la faiblesse d’acteurs comme Jürgen Prochnow ou Julie Carmen pas à leur place et s’étonner du tout petit rôle dénué d’intérêt de Charlton Heston, en éditeur vaguement ronchon.

Une scène à retenir ? L’attaque du fou furieux à la hache au début, très bien mise en scène et assez saisissante.

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15 réponses à “« L’ANTRE DE LA FOLIE » (1994)

  1. Seb

    12 janvier 2015 at 10 h 43 min

    Chef-d’oeuvre absolu en ce qui me concerne. J’ai du mal à voir en quoi il a vieilli…

     
    • walkfredjay

      12 janvier 2015 at 10 h 53 min

      L’imagerie horrifique un peu cheap, le scénario bâclé, les comédiens inégaux, le rythme…

      Mais je le répète toujours, Seb : c’est un ressenti personnel. Et j’adorais moi aussi ce film jusqu’à présent. Maintenant, est-ce que ce sont les films qui vieillissent ou… nous-mêmes ? THAT is the question. 🙂

      (tu es le bienvenu pour poster ta contre-critique, bien évidemment)

       
      • Marc Provencher

        12 janvier 2015 at 17 h 17 min

        «C’est un ressenti personnel.»

        Oui, tu fais bien de préciser que c’est un sentiment personnel. Tu sais qu’on rapporte une série de disparitions mystérieuses parmi les blogueurs ayant dit du mal de ‘IN THE MOUTH OF MADNESS’ ? Certains – certains seulement – ont réapparu, mais dans un état… ! Je ne veux pas influencer ton ressenti, mais à ta place, je publierais vite un rectificatif avant qu’il soit trop tard…

         
      • walkfredjay

        12 janvier 2015 at 17 h 22 min

        J’ai passé un deal avec les Grands Anciens. 🙂

         
      • Seb

        12 janvier 2015 at 18 h 27 min

        Il y a quelques effets un peu « carton-pâte » c’est vrai mais ils ne m’ont jamais gêné, au contraire ils contribuent à l’imagerie assez abstraite du film que je trouve par ailleurs passionnante. Beaucoup de films d’horreur vieillissent pour des raisons plus ou moins différentes (esthétiques, thématiques, etc.), pas celui-là à mon avis. C’est vraiment le sommet de Carpenter pour moi, le film où il est en pleine possession de ses moyens (même si Halloween, The Thing et Le Prince des Ténèbres lui font sérieusement concurrence) d’autant qu’il ne signera à peu près plus que des commandes par la suite et s’en exécutera rarement avec les honneurs.

        Rien que le générique d’intro dans l’imprimerie sur fond de rock bien gras à la AC/DC me file des frissons… 😎

         
      • walkfredjay

        12 janvier 2015 at 18 h 35 min

        Ah, mais j’aime beaucoup la première partie. Jusqu’à l’arrivée dans la petite ville… Et puis j’ai trouvé Prochnow imbuvable.

         
      • Seb

        12 janvier 2015 at 20 h 25 min

        Mais non, mais non… 😉

         
      • walkfredjay

        12 janvier 2015 at 20 h 32 min

        Je dois faire une allergie aux brushings auburn, alors… 😀

         
  2. Val

    12 janvier 2015 at 18 h 49 min

    J’avoue que, du début à la fin, je n’ai pratiquement rien compris à ce film… Mais, bon, je le reverrais un jour pour essayer de me faire une opinion… Mais ce ne sera pas pour tout de suite !
    😦

     
  3. Kinskiklaus

    28 janvier 2017 at 13 h 13 min

    Je vais faire semblant de ne pas avoir lu cette chronique négative sur l’un de mes films préférés. Non, je ne l’ai pas lue…
    Au fait, à propos de Charlton Heston, je suis étonné de ne pas trouver d’article à propos de « Will Penny ». Tu n’apprécies pas ce film ?

     
    • walkfredjay

      28 janvier 2017 at 13 h 54 min

      Jette cette chronique impie dans la poubelle de ta mémoire vive et reprends une vie normale, Kinskiklaus… 😉

      J’adore « WILL PENNY », je pense même que c’est le meilleur rôle de Heston. Mais étonnamment, il n’est pas sur la pile. Pas encore…

       
  4. Kinskiklaus

    28 janvier 2017 at 14 h 31 min

    L’un de mes films d’Heston préférés également. Avec le toujours magistral Donald Pleasence.

     
    • walkfredjay

      28 janvier 2017 at 15 h 03 min

      Et la fabuleuse et méconnue Joan Hackett.

       
  5. Kinskiklaus

    28 janvier 2017 at 15 h 20 min

    Oui, fabuleuse et très mignonne Joan Hackett, malheureusement disparue prématurément à même pas cinquante ans. Sans oublier le très falot débutant Lee Majors. « Will Penny » demeure un film relativement méconnu mais dont je ne me lasse pas.

     
  6. Kinskiklaus

    28 janvier 2017 at 15 h 28 min

    J’avais complètement oublié la présence de Joan Hackett dans le bancal mais hilarant « Ne tirez pas sur le shérif ». J’adore ce film complètement décalé. C’est d’ailleurs ta chronique qui m’avait donné envie de le découvrir.
    http://wild-wild-western.over-blog.com/article-ne-tirez-pas-sur-le-sheriff-1968-54981133.html

     

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