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« THE TWO FACES OF JANUARY » (2014)

01 Avr

2 FACESPremier film d’un scénariste réputé (« DRIVE »), « THE TWO FACES OF JANUARY » porte la griffe de Patricia Highsmith auteur du roman original. Le scénario offre d’ailleurs de nombreuses similitudes avec « PLEIN SOLEIL » et s’appuie davantage sur l’interaction entre les protagonistes que sur les coups de théâtre.

Entièrement focalisé sur trois Américains en villégiature en Grèce : un couple de vacanciers (Viggo Mortensen et Kirsten Dunst) et un jeune guide exilé (Oscar Isaac) bien décidé à les dépouiller, le film décrit la progressive descente aux enfers de ces personnages en danger permanent et prompts à s’entredévorer.

La photo extrêmement subtile capte parfaitement l’ambiance des îles grecques et aussi des années 60, sans céder à la reconstitution facile. Et c’est dans une atmosphère féérique que la mort vient frapper quand on s’y attend le moins. Mais au-delà du suspense qui charpente l’ensemble, c’est surtout l’étrange rapport père-fils entre les deux hommes qui fascine et maintient l’intérêt. Une relation complexe et ambiguë, faite d’admiration, de haine, de déception, de jalousie morbide et finalement d’acceptation d’une filiation étrange mais réelle.

Mortensen est très bien dans ce rôle d’escroc qui se fait d’abord passer pour un touriste naïf et porté sur le whisky, pour révéler peu à peu sa dangerosité. Le genre de personnage qu’aurait certainement joué Christopher Walken, vingt ans plus tôt. Face à lui, Isaac donne une belle texture à son voleur un peu minable, entraîné dans un engrenage trop gros pour lui. Kirsten Dunst s’efface un peu derrière les deux hommes dans un rôle sous-écrit.

OSCAR ISAAC, KIRSTEN DUNST ET VIGGO MORTENSEN

OSCAR ISAAC, KIRSTEN DUNST ET VIGGO MORTENSEN

Sans être un chef-d’œuvre ou une révélation, « THE TWO FACES OF JANUARY » se laisse regarder avec plaisir et sans ennui et laisse le souvenir de lumineuses vacances en enfer.

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3 réponses à “« THE TWO FACES OF JANUARY » (2014)

  1. Marc Provencher

    1 avril 2015 at 6 h 48 min

    Bon ! Enfin un nouveau film adapté de Patricia Highsmith ! Ah, quelle attente interminable depuis… 2009 (année du très moyen CRY OF THE OWL). Blague à part, il en pleut du Highsmith. Deux autres films vont sortir sur les écrans sous peu (CAROL avec Cate Blanchett est dans la boîte et THE BLUNDERER est en cours de tournage). De Hitchock à Wim Wenders en passant par trois Claude (Autant-Lara, Miller et Chabrol), ses romans policiers à l’imaginaire vénéneux, qui explorent avec minutie le versant le plus sombre de l’âme humaine, ont généreusement nourri le cinéma. Et chose incroyable, il existe même une adaptation – télévisée, en langue catalane, en 1995 – de ‘LITTLES TALES OF MISOGYNY’, recueil de courtes nouvelles d’humour noir que je n’avais jamais imaginées en version audiovisuelle. (Début de la première histoire: «Il était une fois un jeune homme qui demanda la main d’une jeune fille. Il la reçut – sa main gauche – dans une boîte.» Vous voyez le genre. D’ailleurs l’édition française ‘TOUTES À TUER’ est illustrée par Topor).

    Enfin bref, grand fan de Highsmith, je vais me précipiter sur ‘LES DEUX VISAGES DE JANVIER’, même si je me doute bien que les redoutables traducteurs français de titres vont plutôt appeler ça ‘LES CINQ OMOPLATES DE JUILLET’ ou peut-être ‘JANVIER NE RÉPOND PLUS’.

     
    • Marc Provencher

      1 avril 2015 at 6 h 50 min

      Ça alors, j’ai oublié d’énumérer René Clément, à qui on doit la meilleure adaptation avec ‘PLEIN SOLEIL’ !

       
  2. JICOP

    26 mai 2017 at 19 h 25 min

    Premier film du scenariste de  » Drive  » , ouais bon il ne s’etait pas foule pour ce film sur-estime a l’exces … passons .
    En ce qui concerne ce  » two faces … » , c’est un thriller veneneux au rythme fluctuant mais assez accrocheur tant on devine que les personnages vont au devant d’un paquet d’emmerdements .
    Il y a effectivement du  » Plein soleil  » dans ce film , mais aussi un zeste du  » the au Sahara  » de Bertolucci dans la facon dont les protagonistes s’ egarent au propre comme au figure dans ce pays inconnu accable de soleil .
    Un charme indeniable , des profils psychologiques fouilles meme si la mise en scene est un peu plan-plan .
    A voir .

     

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