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« BELLO, ONESTO, EMIGRATO AUSTRALIA SPOSEREBBE COMPAESANA ILLIBATA » (1971)

21 Juin
CLAUDIA CARDINALE ET ALBERTO SORDI

CLAUDIA CARDINALE ET ALBERTO SORDI

« BELLO, ONESTO, EMIGRATO AUSTRALIA SPOSEREBBE COMPAESANA ILLIBATA » (ouf !) est une comédie all’italiana délocalisée en Australie, qui tient à la fois du vaudeville, du mélodrame et du ‘road movie’. Et c’est – contre toute attente – une charmante réussite.BELLO3

L’éclectique Luigi Zampa décrit une situation ultra-spécifique : la misère sexuelle des émigrés italiens dans les petites cités minières australiennes. Alberto Sordi, sympathique porte-poisse épileptique et vieux garçon fait venir d’Italie une belle prostituée (ça, il ne le sait pas) jouée par Claudia Cardinale et se fait passer pour le meilleur ami du fiancé, la jugeant « trop belle pour lui », comme dirait Bertrand Blier. S’ensuit un long trajet à travers le bush, la jungle, en voiture, à pied, en train, où il espère la conquérir et lui avouer sa véritable identité.

C’est simple, constamment en mouvement, drôle et triste à la fois. Sordi est génial jouant dans une même situation du gros comique et du pathos, avec une facilité déconcertante. Son ‘Amadeo’ est incroyablement attachant, pathétique et naïf. Il arbore un sourire benêt à la Stan Laurel et fait durer le malentendu de départ au-delà du raisonnable. Cardinale, sexy à damner un saint dans ses petites robes courtes, n’a peut-être jamais été aussi animée que dans ce rôle de fille des rues illettrée mais maniant le cran d’arrêt en professionnelle. Avec son sourire radieux, ses colères dévastatrices, elle offre un parfait contrepoids à Sordi et leur tandem est un bonheur à contempler.

C’est un très joli film sur les laissés-pour-compte, sur les rencontres improbables qui peuvent changer une existence, sur l’amour qui – comme au cinéma – triomphe de tout. Et quand à la fin, le couple impensable arrive dans sa bicoque au milieu de nulle part, on a envie d’applaudir comme s’ils avaient débarqué à Xanadu. Un film très méconnu à découvrir absolument.

Ah oui ! Le titre signifie : « BEAU, HONNÊTE, ÉMIGRÉ EN AUSTRALIE, ÉPOUSERAIT UNE COMPATRIOTE VIERGE » !

ALBERTO SORDI ET CLAUDIA CARDINALE

ALBERTO SORDI ET CLAUDIA CARDINALE

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12 réponses à “« BELLO, ONESTO, EMIGRATO AUSTRALIA SPOSEREBBE COMPAESANA ILLIBATA » (1971)

  1. Seb

    21 juin 2015 at 8 h 24 min

    Il me le faut !

     
    • walkfredjay

      21 juin 2015 at 8 h 34 min

      Je le crains…

       
      • Seb

        21 juin 2015 at 8 h 40 min

        Ma… ma… non ci sono sottotitoli in francese o in inglese?

         
      • walkfredjay

        21 juin 2015 at 8 h 44 min

        Non. Mais c’est très compréhensible, il y a pas mal de répliques en anglais (Australie oblige). Et de toute façon on n’a pas trop le choix, je serais très surpris que ce film déjà ancien arrive un jour sur nos côtes. Mais qui sait ?

         
      • Seb

        21 juin 2015 at 9 h 06 min

        C’est vrai que les éditeurs francophones sont d’ordinaire plutôt frileux quand il s’agit de sortir des titres transalpins. Combien de Campanile, de Lattuada ou de Freda mériteraient d’atteindre nos frontières ?

         
  2. Marc Provencher

    21 juin 2015 at 12 h 14 min

    Dans son album ‘LA COMÉDIE ITALIENNE’ (1983), Jean Gili – un des rarissimes critiques français ou italiens qui ont aimé ces films au présent de l’indicatif, et non rétrospectivement – décrit ‘BELLO, ONESTO…’ comme «le dernier bon Zampa». Et pour répondre à Seb, les éditeurs français peuvent aussi bien te sortir sur DVD demain matin le moins bon Zampa ou le meilleur: c’est le règne de l’arbitraire, une vraie loterie. Alors pour les trois réalisateurs que tu nommes, Lattuada, Festa Campanile, Freda, qui ont en commun d’être très inégaux, il faut se croiser les doigts, non seulement pour que les films sortent, mais surtout prier pour que ce soient les bons qui sortent. C’est ça qui est particulièrement frustrant.

     
  3. Seb

    21 juin 2015 at 19 h 34 min

    Inégaux mais passionnants. 😉

     
    • Marc Provencher

      21 juin 2015 at 20 h 07 min

      Passionnants, à condition de savoir lesquels. Ce que je veux dire, c’est que plusieurs daubes de Festa Campanile, roi de la série B à Z, sont sorties alors qu’on attend toujours son meilleur film, ‘LE LARRON’, ou d’autres comme ‘LA GRANDE BAGARRE’. (Par contre, je signale que  »MA FEMME EST UN VIOLON’, farce de cul inventive et enlevée avec Laura Antonelli, est sorti !) Certains des moins bons Risi sont sortis sur DVD (‘JE SUIS PHOTOGÉNIQUE’, ‘LE BON ROI DAGOBERT’) alors qu’on attend toujours des Risi ô combien meilleurs (‘LA MARCHE SUR ROME’. ‘LE GAUCHO’, LA FEMME DU PRÊTRE’). C’est comme si les éditeurs ne connaissaient pas ça, qu’ils y allaient au petit bonheur la chance. La comparaison avec l’édition sur DVD de films japonais est criante : là, les gens connaissaient vraiment leur affaire, et ils ont sorti D’ABORD, triés sur le volet, les meilleurs Misumi, les meilleurs Okamoto, les meilleurs Gosha, etc, et ensuite quelques autres. Comme on dit en chinois, first things first, damn it ! Il faut savoir être sélectif sinon tout se met à goûter le carton bouilli.

       
      • walkfredjay

        21 juin 2015 at 20 h 25 min

        Pour ce qui est des films italiens, j’ai l’impression que plus que des films en particulier, les éditeurs achètent des catalogues au hasard et sortent ce qu’ils ont sous la main. Ils repèrent un acteur ou une actrice connue au générique, les mettent en avant et ne visionnent probablement même pas les films. Pas toujours bien sûr… Mais souvent.
        Ce qui explique certaines aberrations dans les choix de sortie, les jaquettes (dont nous nous délectons ici), les copies parfois.

         
      • Seb

        21 juin 2015 at 23 h 55 min

        Eh bien moi je ne serais pas contre une intégrale Lattuada ou Campanile… histoire d’avoir le plaisir de tomber sur de (possibles) petites pépites méconnues qui ne figurent pas forcément parmi les grands titres cités par les spécialistes. C’est un peu utopique mais on a le droit de rêver, non ? Cela dit, je ne nie pas que tous ces lascars ont fait leur lot de « turkeys » et dans le cas de Freda notamment, les éditeurs français ont jusque-là été assez fortiches pour sortir à peu près tous les films les moins intéressants du cinéaste. Quid de son Beatrice Cenci (autrement plus réussi que le Fulci) ou du très beau Le Cavalier Mystérieux par exemple ?

         
  4. Marc Provencher

    16 mars 2016 at 18 h 23 min

    J’ai « vu » ce film jadis et naguère, sur un VHS fatigué en italien seulement, fait à partir d’une pellicule encore plus fatiguée et pâlie, destiné au marché des Italo-Québécois. J’avais trouvé ce Zampa en marchant à quatre pattes entre les rayons de Ital Video Disco, sur Jean-Talon Est, avec un cri de triomphe qui a fait sursauter la malheureuse préposée). Faut vraiment être maniaque pour voir un film dans de tells conditions : et pourtant, je ne suis pas près, pas près du tout, d’oublier la scène où Sordi a sa crise d’épilepsie. Ça alors ! C’est vraiment la seule sorte de comédie où on peut tomber sur une scène à glacer le sang comme celle-là.

     
  5. Patrick

    17 avril 2017 at 15 h 55 min

    Une agréable comédie avec 2 acteurs inspiré(e)s.

     

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