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« ENFANT 44 » (2015)

31 Août

44« ENFANT 44 » est adapté d’un roman lui-même inspiré de faits réels – à savoir, les méfaits d’un tueur d’enfants dans l’URSS des années 50. Les mêmes événements ont déjà donné lieu à un téléfilm HBO : « CITIZEN X » (1995) et à un film italien « EVILENKO » (2004), tous deux chroniqués sur « BDW2 ».

Doté d’un casting d’exception et de moyens visiblement confortables, « ENFANT 44 » pâtit d’emblée d’un scénario confus et inutilement compliqué, de sous-intrigues qui s’avèrent inutiles (l’enfance du flic) ou générant de gros « comme par hasard » pas nécessaires (le serial killer révélant au flic qu’ils se sont connus à l’orphelinat). On sent que le matériau d’origine – à savoir le roman – n’a pas été suffisamment élagué. L’enquête policière menée par Tom Hardy, policier déchu, a du mal à émerger comme l’intrigue principale et on s’intéresse davantage à la relation complexe du même Hardy avec sa femme Noomi Rapace qui va apprendre à l’aimer après des années de mariage construites sur un malentendu. Le sentiment de confusion est de plus accentué par une photo excessivement sombre et monochrome, assez fatigante à la longue.

Dans la colonne des points positifs, on s’incline devant le choix audacieux de faire parler tous les acteurs en anglais avec l’accent russe. Cela a au moins l’avantage du dépaysement et d’homogénéiser les accents d’une distribution multinationale. Et puis décors et costumes sont d’une remarquable justesse, plongeant dans une ambiance de cauchemar paranoïaque très réussie.

Le caméléon Hardy est une fois de plus parfait en enquêteur brut-de-pomme mais sensible et intuitif. Noomi Rapace a rarement été plus jolie et touchante. Joel Kinnaman est excellent en officier lâche et abject, Gary Oldman impeccable en général moins borné qu’il n’en a l’air. On se demande un peu ce qu’est venu faire là Vincent Cassel, qui ne fait que passer en colonel menaçant (rôle coupé au montage ?).

TOM HARDY ET NOOMI RAPACE

TOM HARDY ET NOOMI RAPACE

Long et prenant son temps, « ENFANT 44 » n’a rien d’un échec. Il est même passionnant par moments. On pense parfois à un « GORKY PARK » artificiellement dynamisé par des scènes d’action et de bagarres plaquées çà et là et d’ailleurs rendues à peine lisibles par un montage hystérique. Mais pour l’ambiance, les comédiens et quelques jolis morceaux de suspense, on peut se laisser faire. C’est sûrement plus passionnant si on n’a pas déjà vu les deux précédentes versions citées plus haut !

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6 réponses à “« ENFANT 44 » (2015)

  1. Marc Provencher

    1 septembre 2015 at 19 h 17 min

    «On se demande un peu ce qu’est venu faire là Vincent Cassel. »

    Bon. Mais d’après moi, même si un acteur français est impliqué dans le projet, ça peut être un bon film quand même. 😉

     
    • walkfredjay

      1 septembre 2015 at 19 h 27 min

      J’admets n’être pas un grand fan du monsieur. Mais il m’arrive d’apprécier des acteurs français… Même des jeunots comme Gabin ou Ventura. Alors, tu vois ?

       
      • Marc Provencher

        1 septembre 2015 at 21 h 10 min

        Me voilà pleinement rassuré. Des jeunots comme Gabin ou Ventura, passe encore, même si c’est avec un certain sans-gêne qu’ils prennent la place de VRAIS acteurs français comme Raimu ou Charpin. Bon. Mais tant que tu ne vas pas jusqu’à jeter un œil à, disons, François Cluzet en escroc pris à son propre jeu dans ‘À L’ORIGINE’ – un film qui commence à dater de quelques années depuis le temps que je te recommande de ne surtout pas le voir – tout va bien !

         
      • walkfredjay

        1 septembre 2015 at 21 h 16 min

        Bon… Bon…

        J’aime Eva Green, aussi ! 😉

         
  2. Marc Provencher

    2 septembre 2015 at 3 h 04 min

    « C’est sûrement plus passionnant si on n’a pas déjà vu les deux précédentes versions citées plus haut ! »

    Pour en revenir au film lui-même – soyons sérieux, pour une fois – je trouve quand même étrange de faire un troisième film sur le même tueur en série. Je n’ai vu que lle premier des deux autres, et malgré des moyens relativement modestes, ‘CITIZEN X’ était passionnant de bout en bout, particulièrement grâce à Stephen Rea dans ce rôle de limier russe qui n’abandonne jamais. Sutherland aussi était super. Au fond, plus j’aime un film, moins j’aime qu’on le refasse. Mais peu importe les films, cette histoire vraie, qui fait aujourd’hui partie des annales de la criminologie, est aussi terrifiante que passionnante. Quelle injustice qu’un policier lancé aux trousses d’un tueur aussi dangereux ait dû, en plus, composer avec les vicissitudes du totalitarisme soviétique. Comme s’il n’en avait pas assez sur les bras à traquer son fou furieux !

     
  3. Marc Provencher

    2 septembre 2015 at 3 h 26 min

    P.S. Je constate, en revanche, qu’un seul film a été consacré à cette tueuse en série de l’ère fasciste surnommée «La saponificatrice di Correggio». C’est un film de Mauro Bolognini avec Shelley Winters. Je dis ça comme ça.

     

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