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Archives Mensuelles: août 2015

« LES BRUTES DANS LA VILLE » (1971)

TELLY SAVALAS

TELLY SAVALAS

Coproduction anglo-hispano-américaine réalisée en pleine vogue du ‘spaghetti western’, « LES BRUTES DANS LA VILLE » tente très manifestement de rivaliser avec les Italiens. Hélas, même s’il fut un précurseur du genre avec son magnifique « AVENTURIER DU RIO GRANDE » en 1959, Robert Parrish ne se sort pas d’un scénario proprement hallucinant, à la limite de l’expérimental. Une sorte de fable absconse et théâtrale sur l’âme de la révolution, le fascisme, avec quelques relents de fantastique.BRUTES

En visionnant le film, on a parfois la sensation que l’équipe de montage a inversé les bobines, qu’ils ont collé par erreur une musique épouvantable en attendant mieux et carrément oublié de mixer le tout. Tout se déroule dans une ville mexicaine tenue par ses bandidos. On y croise un prêtre taiseux, une femme circulant en corbillard et dormant dans un cercueil, un chef de bande chauve et constamment torse-nu… On n’y comprend rigoureusement RIEN, tout le monde se traîne avec un air morose, les acteurs enduits de fond-de-teint luisant remplissent leur contrat sans se fatiguer et les (longs) flash-backs sont aussi hideusement filmés que parfaitement inutiles. En gros, tout le monde et pour diverses raisons, recherche un certain ‘Aguila’ qui en fin de compte n’existe peut-être pas. Nous voilà bien avancés !

En révolutionnaire sanguinaire entré dans les ordres, Robert Shaw s’accommode d’un rôle passif et illogique. Telly Savalas est divertissant en hors-la-loi sadique mais disparaît hélas, trop vite. Martin Landau semble s’amuser en colonel au sourire plein de dents et Stella Stevens ne fait pas grand-chose de son personnage de « veuve noire » fantomatique. L’inévitable Aldo Sambrell vient cabotiner quelques secondes pour notre vif plaisir. On reconnaît – à grand-peine – Al Lettieri en lieutenant ambitieux de Savalas aux dents sales et Fernando Rey en vieillard aveugle qui passe tout le film les yeux fermés. Parmi les figurants, on repère une grosse femme qui à chacune de ses apparitions à l’arrière-plan, pétrit les mêmes tortillas ! Ce qu’il y a de plus (involontairement) drôle dans le film !

« LES BRUTES DANS LA VILLE » est une grosse cata à peine croyable. À se demander comment un tel scénario a pu réunir autant de gens talentueux pour ce tournage qu’on devine surréaliste en Espagne… À voir pour le croire.

À noter, pour l’anecdote : dans la scène où Lettieri se met à tirer (inexplicablement) sur Savalas, il lui fait sauter d’une balle l’index de la main gauche. Le pauvre Telly fixe alors sa main mutilée avant de se prendre d’autres bastos. En fait, le réalisateur a profité d’un authentique « signe particulier » de son acteur, qui avait réellement l’index gauche atrophié.

ROBERT SHAW, STELLA STEVENS, FERNANDO REY ET MARTIN LANDAU

ROBERT SHAW, STELLA STEVENS, FERNANDO REY ET MARTIN LANDAU

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HAPPY BIRTHDAY, BARRY !

BARRY SULLIVAN (1912-1994), VEDETTE DE TV ET DE SÉRIES B DES ANNÉES 50, REVENU ENSUITE AUX SECONDS RÔLES.

BARRY SULLIVAN (1912-1994), VEDETTE DE TV ET DE SÉRIES B DES ANNÉES 50, REVENU ENSUITE AUX SECONDS RÔLES.

 
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Publié par le 29 août 2015 dans ANNIVERSAIRES

 

« IN VIAGGIO CON PAPÀ » (1982)

VIAGGIO2« IN VIAGGIO CON PAPÀ » est un des 19 films réalisés par Alberto Sordi, qui traite d’un sujet qui n’est pas sans rappeler le mythique « FANFARON » par beaucoup d’aspects.

C’est aussi un ‘road movie’ truculent, confrontant un « mâle dominant », un homme-à-femmes à un naïf indécrottable qu’il va se charger de déniaiser. À la différence qu’ici l’un est le fils de l’autre. À travers un voyage en voiture de Rome jusqu’en Corse, les deux hommes qui se connaissent à peine, vont apprendre qui ils sont vraiment. Le fiston est une sorte d’avatar italien de Coluche – salopette comprise, un candide appartenant à une espèce de secte post-hippie, et dont l’âge mental ne dépasse guère les dix ans. Le père est un vieux beau vantard et obsédé sexuel qui ne pense qu’à se délester de son rejeton en chemin.

Bien sûr, leur relation va évoluer peu à peu, et le film va tout doucement changer de tonalité, passant du cynisme sarcastique à la tendresse bourrue. Sordi est absolument parfait dans ce personnage taillé sur-mesure, tout à la fois odieux et touchant, qu’il habille de ses maniérismes et de son aisance devant les caméras (a fortiori les siennes !). Face à lui, Carlo Verdone est un choix idéal pour incarner son fils grassouillet et couillon. Parmi les seconds rôles, Angelo Infanti est excellent en scénariste ringard, amant de l’ex-femme d’Albertone.

ALBERTO SORDI, CARLO VERDONE ET TIZIANA PINI

ALBERTO SORDI, CARLO VERDONE ET TIZIANA PINI

Le film n’est pas exempt de défauts (propension des acteurs à tous parler en même temps et en hurlant, musique soûlante de Piero Piccioni), mais c’est un tel bonheur de voir Sordi jouer un personnage dont l’humanité perce derrière les pitreries, qu’on les oublie volontiers.

 

TRIPLE TREJO !

3 FILMS OBSCURS CHOISIS AU HASARD DANS LA MONSTRUEUSE FILMO DE L’AMI DANNY. À VOIR... OU PAS !

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HAPPY BIRTHDAY, DAVID !

DAVID FINCHER : 10 LONGS-MÉTRAGES, AU MOINS UN OU DEUX CHEFS-D’OEUVRE. BONNE MOYENNE !

DAVID FINCHER : 10 LONGS-MÉTRAGES, AU MOINS DEUX OU TROIS CHEFS-D’OEUVRE. CE QU’ON PEUT APPELER UNE BONNE MOYENNE !

 
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Publié par le 28 août 2015 dans ANNIVERSAIRES

 

« EDWIN BOYD » (2011)

« EDWIN BOYD » (également connu sous les titres « GANGSTER » et « CITIZEN GANGSTER ») est le biopic d’un braqueur de banques de l’après-guerre, un personnage haut-en-couleurs, attachant et un peu fêlé, à la manière d’un Pierrot le fou.GANGSTER

Ce film canadien n’est pas dépourvu de panache ni d’intérêt, même s’il manque de consistance et d’un peu de moyens pour restituer de façon tout à fait convaincante l’époque qu’il décrit. Tout tient dans le portrait de Boyd, un vétéran de la WW2 rêvant de devenir comédien et qui va trouver un moyen de s’exprimer en dévalisant des banques, le visage maquillé et en offrant un véritable « show » à ses victimes.

Le ton devient de plus en plus sombre, on sent l’âpre réalité s’immiscer dans les rêves de gloire de ce gentil garçon inconscient. Le film doit beaucoup à l’interprétation sensible et juste de Scott Speedman qui fait songer à un jeune James Caan, et qui donne chair et épaisseur à son rôle. Autour de lui de bons acteurs comme Brian Cox jouant son père, un ex-policier, Charlotte Sullivan excellente en « fille facile » par qui le malheur arrivera et Kelly Reilly qui tire le maximum d’un rôle un peu sacrifié d’épouse plaintive.

Sans rien révolutionner, « EDWIN BOYD » est un film honnête et soigneusement confectionné : la photo désaturée, hivernale, convient bien à la tonalité générale, les ellipses-temps sont très bien gérées et il se dégage de l’ensemble une impression cafardeuse de vie gaspillée.

À noter que tout au long du film, on sent en filigrane la présence de l’acteur canadien Lorne Greene (le père dans la série « BONANZA ») qui est souvent cité et qu’on entrevoit dans d’antiques images d’archives des débuts de la TV.

 

DOUBLE RATION DE SPAGHETTI…

SORTIE U.S. D’UN DOUBLE BLU-RAY AVEC DES CLASSIQUES DU GENRE. ET AVEC LEE ET FRANCO !

SORTIE U.S. D’UN DOUBLE BLU-RAY AVEC DES CLASSIQUES DU GENRE. ET LE PLAISIR DE RETROUVER LEE ET FRANCO EN HD !