RSS

« LES DEUX FANFARONS » (1988)

14 Sep

2FANFARONS2« LES DEUX FANFARONS » est une coproduction italo-française et un des cinq films que tournèrent ensemble Alberto Sordi (153 films au compteur) et Bernard Blier (185 titres à sa filmo !).

Comment ne pas se réjouir de la réunion de ces deux monstres sacrés pour un ‘road movie’ de l’Italie à Saint-Tropez ? Bien sûr, au bout de quelques minutes, on subodore que la comédie ne va pas être des plus légères, que la direction d’acteurs n’est pas très rigoureuse – c’est une litote ! – et à l’arrivée sur la Côte d’Azur, on se retrouve sur les plages nudistes et les casinos, chers à Max Pécas ou à Jean Girault. Autant le dire tout de suite donc, « LES DEUX FANFARONS » malgré son titre opportuniste et son tandem franco-italien, n’est pas « LE FANFARON » ! Pas du tout, même.

Il faut savoir se contenter du plaisir ineffable de voir Sordi cabotiner à mort dans son rôle de retraité mytho et unijambiste, râleur et un peu « beauf » sur les bords et de retrouver Blier dans une de ses dernières apparitions, en vieux libidineux jouisseur et lettré. Les deux bougres s’en donnent à cœur-joie dans le n’importe quoi assumé. Ainsi la scène où ils fument du shit dans les bras l’un de l’autre sur la plage ou leur réveil au milieu des vacanciers naturistes, sont-ils des moments tellement idiots et bas-du-front, qu’on en rit tout de même au énième degré.

Pourtant, dans ce fatras sympathique, de rares instants d’émotion surnagent : les retrouvailles inopinées entre Sordi et Vittorio Caprioli qui lui avait « volé » sa femme vingt ans plus tôt et qu’il tente de lui refourguer en douce, maintenant qu’elle est âgée. Ou l’accident de voiture de Blier provoquant la panique de Sordi… Des petites vignettes volées çà et là et qui donnent au film tout son prix. Car le film sous ses dehors burlesques, n’est au fond, que la description d’une amitié tardive, aussi drôle que pathétique.

BERNARD BLIER ET ALBERTO SORDI

BERNARD BLIER ET ALBERTO SORDI

On est très loin donc, des grandes comédies ‘all’italiana’, mais le film vaut le coup d’œil pour les deux vétérans survivants d’un cinéma révolu, qui font ici un émouvant baroud d’honneur. Avanti, ragazzi !

À noter une amusante conséquence de la coproduction : dans la v.o., comme Blier est censé jouer un Italien pure souche, il parle français avec un accent prononcé, ce qui rend ses scènes avec Andréa Ferreol jouant quant à elle une Française, quelque peu surréalistes !

Publicités
 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :