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Archives Mensuelles: septembre 2015

HAPPY BIRTHDAY, MARCELLO !

MARCELLO MASTROIANNI (1924-1996), FIGURE DE PROUE DU GRAND CINÉMA ITALIEN DES ANNÉES 60. INDÉMODABLE, INDÉTRÔNABLE...

MARCELLO MASTROIANNI (1924-1996), FIGURE DE PROUE DU GRAND CINÉMA ITALIEN DES ANNÉES 60. INDÉMODABLE, INDÉTRÔNABLE…

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« BEFORE SUNRISE » (1994) « BEFORE SUNSET » (2003) « BEFORE MIDNIGHT » (2013)

BEFORE« BEFORE SUNRISE » est le premier film de ce qui est devenu en vingt ans une trilogie romantique. Film indépendant à petit budget entièrement tourné à Vienne, il raconte la « brève rencontre » d’une étudiante française (Julie Delpy) à la langue bien pendue et d’un jeune Américain plus introverti (Ethan Hawke) qui vivent une sorte de coup de foudre le temps d’une soirée, jusqu’au lendemain matin.

Tourné la plupart du temps en longs plans-séquences, le scénario se résume en fait à un dialogue ininterrompu entre les protagonistes, qui apprennent à se connaître, découvrent leurs points communs, leurs différences et décident de ne pas briser la magie de cette fulgurante love story, en ne se revoyant plus jamais dès que le soleil sera levé.

Le film avait tout pour être irritant et fastidieux et il s’avère être tout le contraire. On est rapidement pris par la clairvoyance du dialogue, par la logorrhée naïve mais pénétrante des jeunes gens, par leur attirance de plus en plus irrésistible. « BEFORE SUNRISE » doit énormément à la justesse de son casting : Hawke qui crée un personnage immature et poétique, littéralement fasciné par le charme intoxicant de Julie Delpy et ses « variations énigmatiques ». Quelques moments magiques émergent comme cette rencontre avec un poète au bord du Danube ou cette cartomancienne improbable.

Un petit film intelligent et fragile, qui réveille des sensations enfouies, capture magnifiquement les instants fugaces de la vie, son dérisoire aussi…

Tourné neuf ans plus tard en un temps-record de deux semaines, coécrit par le réalisateur et ses deux interprètes, « BEFORE SUNSET » nous fait retrouver ‘Céline’ et ‘Jesse’ dans leur trentaine. Ils ont physiquement mûri, leurs névroses se sont accentuées et leurs retrouvailles à Paris où il fait la promotion de son dernier roman, commencent dans l’autodérision et la remise en perspective des souvenirs de cette nuit à Vienne.BEFORE2

Ça parle énormément, ça n’arrête pas de parler en fait, on retrouve la mise-en-scène fluide en plans-séquences entièrement au service des comédiens. Et alors qu’on commence à se dire que ce n’est qu’une sequel pas forcément indispensable, le film retrouve la magie de son prédécesseur quand les langues se délient vraiment et que Ethan Hawke et Julie Delpy, finissent par s’avouer qu’ils ne se sont jamais remis de leur séparation sur ce quai de gare.

Au milieu des confessions plus ou moins crues, des débuts d’engueulade, dans cette urgence retrouvée (il doit prendre un avion pour aller retrouver sa famille aux U.S.A.), renaît peu à peu le romantisme juvénile de leur première rencontre. Et « BEFORE SUNSET » trouve alors sa raison d’être et l’émotion rejaillit là où on ne l’attendait plus. La dernière partie dans l’appartement de Céline, sa chanson, son imitation de Nina Simone, nous font retomber sous le charme de ce couple qui n’en est pas un. Un joli chapitre doux-amer de la saga intime de Céline et Jesse.

Encore un saut dans le temps de neuf ans et nous retrouvons les deux amoureux dans « BEFORE MIDNIGHT ». Ils ont 40 ans, vivent ensemble, ont des jumelles blondes comme les blés et passent leurs vacances en Grèce, chez un vieil écrivain (joué par le chef-opérateur… allemand de « ZORBA LE GREC », Walter Lassally !).

La réalité des tâches quotidiennes a eu raison de leur romantisme et de leurs illusions. Ils s’aiment encore, mais n’ont plus le temps de faire l’amour et les rancœurs s’accumulent. Aussi, quand ils se retrouvent en tête-à-tête dans un hôtel pour une nuit de tranquillité offerte par des amis, ce n’est pas la passion qui renaît, mais l’abcès qui se crève. On quitte alors le ton rohmerien plaisant et aérien pour entrer dans un territoire bergmanien plus sombre et âpre. La longue dispute qui s’achève tout au bord de la rupture définitive est d’un réalisme et d’une férocité qui placent le spectateur en position de voyeur. Une scène aussi élaborée que celle entre Piccoli et Bardot dans « LE MÉPRIS ».

JULY DELPY ET ETHAN HAWKE

JULIE DELPY ET ETHAN HAWKE

C’est très bien écrit, dans la droite lignée des deux précédents opus, à la fois modeste et universel dans son propos. Le vieillissement réel des comédiens qu’on a connus pratiquement adolescents 18 ans plus tôt, apporte énormément à l’émotion du triptyque et leur alchimie est parfaite. On se prend donc à espérer qu’on les retrouvera en 2022, à l’aube de leur cinquantaine, pour prendre le pouls de leur relation et les regarder se promener à Londres, Madrid ou Lisbonne en discutant. Encore et encore…

 

HAPPY BIRTHDAY, JAMES !

JAMES McCALLION (1918-1991), SECOND RÔLE DES ANNÉES 50 ET 60, APERÇU DANS « VERA CRUZ » ET « KISS ME DEADLY » D’ALDRICH.

JAMES McCALLION (1918-1991), SECOND RÔLE DES ANNÉES 50 ET 60, APERÇU DANS « VERA CRUZ » ET « KISS ME DEADLY » D’ALDRICH.

 
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Publié par le 27 septembre 2015 dans ANNIVERSAIRES

 

« THE LONG SUMMER OF GEORGE ADAMS » (1982)

ADAMS2Réalisé par l’acteur Stuart Margolin, vieux complice de James Garner dans les séries « 200 DOLLARS PLUS LES FRAIS », « NICHOLS » et « BRET MAVERICK », « THE LONG SUMMER OF GEORGE ADAMS » est une gentille chronique de la vie d’un employé du chemin-de-fer dans un trou perdu d’Oklahoma dans les années 50.

Pendant cet été, le brave père de famille va sortir de sa morne routine : frustré par sa vie de couple sans passion, il va avoir une liaison avec la gérante nymphomane de l’hôtel du coin (Anjanette Comer toujours gironde avec sa voix à la Betty Boop), empêcher un braquage de banque (oui, il est également shérif !) et finalement décider de changer complètement de vie.

C’est une jolie tranche « d’Americana », soigneusement filmée, très bien dialoguée et interprétée par quelques grands acteurs en pleine maîtrise de leur art. On a plaisir à voir se reformer le couple de « NE TIREZ PAS SUR LE SHÉRIF » treize ans plus tard, à savoir la toujours exquise Joan Hackett dans un de ses derniers rôles, idéale en épouse patiente et Garner, égal à lui-même dans son rôle de brave type chaleureux et un brin immature.

Tout cela demeure très anecdotique, ne vole pas très haut et déborde de bons sentiments, mais c’est plaisant à regarder, aimablement nostalgique d’une certaine Amérique qui semble encore traîner les stigmates de la Grande Crise des années 30.

JAMES GARNER, JOAN HACKETT ET ANJANETTE COMER

JAMES GARNER, JOAN HACKETT ET ANJANETTE COMER

 

HAPPY BIRTHDAY, PATRICK !

PATRICK O’NEAL (1927-1994), ACTEUR DES ANNÉES 60, SPÉCIALISTE DES RÔLES AMBIGUS ET PEU SYMPATHIQUES.

PATRICK O’NEAL (1927-1994), ACTEUR DES ANNÉES 60 ET 70, SPÉCIALISTE DES RÔLES AMBIGUS ET PEU SYMPATHIQUES.

 
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Publié par le 26 septembre 2015 dans ANNIVERSAIRES

 

« INDIAN PALACE : SUITE ROYALE » (2015)

en 2011, « INDIAN PALACE » avait été une plaisante surprise dans la catégorie des comédies sur (et pour) le 3ème âge. Son succès – essentiellement dû à l’excellence de ses comédiens – a généré une sequel quatre ans plus tard : « INDIAN PALACE : SUITE ROYALE », concocté par la même équipe et… pour un résultat bien différent.INDIAN

C’est vraiment la « resucée » dans toute sa splendeur : scénario poussif, recyclant les éléments du premier film, acteurs visiblement en vacances, imagerie de carte postale et humour pachydermique. Tout ce qui fonctionnait est bêtement revisité dans une auto-caricature exaspérante. Et surtout, il faut encaisser l’insoutenable numéro de cabotinage de Dev Patel, sorte de Jerry Lewis indien, qui vampirise le film et rend les quiproquos du script encore plus lourds et infantiles qu’ils ne sont déjà.

Malgré les efforts d’une Maggie Smith délectable comme toujours, l’émotion dégagée par Judi Dench quoi qu’elle fasse, on se dit qu’elles auraient sans doute mieux à faire de leur temps. Le reste de la distribution cabotine aimablement. Nouveau venu, Richard Gere joue les sex-symbols sexagénaires en retrait, comme un touriste en visite sur le tournage.

Si on veut absolument rester positif, on reconnaîtra la beauté des extérieurs, une photo souvent magnifique et une certaine joie de vivre dans les séquences chorégraphiées. Mais c’est vraiment chercher la petite bête. Cette « SUITE ROYALE » laisse exactement la même sensation de désolation et de consternation hébétée que les deux longs-métrages tirés de la série « SEX & THE CITY » il y a quelques années : le fond du panier.

 

CHARLEY PIÙ FORTE CHE FRANKIE & DINO !

Petite gourmandise « al dente » aujourd’hui sur « BDW2 » ! Un ‘fotobusta’ (photomontage) italien datant des années 70 et qui vaut son pesant de cacahuètes.

Si le titre de l’œuvre – « 4 DU TEXAS » – n’a pas été modifié, tout le reste en revanche, l’a été. Notre mascotte Charley Bronson, qui n’a qu’un rôle très secondaire dans le film, se retrouve catapulté en première place, devant Sinatra, Martin et Ursula Andress, reléguant l’autre vedette féminine Anita Ekberg à de petits caractères à peine lisibles. Non seulement la tête de Charley trône au-dessus des autres à gauche, mais un gros-plan de lui mal rasé (photo de plateau tirée de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST ») prend une bonne partie de la place.4 TEXAS ITALIA

On notera aussi que l’image servant de fond n’a rien à voir non plus avec le film de Robert Aldrich et qu’elle est probablement tirée d’un anonyme ‘spaghetti western’, Mexicains à l’appui. On y a collé un petit Sinatra vautré dans la poussière pour faire bonne mesure.

Et voilà à l’arrivée une belle image publicitaire totalement mensongère comme on les aime !

 
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Publié par le 25 septembre 2015 dans ARNAQUES !, LA LÉGENDE DE CHARLEY