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« LA CITÉ DES DANGERS » (1975)

21 Oct
PAUL WINFIELD ET BURT REYNOLDS

PAUL WINFIELD ET BURT REYNOLDS

« LA CITÉ DES DANGERS » est le second et dernier film que Robert Aldrich tourna avec Burt Reynolds – alors au sommet de sa carrière – pour la société de production (Roburt) qu’ils avaient créée.HUSTLE2

À partir d’une enquête très banale sur la mort par overdose d’une jeune femme impliquée dans le monde de la prostitution et de la pornographie, le scénario délaisse rapidement le ‘whodunit’ télévisuel (on conclue très rapidement à un suicide) pour se focaliser sur le portrait du flic chargé de l’affaire. Reynolds incarne ce héros complètement déphasé : un passéiste, un idéaliste dont le cœur penche très nettement à gauche et qui mène sa carrière en sourdine, sans faire de vague. Même chose pour sa vie sentimentale, puisqu’il vit avec une call-girl… française (Catherine Deneuve) sans s’engager vraiment. Pas à pas, dégoût après dégoût, il va se lasser de la question que tout le monde lui pose : « Le père de cette fille morte, c’est quelqu’un ? ». Car il a compris depuis longtemps que les puissants s’en sortent toujours alors que les « gens de peu » sont systématiquement spoliés et écrasés. Un personnage original et touchant, qui offre un de ses plus beaux rôles à Reynolds. Six ans après, il réalisera d’ailleurs lui-même « L’ANTIGANG » où il jouera à nouveau un flic sensible amoureux d’une prostituée.

Deneuve – égale à elle-même dans un contexte qui la rend presque « exotique » – n’est pas le seul import français, puisqu’on entend Aznavour (en anglais !) et qu’on voit un extrait de « UN HOMME ET UNE FEMME ».

Comme souvent, Aldrich a réuni un casting exceptionnel : Ben Johnson superbe en vétéran de Corée, père inconsolable de la victime, transformé en ‘vigilante’, Eileen Brennan magnifique dans le rôle de sa femme meurtrie, Paul Winfield excellent en coéquipier intelligent de Burt, Ernest Borgnine en commissaire rigolard et Eddie Albert en avocat partouzeur décomplexé.

BURT REYNOLDS, CATHERINE DENEUVE ET BEN JOHNSON

BURT REYNOLDS, CATHERINE DENEUVE ET BEN JOHNSON

C’est un beau film, surprenant, ambigu dans son propos et jamais manichéen. Un des meilleurs Aldrich des seventies, porté par une belle photo contrastée de Joe Biroc. À peine pourra-t-on déplorer une BO un brin ringarde par instants de Frank De Vol qui surligne pesamment les moments d’émotion comme dans un vieux mélo (un clin d’œil aux goûts cinéphiliques du héros ?) et de brefs flash-backs redondants. Mais cela ne suffit pas à gâcher le plaisir procuré par cette « CITÉ DES DANGERS ».

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10 réponses à “« LA CITÉ DES DANGERS » (1975)

  1. Thomas Pacull

    21 octobre 2015 at 8 h 53 min

    Le titre français est idiot mais la fin est surprenante (avec Robert Englund dans sa période petite frappe)

     
  2. Seb1878

    21 octobre 2015 at 14 h 04 min

    Super critique.
    Je ne connais pas tous les films de Burt : mais je le trouve magnifique d’humanité et de finesse dans ce film. La (petite) scene ou il converse avec Catherine dans un bistrot sordide et qu’il lance : ‘Je ne suis pas si dur’ : C’est juste magnifique.
    La seule scene de George Memmoli est hilarante. L’ayant vue dans un salle pleine lors de la rétro Aldrich en 2009 : Ce type avait du génie ! La fin (imposée par Aldrich) est stupefiante de dureté. La scene porno, aussi, est plus glauque et plus cauchmardesque que tout Hardcore (qui semble un peu copié sur le film d’Aldrich, je trouve).
    C’est un film (certes pas parfait) mais si beau, si audacieux. Casting admirable. Chapeau bas Mister Aldrich.

     
  3. Patrick

    21 octobre 2015 at 14 h 57 min

    C’est plutôt un bon film dans son ensemble mais ça manque clairement de rythme et de nervosité.

     
  4. Seb1878

    21 octobre 2015 at 17 h 03 min

    Le but, pour les auteurs, était de déconstruire le film noir de maniere plus pernicieuse que ds Kiss Me Deadly. En enlevant notamment : le rythme et la nervosité (bien qu’il y est de nombreuses explosions de violences ds Hustle !)…

     
    • walkfredjay

      21 octobre 2015 at 18 h 08 min

      Ce n’est pas un thriller à proprement parler, même si la présence de Reynolds prête à le croire. C’est juste l’histoire d’un flic prudent et portant des oeillères qui décide soudain de se dresser contre le système et l’omerta protégeant les nantis.

       
    • Patrick

      22 octobre 2015 at 12 h 18 min

      En 4ème vitesse est un bon film mai qui ne m’a pas marqué non plus.

       
  5. Seb1878

    21 octobre 2015 at 19 h 31 min

    Aldrich éternellement en guerre contre le systeme mais il y a surement d autres lectures.

     
  6. Marc Provencher

    21 octobre 2015 at 21 h 34 min

    Je me rappelle avoir raté ce film dans le temps au défunt cinéma Outremont. Très peu d’occasions de le voir se sont présentées depuis : il me semble que c’est un film plutôt rare. Dommage, car je crois que, comme pour Charley, je préfère les films sans moustache de l’ami Burt.

     
  7. Seb1878

    22 octobre 2015 at 10 h 21 min

    Il vient de ressortir en copie neuve en Septembre 2015…

     

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