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« LES TROIS JOURS DU CONDOR » (1975)

15 Déc

CONDORQuarante ans après, « LES TROIS JOURS DU CONDOR » n’a rien perdu de sa force, de son suspense et de sa paranoïa pourtant si symptomatique des années 70. C’est un des meilleurs films de Sydney Pollack, à la fois polar, « survival » urbain et fable politique.

Le scénario bâti autour d’un ‘McGuffin’ quasiment abstrait (le rapport d’un « lecteur » de la CIA qui provoque un massacre et révèle un complot au sein même de l’Agency), se referme comme un piège autour du protagoniste, un Robert Redford au mieux de sa forme, jouant le fameux « lecteur », un sympathique excentrique roulant en solex dans New York et se muant d’abord en gibier traqué puis en héros de thriller prêt à tout pour s’en sortir. Tout en retenue et en ‘underplay’, l’acteur porte le film sur les épaules et aide à avaler de grosses impasses narratives. Toutes sauf une, un vice-de-forme scénaristique qui prend une importance énorme et déséquilibre une partie du film : la présence du personnage de Faye Dunaway, otage de l’homme en fuite, qui devient sa maîtresse et sa complice. Le tout en douze heures ! C’est très difficile à gober, même si les deux comédiens sont très séduisants, d’autant que Redford a vu sa fiancée assassinée quelques heures plus tôt. Bien qu’elle soit parfaite, Dunaway a du mal à s’intégrer dans le film et fait toujours figure de pièce rapportée, « hollywoodisant » inutilement un scénario qui n’avait vraiment pas besoin de cela. Dommage, car c’est le seul défaut dommageable de ces « TROIS JOURS DU CONDOR ».

Au sein d’un bon casting, Max Von Sydow sort du rang dans un rôle de tueur-à-gages alsacien calme et courtois, sorte de samouraï dépourvu d’émotion. Cliff Robertson est également très bien en cadre de la CIA glaçant de cynisme.

ROBERT REDFORD, FAYE DUNAWAY ET MAX VON SYDOW

ROBERT REDFORD, FAYE DUNAWAY ET MAX VON SYDOW

Les extérieurs de Big Apple en hiver sont superbement filmés, la fin montrant le ‘Condor’ se fondant à la foule est étonnamment émouvante et sans la complaisante love story qui plombe sévèrement une partie de l’action, on frisait tout de même le chef-d’œuvre. À voir de toute façon et à revoir.

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13 réponses à “« LES TROIS JOURS DU CONDOR » (1975)

  1. Patrick

    15 décembre 2015 at 6 h 11 min

    Excellent film et j’ai le même problème que vous avec le personnage de Faye Dunaway (en plus je n’ai jamais été fan de cette actrice) qui est l’élément le moins crédible de 3 jours du Condor

     
  2. Edmond

    15 décembre 2015 at 6 h 31 min

    Le souvenir que j’ai de ce film est quelques minutes de dialogue en version originale dans la version française !

     
  3. Thierry

    15 décembre 2015 at 10 h 54 min

    Moi, j’ai du mal avec tout, dans ce film, qu’en cinéphile consciencieux j’aimerais pourtant pouvoir aimer. Redford en huluberlu sympa gagné par le peace and love, qui bosse quand même en agence d’espionnage ; Laquelle agence est emplie de gadgets pré-informatiques plutôt risibles aujourd’hui ; Faye Dunaway justement photographe pleine de talent et justement amoureuse ; Max Von Sydow en tueur glacé mais finalement juste…
    Par ailleurs, il me semble bien qu’on aperçoit un tout jeune Denzel Washington en voyou de gang dans la cage d’escalier de Faye Dunaway,et qui rend je ne sais plus quel service à Redford.

     
    • walkfredjay

      15 décembre 2015 at 10 h 57 min

      Je t’accorde que pour être apprécié, le film nécessite une bonne dose de « suspension d’incrédulité » ! 😉

      (À vérifier, pour Denzel Washington qui était apparu dans « DEATH WISH », deux ans plus tôt)

       
  4. Miguel

    15 décembre 2015 at 12 h 08 min

    Captivé par l’intrigue, j’ai toujours garder, malgré tout, vis à vis de ce film, comme un ressentiment de quelques choses de pas parfait et qui, par la suite, ne m’a jamais donné envie de le revoir. Je ne me souviens plus de ma réaction à l’exploit séducteur du Condor mais cette raison évoquée comme faille au scénario et à la crédibilité de l’histoire me parait fort probable.

     
  5. Thomas Pacull

    15 décembre 2015 at 14 h 45 min

    A noter que l’excellente série Rubicon est une excellente adaptation déguisée de ce film

     
  6. JICOP

    15 décembre 2015 at 16 h 59 min

    Très bon film . Le début du film avec l’assassinat de l’équipe est formidablement réalisé et monté , dans un silence relatif ; uniquement rythmé par le crachat des faxs .L’histoire avec Dunaway est une concession inutile de Pollack au glamour Hollywoodien .
    La fin ou Robertson apprend que Redford va tout balancer aux journalistes est implacable .
    Pour répondre à Thierry , le personnage de Redford ne sait pas qu’il bosse pour la C.I.A ; cette dernière a pour habitude d’employer toute sorte de personnel issu de la société civile pour ses services … il n’y a pas que des espions en imper et feutre mou … lol

     
  7. Edmond

    15 décembre 2015 at 17 h 29 min

    Si le Condor oublie sa fiancée c’est que le Condor a une mémoire de poisson rouge !

     
  8. Marc Provencher

    15 décembre 2015 at 17 h 32 min

    « J’aimerais pourtant pouvoir aimer. Redford en huluberlu sympa gagné par le peace and love, qui bosse quand même en agence d’espionnage. »

    C’est un service de lecture, qui produit des revues et pointages de presse, et pas une agence d’espionnage. Redford ne sait pas que son agence a parmi ses clients la CIA. Mon boulot – celui que je fais pour gagner ma croûte, pas le métier d’écrivain – est bien mal connu et à chaque fois qu’on me demande ce que je fais, j’ai un mal de chien à l’expliquer ; ce qui donne lieu parfois à de folles rumeurs ! En franglais d’Amérique du Nord, nous appelons ça « monitorage de nouvelles ». Le produit fini est tout banalement la revue de presse raisonnée que les responsables des communications d’une compagnie (ou d’une officine publique quelconque) reçoivent sur leur bureau chaque matin (généralement très tôt !).

    Les compagnies qui œuvrent dans cette branche sont généralement subdivisées en deux secteurs : médias imprimés d’une part et radio-télévision de l’autre (auxquels s’ajoute depuis peu l’Internet). Les clients viennent tant du secteur privé que du secteur public : ministères et compagnies, parfois des particuliers pour une commande ponctuelle. Redford a le boulot pépère de lires les revues – qui sont généralement hebdomadaires ou mensuelles – donc c’est moins pressé et il peut travailler de jour, mais en général, les lecteurs – ceux qui épluchent les quotidiens – travaillent de nuit, ou alors juste avant l’aube. Aujourd’hui je travaille dans le versant radio-télé, mais j’ai déjà été lecteur de nuit, et je n’étais pas très bon et je ratais régulièrement des mentions pour des clients. (Exemple : imaginons que votre service de lecture a parmi ses clients Alstom, qui fabrique notamment des trains ; un ministre des Transports casse du sucre en entrevue sur une filiale d’Alstom ; mais moi, j’ignore ou je ne me souviens plus que la compagnie X est une filiale d’Alstom, et donc je n’assigne pas le relevé au client, et le lendemain, le responsable des communications chez Alstom appelle mon boss, furax: « Vous avez raté une mention ! Bande d’incapables ! »).

    Voilà : ‘LES TROIS JOURS DU CONDOR’ est à ma connaissance le seul film dont le héros appartienne à mon corps de métier ! C’est donc un grand film sans aucun défaut et le fait que Redford tombe dans les bras de Dunaway alors que sa femme vient d’être abattue s’explique tout simplement par le fait que ça se passe dans les seventies (amour libre, etc). Les ingénieurs en avionique ont ‘L’HOMME QUI AIMAIT LES FEMMES’, les fauconniers ont ‘KES’, les enquêteurs d’assurance ont ‘BANACEK’, nous avons ‘LES TROIS JOURS DU CONDOR’ !

     
    • Edmond

      15 décembre 2015 at 19 h 08 min

      Robert Redford sors de ce corps!

       
  9. Seb

    15 décembre 2015 at 19 h 17 min

    Vu il y a quelques années et ça m’avait paru tellement peu palpitant que je m’étais endormi devant (fait pourtant très rare me concernant) ..! Mais je dois avouer ne pas être très client des films de Pollack et Pakula, voire de cette grisaille typiquement 70’s.

     
  10. Claude

    15 décembre 2015 at 19 h 45 min

    En synthèse : thriller efficace ou « grand film malade » ? Sans doute un peu des deux, c’est selon le goût de chacun pour cette ambiance-type des « seventies » .

     
  11. Thierry

    16 décembre 2015 at 16 h 45 min

    Merci Marc pour ces précisions. Rien à dire, ça se tient. Ce sont les mesures de sécurité qui entourent le bureau, avec caméra pour patte blanche, qui m’ont toujours fait croire que le solexiste de charme savait dans quel genre de branche il bossait. Vérification faite, il s’agit de Ernest Harden Jr dans le hall de l’immeuble. Mea culpa.

     

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