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« SICARIO » (2015)

26 Fév

SICARIODes œuvres puissantes comme « INCENDIES » et « PRISONERS » ont donné envie de suivre le parcours du réalisateur canadien Denis Villeneuve. Aussi est-ce avec un bon a priori qu’on aborde « SICARIO ». À raison. Ce scénario sec, efficace, parfois osé dans sa construction, détaille les manœuvres d’un agent de la CIA (Josh Brolin) chargé d’éliminer un caïd des cartels mexicains et qui enrôle une bleusaille du FBI (Emily Blunt) comme alibi légal aux côtés d’un tueur-à-gages (Benicio Del Toro) qui a un gros contentieux avec l’homme à abattre.

Comme jadis la série « 24 HEURES CHRONO », c’est un film sur la fin qui justifie les moyens, sur une guerre particulièrement atroce qu’il faut faire en utilisant les méthodes de l’adversaire, sur la perte de l’innocence et des idéaux. Et bien sûr, sur le dragon qu’on devient soi-même à trop combattre le dragon. Le rythme est très singulier, lent et oppressant avec des fulgurances de violence, des ellipses brutales et même des changements brusques de point-de-vue extrêmement déstabilisants. Mais de fait, l’attention est toujours en éveil et le ronron ne s’installe jamais. La photo de Roger Deakins (qui fit des merveilles pour les frères Coen) est magnifique, naturelle et lyrique à la fois, la BO de Jóhann Jóhannsson discrète mais omniprésente apporte beaucoup à l’atmosphère stressante.

BENICIO DEL TORO ET EMILY BLUNT

BENICIO DEL TORO ET EMILY BLUNT

Si Emily Blunt est très bien, elle joue sur une même tonalité et manque un peu de présence. Brolin est formidable en « barbouze » excentrique et madrée, souriant et planche-pourrie. Mais le film appartient à Del Toro, magnifique en assassin carbonisé de l’intérieur, au sadisme placide, inexplicable mélange de croque-mitaine et d’ange-gardien. Un beau personnage !

« SICARIO » est un film fort, maîtrisé, dont les thématiques se développent progressivement pour aboutir à un superbe face-à-face entre l’héroïne et le tueur à l’aube dans une chambre d’hôtel. De la belle ouvrage…

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5 réponses à “« SICARIO » (2015)

  1. Seb

    26 février 2016 at 18 h 19 min

    N’ayant pas été convaincu par Prisoners, film lourd, lent, trop long et qui m’a fait penser à une sorte de Mystic River en beaucoup moins bien, j’ai été d’autant plus séduit par ce Sicario: c’est tendu à bloc, maîtrisé de bout en bout et ça raconte quelque chose de beaucoup plus intéressant à mon avis. Avec en prime un Benicio Del Toro magistral mais ça, on peut le dire à peu près de toutes ses performances !

     
  2. Patrick

    26 février 2016 at 21 h 22 min

    J’ai trouvé que c’était surtout le passage à Ciudad Juarez qui était particulièrement tendu et stressant mais le reste du film tombé un peu plat.

     
  3. Miguel

    3 mars 2016 at 14 h 10 min

    Un film où on suit une agent du FBI qui passe tout le temps du film à s’interroger sur ce qui se passe autour d’elle et nous aussi avec, à la fin, une conclusion qui m’a semblé plutôt bâclée.Mais les acteurs sont tous très bien, au moins ça, et Emily Blunt s’en sort plutôt bien dans un rôle dramatique, elle qui m’avait fait mourir de rire dans « Le diable s’habille en Prada »

     
  4. Corey

    25 juin 2018 at 22 h 29 min

    Vu ce soir… Pas franchement convaincu. Le dernier quart d’heure sauve le film, mais avant, c’est long, tortueux et lâche à la fois. Les personnages sont à peine esquissés avant qu’on comprenne, tardivement, leurs motivations. Et la brave Emiliy Blunt taillée comme une ablette qu’on a beaucoup de mal à imaginer en agent du FBI passe le film à se demander ce qu’elle fait là, jusqu’à le comprendre à la fin… C’est un peu la sensation que j’ai eu devant ma télé.

     
  5. JICOP

    12 juillet 2018 at 17 h 19 min

    Un bon film . Indiscutablement .
    Une réalisation alternant compositions atmosphériques et plans de violence sèche .
    Del Toro et Brolin sont extra .
    Ce qui peche , en définitive , c’est Emily Blunt .
    Cette dernière n’est pas mauvaise mais son personnage est inconsistant et chiant .
    Cela m’a rappelé  » Zero dark thirty  » et le personnage imbuvable de Jessica Chastain .
    Dans les deux cas , un agent federal frustrée sexuellement et sentimentalement qui accède à un organisme d’état pour lutter contre les cartels ou le terrorisme et qui nous les brise avec ses états d’ame .( influence  » Homeland  » sans doute )
    Mademoiselle veut lutter contre un dealer mais chouine dès que les méthodes employées lui déplaisent .
    Sans compter la crédibilité du propos avec une bleusaille qui remet en question sans arret les décisions de ses supérieurs ( aspect déjà relevé dans  » zero dark thirty  » )
    Cela ralentit considérablement le scénario qui flotte alors que les scènes d’enquete , de poursuite ou de fusillade sont formidables par ailleurs .
    Heureusement , toute la partie qui suit la vengeance de Del Toro est sidérante et implacable .

     

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