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« BABEL » (2006)

29 Fév

BABELDans « BABEL », film au scénario d’une maestria consommée, d’une folle ambition humaniste, la tragédie est symbolisée par un fusil à haute portée. Un « cadeau » passant de main en main et semant le malheur à travers le Maroc, le Mexique ou le Japon dans un inextricable écheveau d’événements.

Alejandro González Iñárritu manie ses trois récits parallèles avec la même intensité, la même empathie, et décortique une succession de mauvaises décisions, de coïncidences entremêlées, de pulsions inconsidérées qui tournent mal. Et les premières victimes sont toujours des enfants : jeunes bergers marocains s’amusant à tirer dans la rocaille avec le fusil neuf de leur père, adolescente japonaise sourde, gravement perturbée par le suicide de sa mère ou gamins entraînés dans une nuit de cauchemar par leur nounou gentille mais irresponsable. Pas de méchant dans « BABEL », juste des êtres humains faillibles et ballotés par le Destin.

Malgré l’éclatement narratif, qu’il soit géographique ou temporel, le film maintient une exceptionnelle cohérence, une tension de chaque plan et coule naturellement de source. L’auteur isole trois histoires apparemment banales, qui ne finissent d’ailleurs pas toujours mal, pour symboliser l’arbitraire et la fragilité de l’existence sur Terre. Sans prêchi-prêcha, il pointe tout de même le doigt sur ces fusils, ces revolvers, ces armes qui circulent librement et finissent systématiquement par délivrer leur message de mort.

BABEL2

CATE BLANCHETT, ADRIANA BARRAZA ET BRAD PITT

Au sein d’un casting magnifique dominé par Adriana Barraza, on apprécie l’humilité de Brad Pitt ou Cate Blanchett qui se fondent dans leur rôle en abandonnant leur bagage de star.

Un beau film grave et lyrique superbement confectionné.

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6 réponses à “« BABEL » (2006)

  1. Seb

    29 février 2016 at 19 h 12 min

    Un véritable étron en ce qui me concerne: un film avec des sabots de plusieurs mégatonnes, boursouflé, prétentieux, démonstratif et d’une niaiserie à toute épreuve… tous les protagonistes chialent assez pour remédier de façon permanente aux carences d’eau en Syrie ! J’ai à peu près eu autant de mal à ingérer (et digérer !) le très pénible Birdman et n’ai du coup pas osé aller voir The Revenant en salles, lequel m’a l’air tout aussi pachydermique. Iñárritu avait pourtant si bien commencé avec Amour chiennes (revu il y a peu, définitivement un de mes films de chevets) et en avait encore suffisamment sous le coude pour l’efficace 21 grammes… mais la suite fut une spectaculaire dégringolade. Encore un qui a chopé la grosse tête !

     
    • walkfredjay

      29 février 2016 at 19 h 26 min

      TellemEnt, mais TELLEMENT pas d’accord !!! 😀

       
      • Seb

        29 février 2016 at 19 h 39 min

        Soit mais… tu ne vas quand même pas me dire que ce film est un monument de subtilité ?! 😆

         
      • walkfredjay

        29 février 2016 at 20 h 05 min

        Non, je ne dirais pas ça. Mais j’ai beaucoup aimé cette façon d’aborder par l’image avant tout, un sujet complexe, de cristalliser le discours autour d’un simple fusil et d’universaliser le message.

        « BABEL » est de ces films qu’on ressent (ou pas) plutôt qu’on analyse.

         
    • Seb

      29 février 2016 at 20 h 22 min

      Oh que oui, je l’ai ressenti… comme une terrassante colique ! 😕

       
      • walkfredjay

        29 février 2016 at 20 h 38 min

        Bon… Qu’ajouter de plus ?

         

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