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« CHE – 1ère PARTIE : L’ARGENTIN » / « CHE – 2ème PARTIE : GUERILLA » (2008)

13 Mar

« CHE – 1ère PARTIE : L’ARGENTIN » est basé sur les écrits d’Ernesto ‘Che’ Guevara lui-même et il couvre les débuts du révolutionnaire à Cuba aux côtés de Castro, jusqu’à la chute de Batista.CHE2

L’angle d’attaque de Steven Soderbergh rappelle celui jadis employé par Pierre Schoendorffer dans « LA 317ème SECTION » : une recherche de réalisme documentaire dans la mise-en-scène et une quasi-absence de scénarisation « fictionnée », pour tenter de capturer le quotidien de cette poignée d’hommes et de femmes décidés à prendre leur destinée en main. Cela rend le film parfois rêche et peu attractif, d’autant que les allers-retours entre Cuba dans les années 50 et le séjour du Che aux U.S.A. en 1964 tourné en noir & blanc, n’aident pas à s’immerger dans l’action. Autrement dit, l’exact opposé du terrible navet que signa Richard Fleischer en 1969 avec Omar Sharif, mais pas non plus très convaincant…

Long, constamment en mouvement, sans moment réellement marquant, le film maintient l’intérêt la plupart du temps, mais connaît de grosses chutes de tension. On connaît mal les personnages, on ne s’attache à aucun d’entre eux, pas même à Guevara dont le portrait est superficiel sans tomber toutefois dans l’image d’Épinal. Reste que Benicio Del Toro est extrêmement crédible dans le rôle-titre sans chercher à se rendre sympathique à tout prix. Il est bien entouré par Demián Bichir parfait en Fidel Castro, Julia Ormond en journaliste américaine opiniâtre et Oscar Isaac dans un petit rôle d’interprète.CHE1

« CHE – 2ème PARTIE : GUERILLA » est une tout autre paire de manches ! Cette seconde époque suit le ‘Che’ en Bolivie et détaille étape par étape l’échec de sa tentative de révolution qui s’achèvera par sa mort pathétique, au fond d’une bicoque perdue dans la jungle.

Soderbergh pousse son parti-pris encore plus loin en signant un film informe, monocorde, entièrement situé en extérieurs. Il désincarne totalement le personnage central en filmant à peine Del Toro, qu’on entrevoit de dos, en profil perdu, dans la pénombre, méconnaissable sous sa perruque hirsute et sa barbe qui le font ressembler à Tomás Milian dans un ‘Zapata western’. Cela fait penser à la façon dont Julien Duvivier avait filmé le Christ dans « GOLGOTHA » : de biais.

Cela n’aide évidemment pas à se passionner pour cette longue marche fastidieuse qui devient rapidement insupportable et soporifique. L’apparition régulière de visages connus comme Franka Potente, Lou Diamond Phillips ou même Matt Damon semble paradoxale voire contradictoire avec la volonté de réalisme et de rigueur spartiate de l’auteur.

Pour résumer : une première partie sporadiquement intéressante, une seconde qui est un véritable pensum. Quatre heures d’un non-biopic qui n’apprendra rien sur la personnalité ou les motivations de Che Guevara et laissera plus d’un spectateur perplexe et insatisfait.

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