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Archives Mensuelles: avril 2016

« PANIQUE » (1946)

PANIQUE2

MICHEL SIMON

Pour son retour en France après la guerre, Julien Duvivier s’attaque à l’adaptation (libre) d’un roman de Georges Simenon. « PANIQUE » décrit Paris et son « petit peuple » sans la moindre indulgence : le boucher, le barman, le coiffeur, le fleuriste, la vieille prostituée sont tous des délateurs, des lyncheurs en puissance, dont la haine ordinaire se focalise sur un voisin, ‘M. Hire’ parce qu’il les méprise – à juste titre ! – et qu’il est bien éduqué.PANIQUE3

C’est autour de ce « délit de sale gueule » que se construit un scénario implacable, misanthrope jusqu’à l’écœurement, qui s’achève par une scène d’une violence psychologique inouïe. C’est un film d’une noirceur absolue, sans échappatoire ni la moindre lueur d’espoir. Tous les personnages sont ignobles ou, au mieux, minables et la caméra en mouvement de Duvivier les capte dans toute leur abjection quotidienne, comme un musée des horreurs. Dans le rôle de Hire, Michel Simon est parfait, pathétique et détestable, un parfait innocent à tête de coupable idéal. Face à lui, Viviane Romance aussi belle que stupide, émerveillée par son « homme », un étrangleur à la petite semaine, un demi-sel infâme, joué à la perfection par Paul Bernard. Un vrai soulagement quand Simon lui balance trois torgnolles !

« PANIQUE » n’est pas un film agréable, il est même suffocant et met souvent mal à l’aise. Mais la maîtrise du cadre, les décors de studio, la photo et la montée du suspense emportent aisément le morceau.

PANIQUE

VIVIANE ROMANCE ET PAUL BERNARD

Le monde a énormément changé depuis 1946, certaines images sont même devenues des documents historiques, mais à voir ce film, on aurait bien du mal à affirmer que « c’était mieux avant » !

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« HOMELAND » : saison 5 (2015)

Pour la 5ème saison de « HOMELAND », nous retrouvons Carrie (Claire Danes) employée d’un milliardaire allemand, vivant à Berlin avec sa fille et un avocat joli garçon. Elle est fâchée à mort avec Saul (Mandy Patinkin) et ne veut plus entendre parler de la CIA.HOMELAND 5

Évidemment, tout va basculer rapidement quand elle se retrouve sur la « kill list » de son ex-ami Rupert Friend chargé de la supprimer. Pour le compte de qui ? De Saul ? La CIA est-elle infiltrée ?

On se replonge vite dans le monde de la série, qui colle à l’actualité, en condense la paranoïa et la peur le temps d’un scénario haletant où le suspense ne fait que croître d’épisode en épisode. C’est une excellente saison dans laquelle les personnages récurrents sont presque éclipsés par la « méchante » de service (ATTENTION : PETIT « SPOILER » !) campée par une extraordinaire Miranda Otto. Agent double au sein même de « l’Agency », manœuvrée par les Russes, elle crée une traîtresse amorale, intelligente et quasi-sociopathe à faire froid dans le dos. Elle domine sans effort les douze épisodes. Claire Danes et Mandy Patinkin, usés, dépassés, se montrent moins performants que d’habitude, ce qui les rend encore plus crédibles. Et Rupert Friend passe toute la saison à se faire martyriser physiquement, jusqu’aux limites du soutenable.

Malgré quelques grosses ficelles scénaristiques, des raccourcis un peu cavaliers, « HOMELAND » continue d’être une série de haute tenue, profondément enracinée dans son époque et ne cédant jamais à la surenchère. C’est magnifiquement filmé et photographié et le générique-début est un modèle du genre, replongeant dans le bain en quelques images et répliques glanées çà et là. La fin ouverte atteint son but : susciter l’envie pressante de voir la 6ème saison !

 

HAPPY BIRTHDAY, CORINNE !

CALVET

CORINNE CALVET (1925-2001), ACTRICE FRANÇAISE QUI FIT UNE BRÈVE CARRIÈRE AMÉRICAINE DANS LES ANNÉES 50.

 
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Publié par le 30 avril 2016 dans ANNIVERSAIRES, FILMS FRANÇAIS

 

DONALD E. THORIN : R.I.P.

THORIN

DONALD E. THORIN (1934-2016), DIRECTEUR DE LA PHOTO DE SUCCÈS COMME « OFFICIER ET GENTLEMAN » OU « MIDNIGHT RUN ».

 
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Publié par le 29 avril 2016 dans CARNET NOIR

 

« LES CONSÉQUENCES DE L’AMOUR » (2004)

CONSÉQUENCES« LES CONSÉQUENCES DE L’AMOUR » est le second long-métrage de Paolo Sorrentino et dès les premières images, impossible de se méprendre sur l’identité de leur auteur. Le style est déjà là, la maîtrise du cadre en Scope, le montage, le choix des décors, de la musique…

le scénario dévoile progressivement ses tenants et aboutissants, laissant le spectateur dans une attente vaguement anxiogène. L’hôtel où semble enfermé Toni Servillo, personnage gris et lugubre, ressemble à une antichambre de la mort et l’homme à un mort-vivant retiré du monde et coupé de toute relation humaine. En fait on découvre peu à peu qu’ex-trader, il a fait perdre énormément d’argent à la mafia et que celle-ci l’a exilé en Suisse où il mène une existence d’esclave de luxe, réduit à jouer les porteurs de valises.

C’est la rencontre avec une jeune serveuse qui va rendre la vie à notre antihéros (à la manière de ces transfusions sanguines qu’il s’inflige sans arrêt), mais aussi le sortir de son no man’s land mental et lui rappeler combien la « vraie vie » peut être cruelle et brutale.

Porté à bout de bras par Servillo, acteur à l’intériorité hors du commun, « LES CONSÉQUENCES DE L’AMOUR » installe un rythme lent, quasiment mortifère et développe ses thèmes en douceur, sans rien forcer, jusqu’à ce qu’on se sente aussi englué que le protagoniste. C’est une œuvre fascinante et implacable qui s’achève par une scène à la fois burlesque et atroce, suffocante et libératrice, aussi inventive et paradoxale que le film lui-même.

CONSÉQUENCES2

TONI SERVILLO ET OLIVIA MAGNANI

Quant au bref épilogue, sur le « meilleur ami » perché sur son derrick, il est carrément bouleversant et drôle à la fois !

À noter la jolie prestation de la radieuse Olivia Magnani – petite-fille de l’immense Anna – toute en demi-teintes, dans le rôle de ‘Sofia’ la serveuse par qui le malheur arrive.

 

HAPPY BIRTHDAY, GAVAN !

OHERLIHY

GAVAN O’HERLIHY, SPÉCIALISTE DES RÔLES DE MÉCHANTS, MÉMORABLE EN CHEF DE GANG DANS « LE JUSTICIER DE NEW YORK ».

 
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Publié par le 29 avril 2016 dans ANNIVERSAIRES

 

« LA PLUIE DE PRINTEMPS » (1970)

WALK« LA PLUIE DE PRINTEMPS » est un véhicule pour le tandem Ingrid Bergman/Anthony Quinn qui avaient tourné ensemble six ans plus tôt dans le peu convaincant « LA RANCUNE ».

C’est un film délicat et subtil sur une bourgeoise new-yorkaise qui loue avec son mari une maison dans le Tennessee pour qu’il écrive un livre de droit. Là-bas, elle rencontre un homme-à-tout-faire local, un bon-vivant proche de la nature, qui va la séduire et lui donner un « coup de jeune » qu’elle n’attendait pas. Mais en fait de love story pour seniors, le film est lucide et réaliste. Ce n’est qu’un « amour de vacances », un fantasme, le dernier qu’elle aura avant d’admettre définitivement qu’elle a vieilli et qu’elle doit accepter son rôle de grand-mère.

Autant dire que ce n’est pas spécialement joyeux, malgré la beauté de la région de Smoky Moutains. Mais sans être passionnant, « LA PLUIE DE PRINTEMPS » connaît quelques jolis moments sensuels et le couple de stars est remarquable. Ingrid Bergman, encore belle et rayonnante, est tout au bord de changer d’emploi, à l’instar de son personnage. Elle n’en est que plus émouvante. Quant à Quinn, parfaitement dirigé et contenu, il traduit à merveille le mélange d’extrême douceur et de puissance physique de ce ‘Will’. Il a rarement été plus simple et séduisant. Fritz Weaver est également très bien en mari (presque) trompé, un universitaire égocentré, mais finement écrit et joué pour n’être pas qu’un simple repoussoir.

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INGRID BERGMAN ET ANTHONY QUINN

Un film en demi-teintes donc, à savourer si on aime les « brèves rencontres » improbables et sans lendemain. Et les grands acteurs hollywoodiens dans des rôles à leur dimension, cela va sans dire.