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« COMME UN CHIEN ENRAGÉ » (1986)

21 Juil
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CHRISTOPHER WALKEN ET SEAN PENN

Le titre original est « À BOUT PORTANT », devenu « COMME UN CHIEN ENRAGÉ » en v.f., ce qui ne signifie… pas grand-chose quand on y pense bien. Mais ce n’est pas très grave… On s’y fait !CLOSE2

Étrange sensation de revoir aujourd’hui ce film qui fit grosse impression à sa sortie, avec son look bien enraciné dans les années 80, alors qu’il tentait à l’époque de retrouver l’atmosphère des années 50 et des films de James Dean et consorts. Pourtant, malgré sa (magnifique) photo « clipée », la BO chantée par Madonna au générique-fin, et le jeu très marqué Actors Studio d’un Sean Penn de 26 ans, le film n’a pas beaucoup vieilli. Car au-delà des effets de mise-en-scène incessants, de l’esthétisme appuyé de l’image tournée en longue focale, il n’est au fond qu’une tragédie universelle : le drame d’un garçon et de son père. Que le scénario soit signé du fils d’Elia Kazan, qui devait avoir pas mal de choses à dire sur le sujet, ajoute à l’intensité du film.

Dans une Amérique rurale sordide, « COMME UN CHIEN ENRAGÉ » aurait pu n’être qu’une banale histoire de règlement de comptes entre malfrats chapardeurs de tracteurs. Mais le traitement ‘bigger than life’ des personnages en fait une œuvre lancinante et obsédante. Dans un de ses deux ou trois plus beaux rôles, Christopher Walken joue une figure méphistophélique, un véritable Saturne dévorant ses enfants, un voyou paranoïaque et dépourvu d’âme. La face sombre de ses rôles « angéliques » dans « VOYAGE AU BOUT DE L’ENFER » ou « DEAD ZONE ». Son face-à-face avec un Sean Penn au curieux look bodybuildé est des plus impressionnants. Et l’ultime gros-plan de ce dernier, lors de l’épilogue, file le frisson. Ils sont très bien entourés par une pléiade de grands seconds rôles comme David Strathairn, Crispin Glover – plus glauque qu’il n’a jamais été, c’est dire ! – et un tout jeune Kiefer Sutherland. Millie Perkins est superbe en mère taiseuse. Et comment oublier l’innocence et la fraîcheur d’une Mary Stuart Masterson en état de grâce ?

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CHRISTOPHER WALKEN, MARY STUART MASTERSON ET SEAN PENN

À noter que le regretté Chris Penn joue le frère de Sean, ce qu’il était réellement. Eileen Ryan qui incarne leur grand-mère est en fait… leur mère !

« COMME UN CHIEN ENRAGÉ » est un film qu’on peut revoir fréquemment, comme on écoute un morceau de jazz où comme on relit un livre qu’on connaît déjà par-cœur. C’est le chef-d’œuvre de l’intéressant James Foley qui n’a pourtant jamais retrouvé par la suite cette maîtrise, cette puissance cinématographique qui parvenait à rendre le dialogue presque superflu.

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24 réponses à “« COMME UN CHIEN ENRAGÉ » (1986)

  1. Seb

    21 juillet 2016 at 8 h 00 min

    Belle critique ! Un polar en effet plus proche du drame intimiste voire de la tragédie familiale, ce qui m’a un peu fait penser à du James Gray avant l’heure.

     
  2. Thomas Pacull

    21 juillet 2016 at 8 h 59 min

    Dans la scène final au tribunal ,Sean Penn est prodigieux : »He’s my father »

     
  3. Patrick

    21 juillet 2016 at 15 h 24 min

    Film moyen je trouve même les acteurs (et pourtant je suis fan de Walken) peinent à nous émouvoir.

     
  4. JICOP

    21 juillet 2016 at 19 h 39 min

    Belle crîtique qui m’engage a revoir ce film que je n’ai pas revu depuis sa sortie .
    Je me souviens de fort belles sequences au ralenti et d’un Chris Walken veneneux a souhait .
    Dire que Foley realise aujourd’hui l’adaptation de l’extraordinaire oeuvre litteraire ( humm !!) pour bourgeoises Americaines choucroutees en mal de fessees : 50 nuances plus grises / claires …on est loin de ce film ou de Glengarry Glen Ross .

     
  5. Kinskiklaus

    11 janvier 2017 at 11 h 04 min

    « The last face », le dernier film en tant que réalisateur de Sean Penn sort aujourd’hui sur les écrans. Un fiasco lors de sa présentation au dernier festival de Cannes et apparemment, ça ne s’est pas arrangé vu les avis hum hum hum dithyrambiques attribués par la presse. Y a-t-il un courageux ayant le courage d’aller le voir en salles ?

     
    • walkfredjay

      11 janvier 2017 at 11 h 08 min

      Sean Penn fait partie de ces personnalités passionnantes à leurs débuts et qui sont peu à peu devenues imbuvables, que ce soit par leur façon de jouer ou leurs apparitions publiques. Donc, je ne pense pas que j’aurai ce courage confinant à l’héroïsme pur et simple.

       
  6. Kinskiklaus

    11 janvier 2017 at 13 h 07 min

    Imbuvable Sean Penn ? Oh, tu exagères! Imbuvable, donneur de leçons, un melon colossal. Peut-être que l’accueil réservé à son dernier film lui redonnera un peu d’humilité. Puis bon, la crise d’ado à presque 60 ans, ça devient un peu ridicule, surtout quand on vit dans un palace et qu’on fréquente les « grands de ce Monde ». Je ne le déteste pas en tant qu’acteur, en tant que réalisateur, je l’estime surcoté (enfin, jusqu’à son dernier film). En fait, Sean Penn dans mon esprit est toujours collé au mot « Agaçant ».

     
  7. walkfredjay

    11 janvier 2017 at 13 h 10 min

    Je le revois encore en train de bouder pendant une conférence de presse cannoise, parce qu’on lui avait demandé de ne pas fumer ! Summum de ridicule 😀

     
    • Kinskiklaus

      11 janvier 2017 at 13 h 23 min

      Ouaip, vrai enfant gâté mais rebelle de pacotille. Je vois qu’on a la même lecture du personnage !

       
      • walkfredjay

        11 janvier 2017 at 14 h 08 min

        Depuis dix ans, et à l’exception de « THIS MUST BE THE PLACE », son travail d’acteur est au mieux routinier, au pire catastrophique. Cet homme s’ennuie visiblement dans son métier ! Quand on se souvient de ce qu’il était capable de faire dans « OUTRAGES » ou « CARLITO’S WAY » !

         
      • Seb

        11 janvier 2017 at 16 h 47 min

        Je l’avais trouvé assez bon dans le rôle-titre de Harvey Milk et (même si ça a près de 15 ans) Mystic River.

         
  8. walkfredjay

    11 janvier 2017 at 17 h 19 min

    La fin de sa bonne époque…

     
  9. Kinskiklaus

    11 janvier 2017 at 18 h 12 min

    Mystic River, près de 15 ans… J’viens d’prendre un d’ces coups d’vieux, là ! A ce propos, j’ai vu au cinoche le dernier Clint, « Sully ». Je suis un fan d’Eastwood depuis ma plus tendre enfance mais une chose m’agace prodigieusement depuis une grosse quinzaine d’années justement: la presse devient systématiquement laudatrice quand sort un nouveau film de Clint. Tout Clint qu’il est et malgré toute la bienveillance et l’admiration que je lui porte, son dernier chef-d’oeuvre remonte selon moi à 1995 et « Sur la route de Madison » et son dernier très bon film à « Mystic River ».Sully ne risque pas de me faire changer d’avis, ni sur les dernières réalisations du dernier géant ni sur la presse en générale. Sincèrement, je me demande si je n’ai pas davantage aimé « Au-delà », c’est dire le plaisir que j’y ai pris…

     
    • walkfredjay

      11 janvier 2017 at 18 h 25 min

      Fan de la première heure moi aussi. Mais j’ai abandonné. À part « AMERICAN SNIPER » (intéressant, mais qui aurait pu être signé par n’importe quel autre bon cinéaste U.S.), ses films ne me disent rien, s’enchaînent trop vite, ses castings ne m’attirent pas, ses sujets non plus… CLINT, REVIENS !

       
      • Seb

        11 janvier 2017 at 19 h 57 min

        Pour ma part j’ai trouvé qu’après avoir aligné quelques affreux pensums (de Gran Torino à J. Edgar, en gros) il avait retrouvé un peu de sève avec Jersey Boys et American Sniper. Mais la bande-annonce de Sully m’a donné autant envie de voir le film que d’attraper la tourista ! Je crois que ce qui handicape de plus en plus le cinéma d’Eastwood c’est cet académisme figé et assommant dans lequel il se conforte. Le Clint nous sort des images millimétrées mais qui ne respirent pas, qui sont grises à mourir (Invictus, mon Dieu…). Quand il fait du mélo ça passe ou ça casse en ce qui me concerne: Sur la route de Madison, à titre d’exemple, m’a paru affreusement fade et languissant (désolé Kinskiklaus !) tandis que Breezy m’a beaucoup touché.

         
  10. Kinskiklaus

    11 janvier 2017 at 21 h 31 min

    « Jersey Boys » figure dans la très courte liste de films qu’il me reste à découvrir avec « Invictus ». Ouaip, Clint se repose un peu trop sur les lauriers que lui offre la presse et une large partie du public. Même si j’apprécie « Million dollar baby » et « Gran Torino », je trouve que ce sont des œuvres « faciles », larmoyantes. Et il est exact qu’il fait preuve d’un académisme systématique qui, pour le dire poliment, me pompe l’air. Curieusement, c’était déjà le cas dans « Un monde parfait », or, j’adore ce film. Encore une fois, à chacun sa sensibilité, ses ressentis, le moment où chacun découvre un film pour la première fois peut aussi peser dans la balance etc. Comme le dit Fred, j’ai l’impression que depuis un bail, on pourrait mettre n’importe quel bon réalisateur derrière la caméra que le résultat serait le même. Depuis une quinzaine d’année, je reconnais un film de Clint uniquement grâce aux quelques notes de piano éparpillées ici ou là sur la bobine. « Sur la route de Madison », fade et languissant ? Seb, on s’expliquera à la récré !

     
    • walkfredjay

      11 janvier 2017 at 22 h 38 min

      Pour être péremptoire et définitif, la fête s’est arrêtée avec « MYSTIC RIVER », son chef-d’oeuvre. Après, ça se discute, il y a du moyen, du pas mal, du bon même. Mais quelque chose a changé…

      Quand même : « CRÉANCE DE SANG » (bâclé), « JUGÉ COUPABLE », « INVICTUS » (pensum), AU-DELÀ » (on peine à croire qu’il l’a réalisé), « J. EDGAR », ça fait beaucoup !

      Il y a des belles choses dans les deux films sur la WW2, « GRAN TORINO », « MILLION DOLLAR BABY » ou « L’ÉCHANGE », mais c’est vrai des facilités, un manque d’implication. Aucune envie de voir « SULLY », ni « JERSEY BOYS ». Un jour peut-être, quand ils seront soldés à 6 €.

       
      • Seb

        12 janvier 2017 at 0 h 43 min

        J’ai beaucoup aimé L’échange qui allie forme classieuse à une histoire réellement touchante, malgré l’habituel manque de nuances d’Eastwood dans la caractérisation de certains personnages voire de toute une institution (en l’occurrence la police et la presse si je me rappelle bien, uniformément montrées comme des collectivités de « gros cons »). Ah ben voilà qu’on met le doigt sur un autre problème !

         
  11. Kinskiklaus

    11 janvier 2017 at 23 h 49 min

    Je conserve pour ma part « Jugé coupable » que je place au dessus des films que tu cites. Très honnêtement, et je ne parlerais pas de déception car je n’en attendais pas grand-chose, Sully ne présente aucun intérêt à mes yeux. Je me suis copieusement ennuyé et quand le générique de fin a déboulé sur l’écran, j’ai pensé: « Et donc? ».Et tout à l’heure, je ne jouais pas dans le second degré quand j’écrivais que j’avais plus apprécié « Au-delà ». Je place Sully dans mon top 3 des pires films d’Eastwood avec « Firefox » et donc « Au-delà ». Terrible ! Je ne critique pas pour critiquer, bien au contraire, j’ai tellement d’admiration pour lui que je souffre d’être cocu. (la métaphore se révèle un peu hasardeuse, je vous le concède !)

     
  12. Kinskiklaus

    11 janvier 2017 at 23 h 53 min

    De toute façon, c’était prémonitoire: Ici même, j’avais dit tout le mou que je pensais du comédien Tom Hanks. J’ai vu Sully, je vous rassure tous: Tom Hanks fait du Tom Hanks. Fade.

     
  13. Kinskiklaus

    11 janvier 2017 at 23 h 56 min

    Ces deux derniers jours, je me suis délecté avec deux documentaires: l’un consacré à Lee Marvin, l’autre à William Holden. Passer de « ça » à Tom Hanks, j’ai subi un choc thermique.

     
    • Seb

      12 janvier 2017 at 0 h 35 min

      Ah eh bien si ça peut m’éviter quelques hématomes demain après la récré j’avoue moi aussi ne jamais avoir pu supporter Tom Hanks, acteur lisse et inintéressant par excellence ! 😀

       
      • walkfredjay

        12 janvier 2017 at 8 h 08 min

        Hanks, dans la grande tradition des « M. Tout le monde » middle class comme James Stewart ou Rock Hudson en leur temps. Pas très emballant, en effet…

         
      • Seb

        12 janvier 2017 at 10 h 32 min

        Jimmy Stewart est un acteur d’une toute autre trempe, je trouve. Il n’y a qu’à le voir successivement dans un Capra, un Mann et un Ford pour mesurer la richesse et la diversité de son jeu. Un des plus grands, pour ma part.

         

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