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« 45 ANS » (2015)

15 Août

« 45 ANS », c’est typiquement le genre de film minimaliste que le cinéma anglais sait confectionner mieux que quiconque. Deux acteurs qui ont l’âge de leurs rôles, auréolés de leurs magnifiques carrières, un face-à-face austère, dépouillé, qui va au cœur de l’émotion et des relations humaines.45

Alors que Charlotte Rampling et Tom Courtenay s’apprêtent à fêter leurs 45 ans de mariage, il reçoit une lettre lui annonçant que le corps de sa première fiancée a été retrouvé dans les glaces, en Suisse, où elle séjourne depuis un demi-siècle après être tombée dans une crevasse. Belle idée, réminiscente du film de Fred Zinnemann « CINQ JOURS CE PRINTEMPS-LÀ ». Cet incident fait office de grain de sable à l’intérieur de ce couple tranquille et aimant. Elle comprend qu’il n’a pas tout raconté sur cette relation, lui devient obsessionnel, distrait.

Les sentiments sont à peine exprimés, devinés à travers les non-dits, les mensonges. Et malgré l’absurdité de cette « jalousie », le couple s’effrite lentement sous nos yeux. Le scénario avance par touches infinitésimales, tout est suggéré laissant place à l’interprétation de chacun. Rampling n’a jamais été meilleure, aussi humaine et émouvante. Courtenay tient un rôle complexe, paradoxal et parfois opaque. Leur confrontation est magistrale, jusque dans les moindres détails. Ainsi le dernier geste de l’heureuse épouse, alors qu’elle vient de danser amoureusement avec son mari, ouvre-t-il un véritable abime… mais après le mot « FIN ».

Un film fin et intelligent, parfois évocateur de Bergman, porté par des comédiens en état de grâce.

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1 commentaire

Publié par le 15 août 2016 dans CINÉMA ANGLAIS, DRAMES PSYCHOLOGIQUES

 

Une réponse à “« 45 ANS » (2015)

  1. JICOP

    15 août 2016 at 19 h 48 min

    Ca a l’air vraiment bien ; je ne connaissais pas ce film .
    Peut etre les deux regards les plus puissants et emouvants du cinéma Anglais .
    Inutile de présenter la magnifique Charlotte Rampling ( pas encore anoblie par la Reine ? ) .
    Pour ma part je n’ai jamais oublié Tom Courtney jeune dans  » la solitude du coureur de fond  » de Tony Richardson : film magnifique .
    Deux raisons suffisantes en plus de ton billet pour voir ce film .

     

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