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« L’HEURE DU LOUP » (1968)

20 Août
LOUP

MAX VON SYDOW

Un peintre célèbre mais tourmenté, sa jeune compagne naïve et aimante, une île désolée au milieu de nulle part, le vent qui souffle : « L’HEURE DU LOUP », dès ses premières images nous plonge dans l’univers d’Ingmar Bergman sans erreur possible.kinopoisk.ru

On s’attend à un film sur le couple, un huis clos étouffant et sans échappatoire. Mais s’il commence bel et bien de cette façon, le film prend une tout autre tournure quand Liv Ullmann se met à lire le journal intime de Max Von Sydow. À partir de là, les images et les actions deviennent de plus en plus oniriques, irréelles, fantasmées et c’est dans l’âme torturée de cet artiste ombrageux qu’on pénètre de force.

Si le scénario paraît hermétique, on peut le voir comme la mise à nu des rouages utilisés par le peintre pour créer : ses souvenirs, ses hantises, ses cauchemars les plus inavouables (un meurtre d’enfant particulièrement sordide, une scène de quasi-nécrophilie avec son ancienne maîtresse, un dîner entouré d’hôtes fantomatiques). Un univers malsain et fermé sur lui-même où la jeune femme tente de s’immiscer pour mieux comprendre et mieux aimer son lugubre amoureux. On s’enfonce dans ces images comme dans une mer noire et glacée, grâce au noir & blanc tranchant de Sven Nykvist.

Von Sydow est égal à lui-même, d’une absolue sobriété habitée. Ullmann est le seul rayon d’espoir et de vie dans ce monde moribond. Ingrid Thulin apparaît en spectre sensuel et inquiétant.

Sans doute pas l’œuvre la plus originale de Bergman, mais un film maîtrisé et âpre, qui laisse des traces.

LOUP2

LIV ULLMANN, INGRID THULIN ET MAX VON SYDOW

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17 réponses à “« L’HEURE DU LOUP » (1968)

  1. Miguel

    21 août 2016 at 10 h 09 min

    Voyage dans l’inconscience sexuelle, on devine l’inceste, bref c’est freudien. L’épouse tente, bien malgré elle, de «psychanalyser» son mari avec comme seul moyen l’affection qu’elle porte pour lui mais en vain. C’est complexe à saisir mais dans cette histoire de couple, Bergman pose quelques jalons par l’intermédiaire de Liv Ullmann, seule repère conscient voire un refuge accordé au spectateur dans ce spectacle morbide de l’inconscience (sa présence pendant la scène fantasmé du dîner) ou pour souffler un peu entre deux cauchemars de l’artiste (son témoignage en tant qu’épouse, son analyse profane).

     
  2. Kinskiklaus

    5 janvier 2017 at 12 h 49 min

    Les premières phrases de la chronique m’évoquent vaguement « Cul de sac » de Polanski. Entrer dans l’oeuvre de Bergman par celui-ci, est-ce une bonne ou une mauvaise idée ? Les amis, exprimez-vous et guidez-moi !

     
    • walkfredjay

      5 janvier 2017 at 12 h 54 min

      Celui-ci me paraît un peu trop opaque pour démarrer l’exploration, il est sûrement plus accessible après quelques autres visionnages. Personnellement, je te conseillerais « LE SILENCE », « LES FRAISES SAUVAGES » ou « LE SEPTIÈME SCEAU ». Dans les tardifs, il y a le sublime « SONATE D’AUTOMNE ». Difficile de choisir, en fait… 🙂

       
    • Miguel

      5 janvier 2017 at 14 h 29 min

      Tu peux commencer par regarder quelques scènes d’un film de Bergman sans les sous titres. Tu laisse les images te guider et tu te fais une idée de ce que le cinéaste veut exprimer. Et après, tu revois la scène avec les sous titres. Tu peux faire la même chose avec le film en entier mais alors là bon courage. Je ne dis pas que c’est une bonne méthode mais c’est comme ça que je fait pour plus ou moins capter le style de certains cinéastes. A toi de voir

       
      • Kinskiklaus

        5 janvier 2017 at 14 h 46 min

        Merci les gars pour vos conseils ! J’en tiendrai compte dès la semaine prochaine au moment des soldes.

         
  3. JICOP

    5 janvier 2017 at 17 h 54 min

    Allez mon Klaus , toi qui a aimé  » la belle noiseuse  » pour les raisons que l’on connait … 😉 , c’est à dire le sens de la vie , les rapports à la création , l’insondable mystère de l’existence ; alors lance toi dans l’œuvre du maitre Suedois , tu y trouveras matière à reflexion et splendeur visuelle .
    Les films cités par Fred sont parfaits .
    Je me suis surpris en pleine séparation il y a 2 ans à regarder  » scènes de la vie conjugale  » pour me sentir moins seul .
    Je rajouterai pour la forme  » une passion  » et  » l’œil du serpent  » .

     
    • Kinskiklaus

      5 janvier 2017 at 19 h 31 min

      Tu n’es pas seul Jicop. Je me suis surpris en pleine séparation avec mon prépuce il y a quelques années à regarder « L’empire des sens » pour me sentir moins seul. C’est fou comme le cinéma nous permets de nous évader à des moments cruciaux de notre vie.

       
      • JICOP

        5 janvier 2017 at 20 h 07 min

        Ah ben voila  » l’empire des sens  » ; ça c’est un bon exemple d’un film profond sur les rapports de domination sociale dans le Japon de l’ère Meiji . Je me sens honteux d’un seul coup d’avoir vu en tes choix de films une occasion de te laisser aller à des penchants voyeuristes alors qu’il s’agissait d’une inextinguible soif de liberté et d’apprentissage de la vie … j’ai honte .;)
        P.S : J’ai eu la meme sensation avec  » les vies de Loulou  » de Bigas Luna .

         
  4. Kinskiklaus

    5 janvier 2017 at 19 h 20 min

    Merci infiniment Jicop pour la réputation d’obsédé que tu me colles ! J’ai été enfant de chœur dans une autre vie, moi, Môssieur ! J’avoue qu’il m’est arrivé deux ou trois fois de mater sous les aubes de mes consœurs afin de parfaire mes connaissances de la Bible, mais pas plus. Alors je vous conseille de cesser vos insinuations scabreuses sur le champ. Bergman, j’arrive !

     
  5. Kinskiklaus

    5 janvier 2017 at 21 h 07 min

    Je ne connais pas « les vies de Loulou ». De Bigas Luna, je n’ai vu que « Jambon, Jambon » il y a longtemps, à une époque où je cherchais un film pour m’aider à progresser dans l’étude de la langue de Cervantès. Je n’ai pas progressé mais j’en garde un souvenir…ému.

     
    • JICOP

      5 janvier 2017 at 21 h 47 min

      Moi aussi ; pas de progression en Espagnol mais  » les vies de Loulou  » , c’est assez représentatif d’un cinéma militant pour l’insatiable volonté d’émancipation de la femme dans l’Espagne post-Franquiste .
      Un theme qui , j’en suis sur , t’interessera au plus haut point 😉

       
      • Kinskiklaus

        5 janvier 2017 at 21 h 53 min

        Bof, moi tu sais, l’émancipation des femmes, ça m’dépasse. M’enfin, j’y jetterais un coup d’œil histoire de satisfaire mon insatiable curiosité. C’est vraiment pour te faire plaisir, hein ! Y a de beaux paysages au moins ?

         
  6. JICOP

    5 janvier 2017 at 22 h 34 min

    Ben heu non , pas vraiment .
    C’est plutôt filmé en interieur .
    Tu vois ; c’est plutôt une sorte de huis-clos .
    Le jeu des acteurs et actrices est par contre assez physique …

     
    • walkfredjay

      5 janvier 2017 at 22 h 46 min

      Un film sur le sport, alors ?

       
      • JICOP

        5 janvier 2017 at 23 h 24 min

        Oui . On peut dire ça bien que je doute que le CIO valide les disciplines exercées !! 🙂

         
  7. Kinskiklaus

    5 janvier 2017 at 23 h 37 min

    J’comprends plus rien ! Un film ayant trait au sport avec pour toile de fond l’émancipation des femmes à l’heure du loup après la chute de Franco Bergman…

     
  8. Kinskiklaus

    5 janvier 2017 at 23 h 41 min

    Mais quel rapport avec les vies de Loulou Gasté ? Un film à la gloire de Line Renaud ? Fallait le dire tout de suite. J’achète !

     

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