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Archives Mensuelles: septembre 2016

KLAUS DÉFINITIF ?

« REAL DEPRAVITIES : THE FILMS OF KLAUS KINSKI » écrit par Troy Howarth et publié par « WK Books » est – à plus de 500 pages bien compactes – probablement l’ouvrage « définitif » qu’attendaient depuis des décennies les fans de l’acteur le plus extravagant de l’Histoire du 7ème Art.

L’auteur pose un regard lucide sur l’homme, l’artiste et sur sa carrière. Tous les films sont analysés un par un, de fond en comble. Plusieurs « mystères » de sa copieuse filmographie sont levés.

C’est généreusement illustré, souvent par des photos rarissimes voire jamais publiées. Regrettons alors que l’impression soit aussi basique et uniquement en noir & blanc.kk-book

On trouve çà et là quelques perles, comme une liste complète de ses téléfilms, depuis l’Allemagne des débuts jusqu’aux U.S.A. de son déclin, des projets « auxquels on a échappé », une chronique de « GRANDI CACCIATORI », film « perdu » depuis son tournage en 1988, jamais sorti nulle part et qui semble devoir émerger depuis quelque temps.

L’auteur ne manquant pas d’humour, il imagine un dialogue entre lui et son sujet dans le prologue. « Pourquoi Klaus Kinski ? » se demande-t-il. « Parce je suis un génie, petit merdeux ! », aurait répondu Klaus.

Pour le fan, des heures et des heures de lecture assurées et une vision enfin dégagée de l’inextricable chaos que fut sa carrière.

 

HAPPY BIRTHDAY, BEN !

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BEN COOPER, ACTEUR DE TV DES ANNÉES 50 ET 60, SURTOUT MÉMORABLE POUR SON RÔLE DANS « JOHNNY GUITARE ».

 
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Publié par le 30 septembre 2016 dans ANNIVERSAIRES

 

« GOTTI » (1996)

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ARMAND ASSANTE

Inspiré de la vie de John Gotti (1940-2002), capo de la mafia new-yorkaise des années 80-90, ce ‘biopic’ de deux heures possède deux gros atouts dans sa manche : la présence du trop sous-estimé Armand Assante dans le rôle-titre et celle de Robert Harmon, le réalisateur du mythique « HITCHER ».GOTTI2

« GOTTI » retrace l’ascension et la chute d’un caïd ambitieux et indépendant, qui défie constamment la hiérarchie mafieuse et refuse les règles basiques de la ‘Cosa Nostra’, n’hésitant pas à assassiner ceux qui entravent sa progression, fussent-ils des parrains a priori intouchables. Les deux premiers tiers du film sont passionnants, disséquant avec minutie et sans complaisance les us et coutumes du Milieu et le caractère ombrageux d’un caïd iconoclaste mais trop paranoïaque pour durer. La dernière partie, suivant sa chute orchestrée par le FBI, est moins intense, plus routinière.

La vraie force de « GOTTI » réside dans une réalisation très « cinéma » et dans un cast où on retrouve une bonne partie des « tronches » des « SOPRANO » (Dominic Chianese, Tony Sirico, Vince Pastore ou Frank Vincent), ainsi que William Forsythe (qui traîne « IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE » dans son sillage) excellent en bras-droit un peu trop sanguinaire, le réalisateur Richard C. Sarafian en « capo » incapable. Mais c’est un Anthony Quinn de presque 80 ans qui crève l’écran dans un rôle complexe de mentor soupe-au-lait « à l’ancienne », qui a les meilleures répliques du film. À noter aussi, la courte mais marquante apparition d’une grande figure du ‘film noir’ : Marc Lawrence, en ‘Don’ quasi-momifié, mais encore dangereux et charismatique.

Dominé par la présence physique assez exceptionnelle d’un Assante en pleine possession de ses moyens, « GOTTI » est un beau téléfilm qui parvient à ne jamais glorifier ses protagonistes, tout en laissant deviner leurs aspects humains. À voir dans la foulée des « AFFRANCHIS » et des « SOPRANO ».

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ANTHONY QUINN, ARMAND ASSANTE ET WILLIAM FORSYTHE

 

HAPPY BIRTHDAY, WILLIAM !

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WILLIAM A. FRAKER (1923-2010), UN DES GRANDS DIRECTEURS PHOTO DES ANNÉES 60 ET 70. RÉALISATEUR DU TRÈS BEAU «MONTE WALSH ».

 

 
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Publié par le 29 septembre 2016 dans ANNIVERSAIRES

 

« LA HONTE » (1968)

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MAX VON SYDOW ET LIV ULLMANN

« LA HONTE » démarre exactement comme « L’HEURE DU LOUP » sorti l’année précédente. Liv Ullmann et Max Von Sydow sont un couple vivant en autarcie sur une petite île, avec leurs chamailleries, leurs petits tracas quotidiens, leurs problèmes existentiels. On est tout prêts à les suivre pour une nouvelle introspection psychanalytique…HONTE3

Oui mais voilà, soudain c’est la guerre ! Et le conflit s’immisce dans l’univers bergmanien avec la brutalité d’un viol et fait voler en éclats le confort des images familières de Sven Nykvist et les habituels silences bergmaniens. Le scénario démontre, étape par étape, comment un musicien égocentrique, hypersensible, qui pleurniche à la moindre contrariété et s’évanouit quand il a peur, va devenir un véritable tueur prêt à tout pour survivre. Avec une délectation morbide, Bergman décrit la désagrégation du couple, miné par la trouille et la lâcheté.

C’est très étonnant d’assister à des bombardements, à des scènes de fusillade dans un film du maître suédois, mais on est tellement déstabilisé, qu’on pénètre d’autant plus dans le film, jusqu’à cette non-conclusion en pleine mer, entre rêve et réalité.

Magnifiquement cadré, comme toujours, « LA HONTE » doit beaucoup à son couple d’acteurs : Von Sydow pétri de contradictions, veule, abject même, mais totalement humain. Et Liv Ullmann qui fait tout passer dans son œil clair, de la candeur au dégoût. Le film se regarde comme un long cauchemar dont on ne voit pas l’issue, à la fois très différent des autres œuvres de Bergman et pourtant, ne pouvant être signé que par lui.

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LIV ULLMANN ET MAX VON SYDOW

 

HAPPY BIRTHDAY, WILLIAM !

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WILLIAM WINDOM (1923-2012), SECOND RÔLE EXTRÊMEMENT PROLIFIQUE DES ANNÉES 60 ET 70, À LA FILMO DE PLUS DE 250 TITRES.

 
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Publié par le 28 septembre 2016 dans ANNIVERSAIRES

 

« 11: 14 » (2003)

1114« 11 :14 » ne raconte pas grand-chose : un télescopage d’accidents, de morts violentes, de coïncidences, sur une route de la banlieue de L.A., le temps d’une nuit. Ce n’est donc pas le fond qui peut intéresser dans le film, mais bien la forme. Car, visiblement inspiré par « RÉSERVOIR DOGS » (1992) et « MEMENTO » et « AMOURS CHIENNES » (2000), l’auteur déconstruit son scénario en un puzzle temporel qui avance en reculant.

Plus le film progresse, plus les événements s’encastrent les uns dans les autres et s’expliquent. Impossible donc, de lâcher le morceau, d’autant que l’exercice de style est maîtrisé et que les comédiens sont tous excellents. On retiendra tout particulièrement Hilary Swank à contremploi dans un rôle de caissière au faciès ingrat amochée par un appareil dentaire, Rachel Leigh Cook très bien en lolita manipulatrice, Patrick Swayze jouant son père dévoué mais pas bien futé ou un tout jeune Ben Foster en ado fêtard qui perd son pénis dans l’aventure (trop long à expliquer !).

Entièrement tourné de nuit, mais faisant l’heureux choix d’une photo ciselée et constamment lisible, « 11 :14 » se regarde comme un jeu de piste violent et amoral, où chaque acte a son immédiate conséquence et où le second degré affleure sans jamais vraiment prendre le dessus sur un traitement viscéral et efficace.

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SHAWN HATOSY, HILARY SWANK, RACHEL LEIGH COOK ET PATRICK SWAYZE

90 minutes de plaisir simple assurées donc, même si on peut se demander, après le mot « FIN » si un minimum d’humanité et d’émotion n’aurait pas un peu relevé la sauce. Tel quel, ce n’est qu’une mécanique huilée mais sans âme. Agréable, toutefois…