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BRONSON… EN LIBRAIRIES

03 Sep

Le livre « BRONSON » signé Arnaud Sagnard, qui vient de paraître chez Stock est qualifié de roman. C’est vrai… Et faux. Il s’agit en réalité d’un kaléidoscope d’informations biographiques et de bribes de légende, d’une mosaïque étrange et parfois saisissante, mêlant les extraits minutieusement détaillés du film-phare de l’auteur : « LE FLINGUEUR », la chronologie pointilleuse de la vie et de la carrière de Charles Bronson, de passages romancés à partir d’infimes indices glanés çà et là et, en filigrane, une autobiographie très originale. En fait, cela aurait très bien s’intituler « BRONSON ET MOI » !CB BOOK2

« BRONSON », c’est une tentative d’analyser de façon littéraire, l’historique et les raisons d’une obsession qui dure depuis l’enfance. Celle d’un jeune Français suivant pas à pas le parcours d’un acteur hollywoodien qui trouvait enfin le succès, quand lui-même venait au monde.

Arnaud Sagnard est obsédé – comme pas mal de visiteurs de « BDW2 », il faut être honnête ! – mais pas idolâtre. Il analyse avec une grande justesse les qualités du comédien et aussi ses manques, il décrit parfois d’une plume cruelle ses années de déchéance. Mais cela n’a jamais empêché ce lien invisible et inexplicable de perdurer. Jusqu’à en faire le sujet de son premier roman.

On appréciera les apartés sur Wallace Beery par exemple, l’acteur préféré de Bronson, ou sur Al Mulock second rôle complètement oublié au destin tragique qui se suicida sur le tournage de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST ». On y trouve également des scènes érotiques fantasmées, on y croise… Marguerite Duras et on y sent planer l’ombre de la mort : « Les gens comme lui ont quelque chose en eux », disait Cheyenne, « Quelque chose qui ressemble à la mort ».

« BRONSON » ravira le public éternellement fidèle de Charley Bronson, parce qu’il joue avec le mythe, tente de donner une forme définie à un charisme unique, volatile et extrêmement compliqué à cerner totalement.

En refermant le livre, sait-on vraiment pourquoi ce comédien limité, au physique granitique, à la voix inimitable, qui tourna quelques classiques mais surtout une majorité de navets, est encore aussi populaire aujourd’hui ? Non… Et à bien y réfléchir, c’est probablement ce mystère insoluble qui va finir par rendre Charles Buchinsky immortel.

CB BOOK

ARTHUR BISHOP, LE FLINGUEUR…

À lire quoi qu’il en soit, pour tous ceux qui ne se sont jamais remis de sa première apparition à la gare dans « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » ou de son irruption par le bas de l’écran dans « LE FLINGUEUR ». Ils y seront en terrain connu !

Une brique singulière à l’édifice lentement érigé à la gloire de Charles Bronson, à coups de DVD, de Blu-rays, de biographies…

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12 réponses à “BRONSON… EN LIBRAIRIES

  1. JICOP

    3 septembre 2016 at 17 h 40 min

    Je dois avouer que le projet ne me tentait pas trop dans ton precedent billet , Fred .
    Je preferais au depart une bio consequente en bonne et due forme .
    Mais je dois avouer que le retour que tu fais du livre aurait tendance a re-evaluer serieusement mon interet , vu que je m’attendais a un de ces livres nombrilistes bobo comme il en existe tant , avec un auteur se servant d’une icone de la contre-culture comme point d’appui a sa propre idolatrie .
    S’il existe une sincerite dans ce projet , alors le livre a le merite d’exister !!

     
    • walkfredjay

      3 septembre 2016 at 17 h 43 min

      L’auteur aime sincèrement son sujet et a su condenser des myriades d’infos. Oui, il se sert d’une icône de la contre-culture en miroir à sa propre vie, mais c’est une icône singulière, qui a peu servi. On est loin de Marilyn, James Dean, Bogart ou même Eastwood…
      Bronson demeure une icône pour « happy few », méprisée par une majorité focalisée sur sa fin de carrière.

       
    • Patrick

      4 septembre 2016 at 15 h 18 min

      Pareil ce livre m’attirait peu mais finalement la critique de Walkfredjay me rend curieux et donne envie de lire ce livre.

       
  2. Corey

    4 septembre 2016 at 0 h 05 min

    Enfin, un livre sur Bronson en Français ! Même si c’est pas une vraie bio, c’est toujours bon à prendre. Si populaire dans les années 70-80, je trouve que Bronson est complètement oublié de de nos jours. Il est juste un nom que les quadras associent encore à « justicier », mais c’est à peu près tout, malheureusement. Je pense que ses années Cannon qui l’ont rendu si populaire dans les années 80 ont eu tendance à le ringardiser avec les années. I

     
    • walkfredjay

      4 septembre 2016 at 19 h 49 min

      Pour moi, le « vrai » Bronson a fini sa carrière avec « CHASSE À MORT » à l’aube des années 80. Ensuite, c’est la bête exploitation d’une image dans des nanars à petit budget capitalisant sur son passé cinématographique. À une ou deux exceptions près, c’est un infâme gâchis. Quand on le voit dans « ACT OF VENGEANCE » ou « INDIAN RUNNER », on se dit qu’il aurait parfaitement pu opter pour un cinéma plus ambitieux et des rôles plus en accord avec son âge.

       
  3. Corey

    5 septembre 2016 at 1 h 19 min

    Oui, mais rares sont les stars qui ont connu le succès tôt à avoir bien négocier le tournant de l’âge dans cette génération… A commencer en France par Delon ou Belmondo ! Eastwood est une belle exception. Bronson s’est contenté de capitaliser sur son personnage, une rente en or !

     
    • walkfredjay

      5 septembre 2016 at 8 h 08 min

      Après la mort de Jill Ireland et son comeback dans « INDIAN RUNNER », Bronson avait multiplié les déclarations affirmant sa volonté d’arrêter les séries B de vigilante et de se consacrer à un cinéma plus « sérieux ». Plusieurs projets avaient même été annoncés dans la presse professionnelle. Et puis… il a tourné « DEATH WISH 5 » !

       
  4. Kinskiklaus

    5 septembre 2016 at 10 h 05 min

    En me renseignant sur l’auteur dudit livre, je suis tombé sur son twitter et me suis aperçu qu’il a relayé ton article, Fred ! Me tente vraiment la lecture de ce bouquin, je pense même qu’elle serait idéale pour moi dans la mesure où je ne suis pas un « fan » de Bronson mais plutôt un « admirateur souterrain ». J’en profite pour rappeler ici une anecdote amusante : lorsque j’avais 20 ans, j’avais voyagé sur la côte normande et je descendais dans les hôtels sous le nom de Charles Buchinsky. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien moi-même, mais quelque part, cela signifie que sans être un fan pur et dur, Bronson fait partie de ma culture et de ma vie depuis tout petit.

     
  5. Kinskiklaus

    22 novembre 2016 at 23 h 27 min

    Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite…

    http://www.ebay.fr/itm/BD-adultes-LADY-SEXE-N-2-CHARLES-BRONSON-style-ELVIFRANCE-serie-humour-1977/391564572670

     
  6. Kinskiklaus

    6 mars 2017 at 16 h 41 min

    Je conseille la lecture de ce livre à tous. Je copie-colle ici un message que je viens d’envoyer à l’auteur dudit livre, ainsi vous comprendrez mon enthousiasme:

    Dès la sortie de votre livre, je m’étais dit qu’il fallait que je l’achète. Il faut remettre les choses dans leur contexte: je ne suis pas fan de l’acteur mais, et c’est assez curieux, je le respecte et le connais depuis ma période nourrisson, comme s’il faisait partie de ma famille et de mes yeux depuis l’éternité . J’ai donc eu vent de votre livre. Par un raccourci un peu rapide, je vous l’avoue, j’ai d’abord pensé qu’il s’agissait là d’un énième bouquin écrit par un bobo dans l’air du temps qui fait mine d’aimer son sujet pour mieux s’en moquer. J’ai terminé votre oeuvre ce matin, malheureusement. J’écris malheureusement car j’aurais aimé qu’il contienne mille pages supplémentaires tant j’y ai pris à sa lecture un plaisir immense, presque déraisonnable. Fou de littérature, mes maîtres sont Hamsun et Calaferte, comme vous le voyez, je ne prends pas la littérature à la légère. Il existe des livres qui vous hantent, mieux, qui vous hanteront toute votre vie. Le vôtre fera partie de ma vie. Tomber amoureux d’un livre, ça ne s’explique pas. Je suis tombé amoureux du vôtre. Vous avez eu assez bonne presse dans divers articles mais je regrette que beaucoup de critiques n’aient pas mis l’accent sur le côté littéraire de votre oeuvre, littéraire avec un L majuscule. Magnifiquement écrit, imparfait comme les rides ornant le visage de Bronson, et c’est ce qui lui ajoute le charme qui fait la différence des grands. Plus encore que votre obsession pour le sujet que vous avez traité, j’ai grandement apprécié la psychologie dont vous faites preuve, vos pointes d’humour comme vos pointes graves, l’analogie Bronson/Mort, les parallèles entre des épisodes de la vie de l’acteur avec votre propre vie (qui par moments m’a fait penser à du Philippe Jaenada, écrivain que j’ai la chance de connaître), vos obsessions concernant l’exactitude de certains faits ainsi que celle que vous portez aux chiffres. Bref, j’arrête là sans quoi vos chevilles finiraient par devenir douloureuses et je ne veux en aucun cas vous faire du mal. C’est curieux les choses de la vie. Comme je l’écrivais plus haut, je ne suis pas fan de Bronson mais j’ai l’impression de le connaitre depuis toujours. Une anecdote vous fera sûrement sourire: A l’âge de 20 ans, en 2002, alors que j’étais un tout jeune retraité de ma scolarité, j’étais parti en stop pour passer quelques jours au Tréport. Descendu à l’hôtel Richelieu, on me tendit une petite fiche sur laquelle je devais inscrire mon nom. Et j’ai écris Charles Buchinsky. Bien entendu, je connaissais déjà à cette époque le vrai nom de Bronson car je suis curieux de nature et cinéphile mais pourquoi avais-je choisi ce nom en particulier ? J’en sais fichtrement rien. Voilà, cher Arnaud Sagnard, par ce message, je voulais simplement vous remercier d’avoir écrit un ouvrage qui m’a procuré autant de plaisir à sa lecture. Certes, vous avez un peu une tête de bobo, certes, vos lunettes m’apparaissent comme ridicules, tout comme vos vêtements (sourires!). Mais sous cette tête de bobo se cache un écrivain de grand talent avec lequel je serais ravi de boire un verre un de ces jours dans Paris la belle.

     
    • JICOP

      6 mars 2017 at 18 h 15 min

      Bon , tu l’as bien tacle sur son physique quand meme 😉
      En meme temps c’est vrai qu’il a une tete de bobo .
      Laissons la de basses et viles attaques .
      Le livre a l’air de t’avoir sacrement plu , c’est une evidence , et tant mieux pour l’auteur, mes reticences du debut s’ envolent pour de bon cette fois .

       
      • Kinskiklaus

        6 mars 2017 at 18 h 36 min

        Fonce Jicop, ce livre est un régal. Je vais même plus loin, j’envisage de rejoindre la secte des Bronsonien pour de bon. Et c’est important de le dire, le livre, en plus d’être fort bien écrit, se révèle d’une originalité folle. Je lis beaucoup et il s’agit là de ma meilleure lecture depuis le « Nuit » de Hilsenrath il y a trois ans (dans un tout autre genre). Fonce !

         

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