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« UN FAUX MOUVEMENT » (1992)

09 Sep

FAUXBilly Bob Thornton n’était qu’un second couteau anonyme, spécialisé dans les rôles de « rednecks » abrutis, quand il co-signa le scénario de « UN FAUX MOUVEMENT », un polar rural à l’effarante noirceur, qui fut son premier pas vers le vedettariat.

Entre L.A., le Texas et l’Arkansas, le scénario suit la cavale de deux tueurs sociopathes (Thornton lui-même et Michael Beach) et de leur complice (la troublante Cynda Williams), qui après un carnage atroce vont se planquer dans la ville natale de l’un d’eux. Deux flics du FBI les y attendent, ainsi que le shérif local (Bill Paxton), un fier-à-bras hyperactif en mal d’héroïsme.

Délibérément lent et monocorde, le film ne manque pourtant pas de tension. Il colle à ses protagonistes impavides et imprévisibles et réserve quelques coups de théâtre surprenants (le passé commun de Paxton et Cynda Williams) et décrit la violence avec une sècheresse bien plus choquante que n’importe quel étalage de ralentis et de giclures sanglantes.

Le film évoque vaguement les débuts des frères Coen (« SANG POUR SANG »), mais l’humour en est totalement banni et les personnages, qui semblent d’abord taillés dans la masse, s’affinent petit à petit, jusqu’à devenir tridimensionnels et pour la plupart, terriblement attachants. Dans un cast irréprochable, Paxton est particulièrement excellent en brave type naïf dont on découvre progressivement un aspect moins sympathique, Beach fait froid dans le dos en tueur sadique et Thornton joue une « bête humaine » sans la moindre qualité rédemptrice.

« UN FAUX MOUVEMENT » est un film méconnu et oublié, qui mérite largement d’être exhumé et remis à sa juste place.

FAUX2

BILL PAXTON, MICHAEL BEACH, BILLY BOB THORNTON ET CYNDA WILLIAMS

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9 réponses à “« UN FAUX MOUVEMENT » (1992)

  1. Thomas Pacull

    9 septembre 2016 at 11 h 36 min

    Dommage que Carl Franklyn n’est jamais fait aussi bien ensuite ,Le Diable en Robe Bleue et Out of Time sont de bons polars mais bien plus conventionnels
    Paxton est vraiment un acteurs sous-estimés et sous-utilisés ,Son film Emprise est un bijou

     
  2. Seb

    9 septembre 2016 at 13 h 15 min

    Vu il y a quelques années et je n’avais pas trop accroché a ce polar languissant et plombant. Par contre d’accord pour l’excellent Emprise qui montre la maîtrise de Paxton derrière la caméra.

     
    • Patrick

      9 septembre 2016 at 15 h 02 min

      Vu il y a quelques années aussi et j’avais apprécié, c’est un bon polar (par contre L’Empire de Paxton je l’ai trouvé fade).

      J’ai lu sur UN FAUX MOUVEMENT que son seul tort était d’être sorti en même temps que Reservoir dogs et du coup s’être fait éclipsé par ce dernier.

       
      • Seb

        10 septembre 2016 at 10 h 03 min

        Je le trouve malgré tout moins ennuyeux que Reservoir Dogs !

         
      • Patrick

        10 septembre 2016 at 11 h 13 min

        En le revoyant je me suis rendu compte quand même que Reservoir dogs était un bon film peut-être le meilleur de Tarantino pour autant je ne suis pas un fan du bonhomme.

         
      • Seb

        10 septembre 2016 at 11 h 30 min

        Il fut un temps où j’étais fan de ce film (et de Tarantino en général) mais en le revoyant je l’ai justement trouvé d’une verbosité complaisante et assommante en plus d’être d’un vide intersidéral.

         
  3. eggshenz

    15 septembre 2016 at 3 h 22 min

    Confirmation du statut d’œuvre percutante (cf : âpreté de la scène d’introduction), à “hauteur d’homme” et sans emphase du film, comme décrit dans cet article. À ajouter néanmoins, et ce d’un strict point de vue thématique ; le métrage, parce qu’il n’est pas imbibé d’un moralisme culpabilisant (propre à des films comme “Mississipi burning” par exemple), fait montre d’une grande efficacité pour souligner le malaise inter-ethnique qu’il peut exister dans la culture américaine. En cela, le cheminement narratif de B.Paxton, loin de se calquer sur les stéréotypes dualistes de la figure codée qu’il incarne, met en lumière la subtile brisure “blanc-noir” (cœur inavoué de la narration), qui trouve son incarnation dans ce “faux mouvement” (amour fugace désavoué et étouffé) comme événement déclencheur d’une tragédie humaine (trajectoire de C.Williams, jusqu’au plan de clôture, véritable note d’intention, d’une grande noirceur).

     
  4. valcogne

    17 septembre 2016 at 19 h 56 min

    Un bon film presque inconnu qui mérite d’être vu. « Le diable en robe bleu » sur un autre registre n’est pas mal non plus et Denzel Washington nous y surprend agréablement. Je me ferai un plaisir de découvrit  » Emprise » après vos avis ci-dessus.

     
    • walkfredjay

      17 septembre 2016 at 21 h 33 min

      J’ai vu « EMPRISE » et je l’ai presque totalement oublié ! Mais je n’avais pas été très emballé. À revoir, sans doute…

       

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