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« L’ÉVADÉ » (1975)

13 Sep
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CHARLEY SMILES !

« L’ÉVADÉ » est le premier film qu’un Charles Bronson de 53 ans tourna après le succès U.S. de « UN JUSTICIER DANS LA VILLE », qui fit de lui un acteur « bankable » sur son sol natal. Réalisé par le solide Tom Gries, c’est un film d’aventures lointainement inspiré de faits réels, qui surprend un peu par la pauvreté de son scénario et par son manque d’ampleur et de vrais rebondissements.breakout

Survenant après vingt minutes de projection, Bronson est un pilote plutôt minable, qui accepte de faire évader Robert Duvall, un homme emprisonné (à tort) au Mexique par son propre grand-père (John Huston en roue-libre). C’est l’épouse du malheureux (Jill Ireland) qui se charge des modalités et le peu téméraire Charley finira par s’exécuter pour ses beaux yeux.

Se déroulant dans deux décors principaux : le club d’aviation délabré de Bronson et de son associé Randy Quaid, et dans l’enceinte du bagne, « L’ÉVADÉ » fait du sur-place, se répète, perd du temps en tentatives avortées, s’enlise dans les scènes de prison où Duvall (tellement crédible qu’on le croirait échappé d’un autre film !) se délabre physiquement et moralement. Que reste-t-il alors, pour tenir le coup jusqu’à l’évasion finale en hélico, relativement accrocheuse ? Le bagout de Bronson, dans le même ‘mood’ drolatique que dans « MR MAJESTYK », qui cabotine pas mal, appuie ses effets par des mimiques pas toujours très légères et exhibe ses légendaires biceps. S’il « rame » visiblement dans ses face-à-face avec la crispante Ireland, il s’avère en revanche amusant quand il échange des répliques avec l’excellente Sheree North jouant son amie d’enfance ou avec Quaid en grand dadais pas très vif d’esprit. Malgré tout, si on applaudit l’effort, on préfèrera toujours notre Bronson minéral et taiseux.

Ne pas se fier donc, au démarrage prometteur évoquant vaguement un film de Peckinpah avec ses décors mexicains, ses ralentis, ses images gelées sur des impacts de balles et la présence d’Emilio Fernandez au générique. « L’ÉVADÉ » n’est qu’un petit film moyennement écrit, paresseusement filmé, qui fait peu de cas d’un pourtant alléchant casting.

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ROBERT DUVALL, JILL IRELAND, CHARLES BRONSON ET SHEREE NORTH

Pour la petite histoire : Gries avait déjà dirigé Bronson 14 ans plus tôt à la TV, dans l’épisode « DEAD LOAD : DAVE BRADDOCK » de la série « LES BARONS DE LA PÈGRE » avec également Jack Lord. Il remplaça Michael Ritchie au pied-levé sur le tournage de « L’ÉVADÉ », après que celui-ci ait refusé Jill Ireland dans le rôle féminin principal.

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11 réponses à “« L’ÉVADÉ » (1975)

  1. Corey

    13 septembre 2016 at 11 h 29 min

    « Malgré tout, si on applaudit l’effort, on préfèrera toujours notre Bronson minéral et taiseux. »
    Contrairement à toi, je le préfère quand il « joue » un peu plus, dans Soleil rouge ou De la part des copains, par exemple…

     
    • walkfredjay

      13 septembre 2016 at 12 h 43 min

      En fait, ta remarque me pousse à réfléchir aux raisons de mes préférences bronsoniennes : quand il « joue » (les films que tu cites, mais aussi « COSA NOSTRA », « C’EST ARRIVÉ ENTRE MIDI ET TROIS HEURES » ou « LES BAROUDEURS »), je trouve Bronson souvent excessif et même maladroit dans ses expressions outrées et mouvements de bras. Par contre, quand il « bronsonise », il est inégalable. One of a kind, comme on dit chez lui !

       
  2. Marc Provencher

    13 septembre 2016 at 13 h 51 min

    « [Gries] remplaça Michael Ritchie au pied levé sur le tournage de « L’ÉVADÉ », après que celui-ci ait refusé Jill Ireland dans le rôle féminin principal. »

    Quand le réalisateur est un béni-oui-oui, voilà ce que ça donne. Je n’ai pas revu ‘BREAKOUT’, mais je m’en souviens comme d’un film mou du genou malgré quelques « Bronson moments » et « Duvall moments » fort acceptables.

     
  3. pacull thomas

    14 septembre 2016 at 5 h 47 min

    J’aime bien l’homme de main joué par le toujours excellent Paul Mantee .
    Pour Randy Quaid ,la réalité a rejoint la fiction :http://www.purepeople.com/article/randy-quaid-parano-mais-libere-de-prison-sa-nouvelle-vie-dans-le-vermont_a166906/1

     
  4. Patrick

    14 septembre 2016 at 12 h 25 min

    Un film que j’avais trouvé moyen puis en le revoyant j’ai changé d’avis voici la critique que j’ai poste sur Allociné :

    « Je change d’avis en revoyant ce film et mon opinion se revoit à la hausse certes L’Evadé n’est pas un grand film mais il remplit bien sa mission : celle de nous divertir. Réalisé sans véritable caractère pourtant L’Evadé fonctionne bien en partie grâce à son casting et par le fait que tout le film avance sans problème, ça manque sans doute de scènes fortes et Tom Gries aurait pu assombrir son récit et approfondir le pourquoi le grand-père (brève apparition de John Huston) a permis que son petit-fils se fasse piéger et envoyer en prison au Mexique. Mais malgré tout L’Evadé se laisse regarder et la dernière demi-heure est vraiment prenante, la scène de l’évasion comporte une dose de tension. « 

     
  5. Seb1878

    14 septembre 2016 at 19 h 13 min

    Petit : c’était sympa. Aujourd’hui : c’est exactement ta review. Par contre : John Huston est super !

     
    • walkfredjay

      14 septembre 2016 at 19 h 39 min

      Il nous refait le Noah Cross de « CHINATOWN » en moins bien… À mon avis son rôle a dû être pas mal réduit au montage : on ne sait pratiquement rien de ses motivations, de son passé, de sa relation avec Duvall, etc. Mais c’est toujours sympa de le revoir cabotiner.

       
  6. Seb1878

    14 septembre 2016 at 21 h 50 min

    Chinatown !!! Le neant, le trou noir de ma culture cinephilique. J’adore les acteurs, le real, le nouvel hollywood, Burt Young…Et je reste mort devant ce chef d’oeuvre immortel… Et puis Huston sans sa barbe : je l’aime pas. Il y a peu etre un traitement…

     
    • walkfredjay

      15 septembre 2016 at 7 h 44 min

      J’ai beaucoup revu « CHINATOWN » à une époque, il faisait partie de mon panthéon. Je ne m’y suis pas replongé depuis longtemps. Peur d’être déçu ? Peut-être… La vision de sa décevante sequel « THE TWO JAKES » a sans doute joué un peu dans la démystification du film à mes yeux. Je ne sais pas.
      Mais la photo, la reconstitution d’époque, le personnage créé par Nicholson… Il y a énormément de choses à aimer dans « CHINATOWN ». Le traitement, c’est peut-être de le revoir, Seb1878, jusqu’à la révélation !

       
      • Seb1878

        15 septembre 2016 at 14 h 02 min

        C’est une idée…

         
    • Seb

      15 septembre 2016 at 8 h 26 min

      Bienvenue au club, Seb1878 ! Ennui poli devant ce Polanski qui a en théorie tout pour me plaire mais rien à faire… peut-être le scénario qui piétine un peu trop après la très bonne première demi-heure ?

       

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