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Archives Mensuelles: octobre 2016

HAPPY BIRTHDAY, CHARLES !

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CHARLES CIOFFI, SECOND RÔLE DES SEVENTIES, SPÉCIALISTE DES EMPLOIS DE POLITICIENS VÉREUX ET AUTRES RIPOUX.

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Publié par le 31 octobre 2016 dans ANNIVERSAIRES

 

« MORTELLE RANDONNÉE » (1983)

« MORTELLE RANDONNÉE » a acquis avec les années un statut indéniable de film-culte. Ce n’est pas tout à fait un « polar », mais un rêve de polar, une histoire qui va souvent à la dérive, un ‘road movie’ où des ombres de personnages se poursuivent sans jamais se croiser.mortelle

Michel Serrault est un privé jamais remis d’un deuil, qu’on sent au bord de la folie et du désespoir. Il suit à la trace une tueuse, une « veuve noire » particulièrement active (Isabelle Adjani), à travers l’Europe, de cadavre en cadavre. D’abord simple témoin, il devient peu à peu complice et identifie la serial killeuse à sa fille disparue.

Le dialogue de Michel Audiard verse sans aucune retenue dans le romantisme noir, dans le lyrisme poétique, avec d’irrésistibles embardées dans le trivial. Plus le film avance, moins il semble ancré dans le monde réel. Et quand Serrault parle « d’entrer dans la photo », on finit par se dire qu’il y est déjà depuis longtemps.

C’est très joliment filmé par Claude Miller, la photo est précise, esthétisante, la BO de Carla Bley est obsédante, accentuant l’ambiance mortifère, presque funéraire du film. Le jeu naturellement décalé de Serrault, sa diction bizarre, épousent idéalement les contours de ce personnage mort-vivant, tragique et ridicule. Adjani a rarement été mieux utilisée que dans ce rôle protéiforme, fascinant et pathétique. Parmi les nombreux seconds rôles, on retiendra le numéro extravagant de Stéphane Audran, méconnaissable en laideron aux dents sales.

Sur deux heures, « MORTELLE RANDONNÉE » finit par manquer de carburant dramatique dans sa dernière partie. Les scènes à Charleville sont très belles, voire émouvantes, mais laissent l’impression d’un épilogue traînant en longueur. La fin, heureusement, au cimetière est absolument superbe et laisse la gorge serrée.

Une œuvre singulière, hantée par la mort et le regret, qui n’est pas passée loin du chef-d’œuvre, et qui s’est bonifiée avec les années.

 

« DU VENIN DANS LES VEINES » (1998)

hush2Après les tristement célèbres histoires drôles de « belles-doches » de fin de banquet, voici le thriller sur « la belle-doche de l’enfer ». Pourquoi pas ? Dans les années 40, Bette Davis ou Joan Crawford ont bâti une carrière sur ce genre de rôle. Hélas, « DU VENIN DANS LES VEINES » (traduction quasi-littérale de « CHUT ») s’avère être une grosse déconvenue.

Le scénario, qui semble avoir été conçu par un logiciel, installe ses personnages tous plus convenus les uns que les autres, plante le décor (la Virginie) et laisse défiler une succession d’invraisemblances phénoménales, de coups de théâtre tirés par les cheveux et de répliques indigentes. On sent nettement qui plus est, que la fin a dû être re-tournée a posteriori : on abandonne Gwyneth Paltrow dans le lit où elle vient d’accoucher dans la douleur, droguée et perdant tout son sang et, sans prévenir, on la retrouve au matin, toute rose et pimpante, gambadant partout ! À ce stade de je-m’en-foutisme, difficile de tenir le coup.

Le pire étant peut-être que les deux « héros » : un couple de « bobos », véritables gravures de mode, sont tellement irritants et têtes-à-claques, qu’on en vient presque à prendre parti pour la « méchante » diabolique. Johnathon Schaech et Paltrow sont vraiment au-dessous de tout !

À 49 ans, toujours belle et rayonnante, Jessica Lange – seule et unique raison de voir le film – approche pour la première fois un style de rôle qui fera sa gloire deux décennies plus tard dans la série « AMERICAN HORROR STORY ». Elle est formidable d’hypocrisie mielleuse et de dangerosité dans ce personnage monstrueux dont elle parvient à faire comprendre les motivations. Parmi les seconds rôles, on aperçoit Hal Holbrook en médecin provincial et Nina Foch en grand-mère porteuse de lourds secrets. La meilleure scène du film est un face-à-face inquiétant entre elle et Lange dans un sauna. Le seul moment à peu près vivant !

hush

JESSICA LANGE ET GWYNETH PALTROW

Dommage que tout cela ait été aussi bâclé à tous niveaux, car ce genre de film a toujours du potentiel. Ce n’est qu’un « véhicule » pour la pâle et minaudante Gwyneth Paltrow, un peu comme ceux que tournait Julia Roberts à la même époque.

 

HAPPY BIRTHDAY, HERSCHEL !

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HERSCHEL BERNARDI (1923-1986), SECOND RÔLE DE TV DES ANNÉES 60.

 
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Publié par le 30 octobre 2016 dans ANNIVERSAIRES

 

« LES LARMES DU SOLEIL » (2003)

TEARS2Signé par l’efficace et même parfois excellent Antoine Fuqua, « LES LARMES DU SOLEIL » sortit dans une version de 121 minutes et ressortit en DVD dans un ‘director’s cut’ de 142 minutes. C’est celle-ci qui est chroniquée ici.

Avec une mise en train un brin laborieuse destinée à planter le décor géopolitique et à expliquer les génocides africains au public U.S., le scénario prend peu à peu son envol. On y reconnaît rapidement les structures dramatiques de « AVENTURES EN BIRMANIE » et « LA CANONNIÈRE DU YANG-TSÉ » et, même si le film est handicapé par Bruce Willis et Monica Bellucci, acteurs aussi peu chaleureux qu’ils sont inexpressifs, on finit par se laisser prendre. La technique imparable du réalisateur y est pour beaucoup, ainsi qu’un montage ultra-nerveux. La version longue revient trop souvent sur les poursuivants pour des scènes bavardes et sans réel intérêt qui sabrent un peu le suspense viscéral de la course-poursuite.

Si le film ne renâcle pas devant le mélodrame grandiloquent et lacrymal, certains moments comme le massacre ethnique dans le village sont absolument magistraux de tension et d’extrême violence. Et même, même… d’émotion !

Avec ses deux mimiques trop familières, son air constipé et ses postures de « tough guy », Willis ne fait pas grand-chose d’un beau personnage en quête d’humanité et de rédemption. C’est d’autant plus irritant que son « platoon » est composé de remarquables seconds rôles comme Cole Hauser, Eamonn Walker (« OZ ») ou Nick Chinlund. On a également droit aux vétérans Tom Skerritt et Fionnula Flanagan. Mention à l’impressionnant Peter Mensah (« SPARTACUS ») en officier aux méthodes barbares.

TEARS

BRUCE WILLIS, MONICA BELLUCCI ET PETER MENSAH

« LES LARMES DU SOLEIL » n’a rien d’un grand film, mais c’est du bon spectacle capable de sensibiliser le grand public au drame africain, en sortant la grosse artillerie.

 

HAPPY BIRTHDAY, GERALDINE !

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GERALDINE BROOKS (1925-1977), ACTRICE DE TV AU FORT TEMPÉRAMENT ET AU SOURIRE RADIEUX, DES ANNÉES 60 ET 70.

 
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Publié par le 29 octobre 2016 dans ANNIVERSAIRES

 

« LES INDIANS » (1989)

INDIANS2Le film de sport est un genre en soi aux U.S.A. et le « film de baseball » en est un des principaux sous-genres. Pour l’apprécier, encore faut-il 1) s’intéresser à ce sport anti-cinégénique au possible 2) comprendre quelque chose à ses règles. « MAJOR LEAGUE », qui a pour principale originalité de ne pas compter Kevin Costner à son générique, est un film-culte dans son pays. Difficile de comprendre pourquoi.

Le concept est piqué directement aux « PRODUCTEURS » de Mel Brooks : la nouvelle propriétaire d’un club de Cleveland engage les plus mauvais joueurs sur le marché pour couler délibérément son équipe, ce qui servirait ses intérêts personnels. Mais les ringards vont s’avérer moins nuls que prévu. Pour le ton général, on frise la grosse comédie sans vraiment y aller à fond comme dans « LA CASTAGNE ». Le seul véritable attrait réside dans le casting, composé d’acteurs attachants : Tom Berenger et Charlie Sheen se retrouvent trois ans après « PLATOON » pour tenir des rôles sympathiques de losers séduisants. Ils traversent le film sans se fatiguer beaucoup. Dennis Haysbert est drôle en joueur adepte du vaudou, Wesley Snipes joue les pitres de service et Rene Russo – arborant un glorieux brushing millésimé eighties – joue l’ex de Berenger. Tout le monde semble prendre du bon temps…

Le scénario est flasque et décousu, les personnages ne sont pas assez développés, les enjeux vraiment insuffisants. Il est fort probable que « MAJOR LEAGUE » soit plus attractif si on connaît et qu’on aime le baseball, car les matchs sont longs, très longs, ils occupent une grosse partie du métrage et font perdre le fil des sous-intrigues dont on finit par se désintéresser.

INDIANS

TOM BERENGER, WESLEY SNIPES, DENNIS HAYSBERT, CORBIN BERNSEN ET CHARLIE SHEEN

À noter que le film connut deux sequels. Une première cinq ans plus tard, avec à peu près la même équipe aux commandes et une bonne partie de la distribution et une autre en 1998 où ne subsistent que Corbin Bernsen et Haysbert.