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« TEMPÊTE À WASHINGTON » (1962)

03 Oct

ADVISEFresque politique ancrée dans une Amérique en pleine paranoïa anti-rouges, « TEMPÊTE À WASHINGTON » est une œuvre aride et complexe, qui mérite qu’on s’accroche un peu, car elle démarre de façon abrupte et plonge sans préalable dans un univers froid et déshumanisé, qui demande une attention soutenue de chaque instant.

Sentant sa fin venir, le président des U.S.A. (Franchot Tone) veut nommer le sénateur Henry Fonda secrétaire d’État. Mais l’homme a des adversaires féroces dont le vieux Charles Laughton, politicard roué et rancunier qui veut sa peau. Otto Preminger joue de façon assez diabolique du physique et du passé de ses acteurs : ainsi Laughton, qui se définit lui-même comme un « crapaud-buffle », vieillard obèse et narcissique assez répugnant, affronte-t-il Fonda, image vivante d’une espèce de « royauté » américaine au visage d’honnête homme. À mesure que l’intrigue progresse, on se rend compte que l’habit ne fait définitivement pas le moine et qu’il ne faut surtout pas se fier aux apparences… ni aux clichés. Une fois passé la première demi-heure et son avalanche de dialogues pas toujours compréhensibles, son orgie de noms propres et de procédures absconses, le film décolle vraiment lorsque s’immisce l’humain : le personnage du jeune sénateur (Don Murray) contre lequel va se focaliser la terrible machine-à-broyer, va être l’homme à abattre dans une bataille souterraine sans pitié.

Cette partie est la plus passionnante. La « traque » de deux hommes certainement sincères (Fonda et Murray) rattrapés par leur passé. Le film ose montrer les antécédents communistes du sénateur joué par Fonda, ancien interprète d’Abraham Lincoln et le met en situation de mentir sous serment ! Quant à la sous-intrigue impliquant Murray, elle permet la première scène (sauf erreur) tournée dans une boîte « gay » de l’Histoire du 7ème Art.

ADVISE2

CHARLES LAUGHTON, DON MURRAY, WALTER PIDGEON ET HENRY FONDA

Composé d’affrontements verbaux dans un hémicycle, de magouilles entre hommes de pouvoir plus ou moins corrompus, « TEMPÊTE À WASHINGTON », filmé platement, sans affèterie ni belles images, est un film difficile à aimer, mais qui mérite d’être vu pour sa volonté à montrer les choses telles qu’elles sont, sans aucun filtre mélodramatique hollywoodien. Parmi les comédiens, on appréciera le comeback d’une toujours belle Gene Tierney dans un rôle périphérique, Burgess Meredith en témoin manipulé ou Walter Pidgeon, qui a – en fidèle conseiller du président – le rôle le plus proéminent.

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5 réponses à “« TEMPÊTE À WASHINGTON » (1962)

  1. JICOP

    3 octobre 2016 at 11 h 43 min

     » Exodus  » ,  » Tempete a Washington  » ,  » le cardinal  » .
    3 films a la suite ou Preminger n’etait pas dans la gaudriole .
    Il faut s’ accrocher mais c’est une reussite .
    J’avais vu le film uniquement pour revoir Gene la divine .
    Le film est tres bien interprete et ambitieux . Un exemple de film post – Watergate , mais avant , comme si Preminger anticipait l’assassinat de Kennedy et ses consequences sur la psyche Americaine .
    Tres fort l’Autrichien !!

     
  2. Claude

    3 octobre 2016 at 18 h 45 min

    Souvenir télévisuel très ancien mais grandiose . Comme le dit Jicop, film ambitieux mais résultat à la hauteur de ses ambitions . Contrairement à certains films récents, plus ou moins comparables dans leurs intentions mais décevants au final (je pense à « Good night and good luck » de Clooney, pétri de bonnes intentions mais d’une extrême platitude visuelle ou autre) . Il est vrai qu’un casting comme celui de Preminger arrange bien des choses …

     
    • walkfredjay

      3 octobre 2016 at 18 h 57 min

      Je n’ai jamais été fan du style visuel de Preminger, à une ou deux exceptions près, mais celui-ci existe effectivement par la force de son sujet et la perfection de son casting.

       
  3. Marc Provencher

    3 octobre 2016 at 18 h 59 min

    Jamais vu, et de toute évidence à tort. Je me demande si Charles Laughton (dans son dernier rôle à l’écran) est aussi discret, effacé et timide qu’à son habitude…

     
    • walkfredjay

      3 octobre 2016 at 19 h 10 min

      Absolument, un homme discret, introverti, qui ose à peine prendre la parole… Comme Kinski.

       

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