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« ENTRE ONZE HEURES ET MINUIT » (1949)

17 Oct
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FILM NOIR À LA FRANÇAISE

« ENTRE ONZE HEURES ET MINUIT », c’est avant tout un superbe scénario, qui extirpe le maximum d’un postulat de départ tiré par les cheveux (une énième histoire de sosies, qu’un prologue maladroit tente de faire gober) et un écrin pour un Louis Jouvet au sommet de sa forme, dans un de ces rôles de flics qu’il savait mettre en relief comme personne. L’acteur avait déjà tenu un double rôle dans « COPIE CONFORME » deux ans plus tôt, auquel il est d’ailleurs fait allusion dans le fameux prologue.entre

Flic émérite donc, Jouvet prend la place d’un malfrat assassiné la nuit même et enquête, en quelque sorte, sur… sa propre mort. Belle idée fort bien développée, malgré quelques « impasses » scénaristiques un brin paresseuses : un seul personnage semble remarquer que le nouveau « Vidauban » n’a pas la même voix que d’habitude !

Le film avance vite, il est tourné à la manière d’un ‘film noir’ U.S. et s’offre le luxe de longs passages uniquement visuels, plutôt rares à l’époque. On prend un réel plaisir à voir Jouvet avancer à l’aveuglette, constamment sur le fil, au milieu d’un monde qui n’est pas le sien. L’acteur déclame génialement des répliques taillées pour lui (« On ne doit pas perdre la tête, surtout quand on n’en a pas ») et sait même se montrer sensible et émouvant lors de son coup de foudre avec une très belle et mystérieuse Madeleine Robinson. Leur relation n’est d’ailleurs pas sans évoquer celle de Bogart et Mary Astor dans « LE FAUCON MALTAIS ».

Le cast féminin entourant Jouvet est exceptionnellement homogène, que d’excellentes comédiennes au naturel confondant. Monique Mélinand en « bonniche » à la langue bien pendue, Gisèle Casadesus en garce vindicative, Yvette Étiévant en prostituée vendant ses charmes sous un tunnel sinistre.

« ENTRE ONZE HEURES ET MINUIT » est un remarquable polar noir, bourré d’humour qui fait passer l’intrigue policière somme toute banale, derrière une étude de caractères passionnante.

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LOUIS JOUVET ET MADELEINE ROBINSON

À noter que les notes sifflotées par ‘Vidauban’ avant son assassinat dans le tunnel, ne sont pas sans évoquer l’air du « Cheyenne » dans « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » !

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4 réponses à “« ENTRE ONZE HEURES ET MINUIT » (1949)

  1. Simon

    17 octobre 2016 at 14 h 03 min

    vous me coûtez une fortune à acheter les films dont vous parlez. 

     
  2. Miguel

    18 octobre 2016 at 20 h 06 min

    Je me souviens d’une intrigue qui tenait plus route au bout de 20mn et d’un Louis Jouvet qui me donnait l’impression de citer les dialogues machinalement. L’air du cheyenne, j’avais tilté aussi.

     
    • walkfredjay

      18 octobre 2016 at 21 h 16 min

      Comme je le dis dans la chronique, j’ai ressenti exactement l’inverse. Scénario bien ficelé et Jouvet peut-être pas aussi magistral que dans « QUAI DES ORFÈVRES », mais tout de même formidable, comme souvent…

       
  3. Edmond

    23 décembre 2016 at 19 h 04 min

    Je l’ai vu hier soir et je rejoins (sans flagornerie ) l’avis de l’honorable Fred

     

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