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« LA MAISON DU MALTAIS » (1938)

24 Oct
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MARCEL DALIO

Le roman « LA MAISON DU MALTAIS », déjà adapté dans les années 20, était un matériau parfait pour l’excellent conteur qu’était Pierre Chenal. C’est un mélodrame dans toute l’acceptation du terme, qui se joue entre Sfax et Paris. L’histoire d’amour fou entre un gentil rêveur arabe (Dalio) et une prostituée. Tous deux cherchent une issue à leur misère, mais à la suite d’un imbroglio, elle fuit en France, épouse un riche savant (Pierre Renoir) et lui fait croire que l’enfant qu’elle porte est le sien. Jusqu’à ce que Dalio débarque à son tour…MAISON

Dans ce monde frelaté et irréel, l’homme est un loup pour l’homme et le poète est impitoyablement piétiné et humilié. On délaisse son identité comme on se débarrasse de vieilles frusques, en espérant que le nouvel habit fasse le moine. Mais le hasard et les coïncidences (nombreuses) rattrapent toujours ceux qui espèrent échapper à leur passé. C’est très bien filmé et photographié, les décors de studio sont superbes et le film bénéficie d’un cast éblouissant jusqu’au plus petit rôle : si Dalio surjoue un peu et s’est fait une drôle de tête avec ses sourcils épilés, Viviane Romance est remarquable et parfois virtuose, comme dans cette scène où, devenue une grande bourgeoise parisienne, elle réendosse sa défroque de petite pute inculte pour duper son ancien amant. Louis Jouvet – malgré une seconde place au générique – n’a qu’un petit rôle de maître chanteur cynique à souhait : génial comme toujours ! Il fonctionne très bien en tandem avec Florence Marly jouant sa secrétaire blasée. Jany Holt est très émouvante en prostituée tuberculeuse mourant à petit feu et Fréhel étonnante en grosse logeuse sans cœur.

Sans être un grand film, « LA MAISON DU MALTAIS » se laisse regarder avec plaisir. C’est de la belle ouvrage, du cinéma populaire mais jamais racoleur, empreint d’une certaine poésie sans affèterie.

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LOUIS JOUVET, VIVIANE ROMANCE ET JANY HOLT

À noter : le DVD exploité en France présente une copie dans un état pitoyable (image et son) et le film mériterait une restauration soignée pour trouver une seconde jeunesse à l’instar de certains Duvivier.

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