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« DANGER : DIABOLIK ! » (1968)

25 Oct

DANGERÀ la fin des années 60, plusieurs ‘fumetti’ (BD) similaires parurent en Italie. Des « petits formats » mettant en scène des criminels masqués et en collants noirs mettant la police en échec. On se souvient de « COBRA », « SATANIK » (en roman-photo) ou « SADIK » (« NAJA » en v.f.), mais le plus connu demeure « DIABOLIK » qui fut adapté au cinéma par Mario Bava.

« DANGER : DIABOLIK ! » apparaît aujourd’hui comme un concentré de « sixties », un monument de kitsch assumé puisant son inspiration dans les 007 (les décors, la présence d’Adolfo Celi), mais surtout dans la série TV « BATMAN » (l’humour ‘camp’, les couleurs) et même les « FANTÔMAS » de De Funès. C’est donc avec un a priori sympathique qu’on aborde le film. Hélas, celui-ci s’essouffle au bout de vingt minutes, à court de carburant scénaristique et de personnages un tant soit peu intéressants. L’image n’est pas toujours très heureuse, les transparences sont d’une laideur éprouvante et la BO d’Ennio Morricone, certes parfaitement enracinée dans son époque, finit par casser les oreilles.

John Philip Law, l’œil fixe, le sourcil maquillé à la Alain Delon, le jeu mécanique, joue le rôle-titre comme un automate. Marisa Mell n’est guère plus expressive et concentre son talent d’actrice sur sa minijupe. On est étonné – mais pas tant que ça, c’est une copro ! – de retrouver Michel Piccoli en ennemi juré du voleur. Il semble s’amuser beaucoup à changer de registre. On aperçoit Terry-Thomas amusant en ministre incompétent.

DANGER2

MARISA MELL, MICHEL PICCOLI ET JOHN PHILIP LAW

Fort apprécié des amoureux de Mario Bava, « DANGER : DIABOLIK ! » n’est pas déplaisant à regarder, mais 100 minutes, c’est infiniment trop long pour un scénario aussi creux et infantile, et le dernier quart semble ne jamais devoir finir. À réserver aux amateurs de vieilles bandes-dessinées jaunies et aux nostalgiques indécrottables des années 60. Pour les autres… prudence !

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15 réponses à “« DANGER : DIABOLIK ! » (1968)

  1. JICOP

    25 octobre 2016 at 6 h 40 min

    Le fait est que le film a un charme 60’s plaisant ( on apprécie  » Chapeau melon et bottes de cuir  » pour les memes raisons ) mais qu’il manque un je ne sais quoi pour transformer l’essai .
    Indiscutablement la noirceur habituelle de Mario Bava fait défaut dans cette bande dessinée sur grand écran .
    même l’esprit un peu sadique et retors des fumetti est édulcoré , sans doute pour plaire à l’international … dommage , les gialli par exemple plaisaient , et plaisent encore grace à leur coté typiquement transalpin .
    John Philip Law est comme souvent transparent et Piccoli s’amuse avant de filer chez Ferreri .
    Reste la magnifique Marisa Mell et une Jaguar type E de toute beauté , c’est beaucoup mais c’est trop peu .

     
  2. Kinskiklaus

    25 octobre 2016 at 8 h 47 min

    Ah, les fumetti ! Je collectionne les Elvifrance depuis quelques temps. D’autres sont passionnés par ces publications ici ?

     
    • lemmy

      25 octobre 2016 at 13 h 27 min

      Je connais quelqu’un qui les a tous dans un immense grenier/bibliothèque, même ceux tirés à quelques exemplaires pour la censure, il a même les archives de l’éditeur.

       
      • Kinskiklaus

        25 octobre 2016 at 17 h 22 min

        Ce quelqu’un est un sacré veinard !

         
  3. Seb

    25 octobre 2016 at 11 h 43 min

    Un petit film rigolo et mouvementé mais qui manque un peu de consistance. Dans le genre je préfère Kriminal de Lenzi et pour tout dire, Bava en général ne m’enthousiasme pas des masses… pas plus qu’Argento d’ailleurs. Je leur préfère le jusqu’au-boutisme d’un Fulci ou alors l’élégance et le panache de Freda et Margheriti.

     
  4. Patrick

    25 octobre 2016 at 15 h 41 min

    Je ne suis pas particulièrement fan de Mario Bava (sa filmo est inégal) mais j’ai bien aimé ce film assez déjanté.

     
  5. Kinskiklaus

    25 octobre 2016 at 17 h 23 min

    Pas fan de Bava non plus, pas vu celui-ci mais j’aime beaucoup « le corps et le fouet » avec Christopher Lee.

     
    • walkfredjay

      25 octobre 2016 at 19 h 27 min

      Je connais très mal Bava. J’ai dû voir trois de ses films grand maximum. Qui ne m’ont pas spécialement emballé… 😦

       
  6. JICOP

    25 octobre 2016 at 19 h 44 min

    Oh la la il est temps que j’arrive , il y a contagion de Bava-scepticisme dans l’air .:)
    Je vous encourage a regarder  » 6 femmes pour l’assassin  » ,  » Operation peur  » ,  » le masque du demon  » ou  » la planete des vampires  » ,  » chiens enrages  » pour vous rendre compte du talent du bonhomme comme createur d’atmosphere .
    Sachant que  » Diabolik  » n’est pas tout a fait representatif de la dimension « sombre  » du realisateur Italien .

     
    • Seb

      25 octobre 2016 at 20 h 25 min

      Salut Jicop, j’aime beaucoup Le masque du démon (probablement le seul vrai classique de l’épouvante qu’ait signé Bava) et plutôt bien Opération peur ; pas vu La planète des vampires et les deux autres m’ont copieusement ennuyé. Chiens enragés commence très bien mais sombre rapidement dans la médiocrité avec tous les pires travers qu’on trouve dans le bis italien des ’70s: acteurs imbuvables, scénario simplet, filmage dégueulasse et montage à la truelle… La proie de l’autostop, autre série B transalpine sur un thème similaire, est bien plus saisissant.
      En fait, je crois que c’est justement le Bava « sombre » qui me pose un peu problème: pour moi le film d’aventures pseudo-historique (Duel au couteau) voire teinté de fantastique (Hercule contre les vampires) lui réussit mieux !

       
    • Patrick

      25 octobre 2016 at 23 h 36 min

      La planète des vampires je l’ai trouvé mauvais quant à 6 femmes pour l’assassin même s’il est marquant pour le giallo (genre que j’adore) il m’a déçu par contre j’ai bien apprécié Opération peur (peut-être son meilleur film) et Chiens enragés.

      J’ai revu récemment La Baie sanglante que je trouve assez faible sinon son dernier film Shock est très bon avec une ambiance particulièrement angoissante.

       
  7. Miguel

    25 octobre 2016 at 19 h 52 min

    Mario Bava, un astucieux directeur de la photo qui savait créer des images qui font peur. « La fille qui en savait trop », trois bout de ficelles, une lampe torche et il te faisait du hitchcock le Mario.

     
    • Seb

      25 octobre 2016 at 20 h 28 min

      Oui mais il suffit de comparer La fille qui en savait trop à la moindre oeuvrette d’Hitchcock pour mesurer le gouffre qui les sépare !

       
      • Miguel

        25 octobre 2016 at 20 h 34 min

        Question de moyen financier, Bava faisait des miracles avec des budgets tellement ridicules que le Vatican aurai pu le canoniser patron des producteurs.

         
  8. Kinskiklaus

    25 octobre 2016 at 20 h 26 min

    C’est exactement ça JICOP, Bava, un créateur d’atmosphère. Je ne suis pas fan car je connais assez mal son oeuvre, en fait je crois que je n’ai vu que « le corps et le fouet » et « le masque du démon ». Autant j’adore Rollin, un autre créateur d’atmosphère, autant je ne suis pas parvenu à être subjugué par le cinéma de Bava. Mais je ne désespère pas.

     

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