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« MORTELLE RANDONNÉE » (1983)

31 Oct

« MORTELLE RANDONNÉE » a acquis avec les années un statut indéniable de film-culte. Ce n’est pas tout à fait un « polar », mais un rêve de polar, une histoire qui va souvent à la dérive, un ‘road movie’ où des ombres de personnages se poursuivent sans jamais se croiser.mortelle

Michel Serrault est un privé jamais remis d’un deuil, qu’on sent au bord de la folie et du désespoir. Il suit à la trace une tueuse, une « veuve noire » particulièrement active (Isabelle Adjani), à travers l’Europe, de cadavre en cadavre. D’abord simple témoin, il devient peu à peu complice et identifie la serial killeuse à sa fille disparue.

Le dialogue de Michel Audiard verse sans aucune retenue dans le romantisme noir, dans le lyrisme poétique, avec d’irrésistibles embardées dans le trivial. Plus le film avance, moins il semble ancré dans le monde réel. Et quand Serrault parle « d’entrer dans la photo », on finit par se dire qu’il y est déjà depuis longtemps.

C’est très joliment filmé par Claude Miller, la photo est précise, esthétisante, la BO de Carla Bley est obsédante, accentuant l’ambiance mortifère, presque funéraire du film. Le jeu naturellement décalé de Serrault, sa diction bizarre, épousent idéalement les contours de ce personnage mort-vivant, tragique et ridicule. Adjani a rarement été mieux utilisée que dans ce rôle protéiforme, fascinant et pathétique. Parmi les nombreux seconds rôles, on retiendra le numéro extravagant de Stéphane Audran, méconnaissable en laideron aux dents sales.

Sur deux heures, « MORTELLE RANDONNÉE » finit par manquer de carburant dramatique dans sa dernière partie. Les scènes à Charleville sont très belles, voire émouvantes, mais laissent l’impression d’un épilogue traînant en longueur. La fin, heureusement, au cimetière est absolument superbe et laisse la gorge serrée.

Une œuvre singulière, hantée par la mort et le regret, qui n’est pas passée loin du chef-d’œuvre, et qui s’est bonifiée avec les années.

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3 réponses à “« MORTELLE RANDONNÉE » (1983)

  1. Seb1878

    31 octobre 2016 at 7 h 42 min

    La dernière scène est sublime. Inoubliable…

     
  2. Patrick

    31 octobre 2016 at 12 h 09 min

    Un très beau film et si on le classe comme « polar » alors c’est l’un des meilleurs du cinéma français des années 80.

     
  3. Miguel

    31 octobre 2016 at 16 h 34 min

    C’est pas l’ambiance bric-à-brac de Nestor Burma.

     

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