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LA THÉORIE DU « MONSIEUR MOINS » : SUITE ET FIN

03 Nov
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JOE WLADISLAW, LE PREMIER « MONSIEUR MOINS »

Fêtons dignement le 95ème anniversaire de notre mascotte Charles Bronson avec ce troisième volet de notre étude sur la naissance de son personnage cinématographique, que nous avons nommé « Monsieur Moins ».

Dans notre précédent numéro, nous avons établi qu’après quelques tentatives, il était vraiment né dans « 12 SALOPARDS » de Robert Aldrich. Un rôle relativement secondaire, certes, mais où toutes les composantes de ce qui fera le succès de l’acteur firent subitement surface : l’impassibilité, le jeu minimaliste, le dialogue parcimonieux, l’économie de mouvement, une espèce de morosité teintée de tristesse. Mais pourquoi, exactement ? Pour quelle raison Charley Bronson a-t-il enfin trouvé son style avec ce film ?

« BDW2 » a une théorie… Et si c’était tout simplement parce que Bronson faisait la gueule pendant ce tournage ? Il était déjà coutumier du fait, c’est certain, mais cette fois-là, il semblerait qu’il se soit surpassé et que cela ait déteint sur son travail.

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AVEC BOB ALDRICH SUR LE TOURNAGE. AMBIANCE…

Éléments pour étayer la théorie : on sait qu’à son arrivée en Angleterre pour tourner, Bronson refusa tout net de se couper les cheveux au bol, au point que Robert Aldrich dut appeler son agent et le menacer de poursuites, pour qu’il passe enfin chez le coiffeur. Ça peut mettre un Charley de mauvaise humeur, surtout quand on sait que le bonhomme était plutôt complexé par son aspect physique et que la coupe « bidasse » n’est généralement pas très avantageuse.

On sait également qu’en 1966. il était en plein marasme conjugal (lire les mémoires de sa première épouse) et pas encore installé avec Jill Ireland, toujours mariée à David McCallum. On sait aussi que sa mère Mary Buchinsky mourut à Ehrenfeld, pendant le tournage de « 12 SALOPARDS », ce qui l’affecta énormément. Il a été rapporté qu’il traînait un tel cafard, que son copain Lee Marvin se moquait de lui en le surnommant ironiquement « Charlie Sunshine » ! Par ailleurs, Bronson fut tellement excédé par le fréquent état d’ébriété de Lee, qu’il faillit lui casser la figure sur le plateau et ne renonça à son projet que devant les supplications du producteur Ken Hyman.

Résultat de toutes ces contrariétés ? Bronson s’est complètement renfermé sur lui-même et… le personnage de ‘Joe Wladislaw’ crève l’écran ! Alors qu’il n’est que très peu caractérisé, qu’il a à peine quelques répliques et qu’il est concurrencé par une incroyable brochette d’excellents acteurs, Bronson gravit sa dernière marche vers le vedettariat.

À de très rares exceptions près, il ne changera plus jamais cette nouvelle personnalité durement acquise sur ce long et pénible (pour lui tout du moins) tournage hors des U.S.A. La morale de l’histoire : à toute chose malheur est bon ?

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BON CAMARADE MALGRÉ TOUT, CHARLEY SUNSHINE SERT LE CAFÉ À SES PARTENAIRES.

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5 réponses à “LA THÉORIE DU « MONSIEUR MOINS » : SUITE ET FIN

  1. Miguel

    3 novembre 2016 at 13 h 45 min

    Il faut aussi dire que ,mise à part Charles Bronson et Lee Marvin, les rôles des autres acteurs ne sont pas très brillants, beaucoup interprète des personnages montrés dans le film comme de vrais bouffons y compris Robert Ryan et Ernest Borgnine et même ce pauvre George Kennedy dans un rôle de « Maman veille au grain ». L’impassibilité du personnage de Wladislaw ne pouvait que briller dans un environnement pareil. Mais bon avec un acteur comme Charley, c’est sûr, ça a plus de pêche.

     
  2. JICOP

    3 novembre 2016 at 17 h 18 min

    Brillante analyse .
    Ca tient la route ;
    on imagine l’ambiance sur le plateau , pleine de testosterone vu les clients .
    En plus avec le gros Bob pour surveiller tout ça , Charlie a du ronger son frein .
    Je crois que certains tournages comme celui de  » Dirty dozen  » mériteraient un livre .
    L’autre soir ma compagne a voulu voir  » Yves Saint Laurent  » avec Pierre Niney et Guillaume Gallienne ; je pense que le tournage devait etre moins … viril 🙂

     
  3. BERNARD

    3 novembre 2016 at 23 h 14 min

    Au sujet de la coupe de cheveux , c’est vrai qu’il n’était pas très  »pro » , je me rappelle ses cheveux long dans  »ADIEU L’AMI » alors qu’il joue le rôle d’un légionnaire cela faisait un peu tache.

     
    • walkfredjay

      4 novembre 2016 at 13 h 47 min

      Et ne parlons même pas de « RAID SUR ENTEBBE » où il jouait un général israélien avec une tignasse deux fois épaisse comme celle de « ADIEU L’AMI » et une grosse moustache !

       
  4. lemmy

    4 novembre 2016 at 17 h 29 min

    Théorie fort audacieuse, cher Fred, théorie comportementaliste à l’extrême, qui a le mérite de bien coller à la scène primaire et première du psychologue dans les douze salopards. En voyant le post de Val sur son blog, je me souviens avoir été incroyablement marqué par la présence de Charlie dans la fameuse scène de la tête dans l’homme au masque de cire : déjà l’impassabilité marquante comme marque de fabrique.

     

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