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« LE MESSAGER » (1971)

10 Nov
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JULIE CHRISTIE

« LE MESSAGER », écrit par l’éminent dramaturge Harold Pinter, se déroule dans la campagne anglaise pendant l’été 1900. Le scénario évoque l’apprentissage de la vie d’un jeune garçon pauvre (Dominic Guard) invité par une riche famille.go

À travers ses yeux éblouis par la beauté de la fille aînée (Julie Christie), Joseph Losey narre son parcours initiatique qui le mènera de la candeur de l’enfance à l’amertume de l’âge adulte sans ménagement. La grande force de ce film délicat et tout en creux, est de raconter une histoire d’amour interdit, celui de Julie Christie et d’un palefrenier viril (Alan Bates), sans jamais les montrer seuls ou entendre ce qu’ils se disent. Le peu que nous verrons de leur relation sera filtré par le regard de l’adolescent et sa découverte de la passion amoureuse, du sexe, de l’hypocrisie des adultes et de leur cruauté. Sans omettre bien sûr le thème principal mais sous-jascent des barrières sociales infranchissables, qu’il s’agisse du jeune garçon ou de l’amant prolétaire.

Enrobé par la jolie photo de Gerry Fisher, porté par la BO de Michel Legrand à la fois romantique et oppressante, « LE MESSAGER » avance lentement, à pas feutrés, déploie doucement ses enjeux, jusqu’à la révélation finale. À noter l’excellente introduction progressive de petites scènes situées cinquante ans plus tard, aussi déstabilisantes qu’affreusement tristes.

Autour du remarquable trio formé par le jeune Guard, la rayonnante et énigmatique Miss Christie et un Bates étonnamment en retrait, le gratin des seconds rôles anglais de l’époque : Margaret Leighton en matriarche vigilante à l’œil d’aigle, Michael Gough en père distrait et le toujours excellent Edward Fox affublé d’une vilaine balafre en fiancé distingué.

« LE MESSAGER » est un film dans lequel on doit se laisser immerger pour en ressentir les finesses, pour en entendre les non-dits. Certainement un des films les plus accessibles de Losey.

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ALAN BATES, DOMINIC GUARD, JULIE CHRISTIE ET EDWARD FOX

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12 réponses à “« LE MESSAGER » (1971)

  1. Patrick

    10 novembre 2016 at 11 h 53 min

    Certainement son plus beau film sinon « Deux hommes en fuite » (un excellent film de traque) est aussi accessible pour du Losey et il détonne assez dans sa filmographie

     
  2. Seb

    10 novembre 2016 at 12 h 10 min

    Un bon Losey, tout en élégance et en force tranquille. Sans doute pas aussi marquant que Le rôdeur, Le servant ou encore Temps sans pitié mais à voir néanmoins.

     
  3. Val

    10 novembre 2016 at 12 h 40 min

    Depuis la première fois que j’ai vu « Le Messager », j’ai une grande affection pour ce film. Je ne sais pourquoi ni comment, mais dès le premier visionnage, j’ai adoré. L’ambiance un peu désuète, l’histoire d’amour en filigrane, le jeune garçon qui grandit en un été, et surtout la fin que je trouve bouleversante.
    Je n’ai pas revu ce film depuis très longtemps mais il m’en reste une sorte de souvenir nostalgique. Et je crois bien que c’est la seule oeuvre de Losey que j’ai vu de ma vie.

     
  4. Marc Provencher

    10 novembre 2016 at 16 h 56 min

    « Certainement un des films les plus accessibles de Losey. »

    J’avais à peine plus que l’âge du jeune Dominic Guard la première fois que j’ai vu ce film, et c’est sans doute l’explication de mon coup de cœur, mais d’après moi c’est vraiment LE chef d’œuvre de l’inégal Joseph Losey. (Et dans mes critères pour chef d’œuvre, il y a aussi le fait d’être accessible, justement). Même s’il est vrai que ‘THE SERVANT’ et ‘MONSIEUR KLEIN’ sont également de sacrés films. La musique de Michel Legrand est géniale. Et puis c’est avec Julie Christie, alors hein. (Imaginez : la même année 1971, Julie Christie est dans ‘THE GO-BETWEEN’ et ‘McCABE AND MRS. MILLER’ !!)

     
  5. Seb1878

    10 novembre 2016 at 21 h 04 min

    Redgrave est monumental. Jamais vu un masque de mort pareil.

     
    • walkfredjay

      10 novembre 2016 at 21 h 11 min

      Exact. Sa seule vue est flippante. Comme John Randolph dans « L’OPÉRATION DIABOLIQUE ».

       
  6. JICOP

    10 novembre 2016 at 21 h 23 min

    Tres beau film a la musique envoutante et au scenario plus ambigu qu’il n’y parait .
    C’est l’un des meilleurs films de Losey dont j’avais egalement apprecie  » the servant  » et l’etonnant  » the damned  » .

     
  7. Claude

    10 novembre 2016 at 21 h 27 min

    Palme d’Or à Cannes (quand ça voulait dire quelque chose) . Jamais revu depuis mais il m’en reste un grand souvenir . A la réflexion, je ne connais pas un seul mauvais film de Joseph Losey .

     
    • walkfredjay

      10 novembre 2016 at 21 h 30 min

      « LA TRUITE » ? Au hasard…

       
      • Seb1878

        11 novembre 2016 at 12 h 01 min

        L’assassinat de Trotski est indigeste. Par contre : Boom est un navet pour beaucoup… mais moi j’adore…

         
      • Claude

        13 novembre 2016 at 19 h 24 min

        On va dire qu’il est un peu moins bon que le reste, allez …

         
  8. Marc Provencher

    11 novembre 2016 at 9 h 16 min

    Je parlais de ‘MCCABE AND MRS MILLER plus haut. Eh bien, Leonard Cohen est mort.

     

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