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« TRAINING DAY » (2001)

18 Nov

training2« TRAINING DAY » s’est affirmé avec le temps comme un des polars majeurs du cinéma U.S. des années 2000. Préfigurant d’un an la série « THE SHIELD » et le film « DARK BLUE », il exploite sans aucune retenue ou garde-fou le personnage du « ripou », du flic des rues sans foi ni loi.

Première idée géniale : donner le rôle de ce monstre charismatique et sociopathe à Denzel Washington qui renvoyait plutôt jusque-là l’image d’un Sidney Poitier moderne. Ici, l’auréole vole en éclats et son ‘Alonzo’ est une figure méphistophélique, vivante image de la corruption et de la décadence d’une Amérique sans repères moraux. Seconde grande idée : concentrer l’action sur une seule journée, celle de la formation d’un ‘rookie’ (Ethan Hawke) désireux d’entrer aux Stups et tombant dans la toile d’araignée tendue par l’officier chargé de le former.

Le scénario est ultra-bétonné, les coups de théâtre sont imprévisibles et les séquences d’action magnifiquement stressantes. On assiste pendant deux heures qui passent en un éclair, à la perte de l’innocence d’un idéaliste, on s’effare d’un système pourri jusqu’à la moelle. La scène où Alonzo rend visite aux « Rois Mages » trois flics haut-placés dans la hiérarchie (Harris Yulin, Raymond J. Barry et Tom Berenger, tous trois extraordinaires) dans un restaurant, laisse deviner l’étendue de la dégénérescence.

Outre un rythme jamais pris en faute, un dialogue d’une rare acuité, « TRAINING DAY » bénéficie d’un fabuleux cast de seconds rôles parmi lesquels on reconnaît Scott Glenn en « narco », la belle Eva Mendes et l’inquiétant Nick Chinlund.

training

DENZEL WASHINGTON, NICK CHINLUND, ETHAN HAWKE ET TOM BERENGER

Il faut avoir le cœur bien accroché pour profiter de ce polar littéralement faustien, qui n’oublie jamais le spectacle au premier degré et propose un face-à-face vraiment impressionnant entre Washington qui se délecte manifestement de ce rôle grandiose d’abjection impunie et Hawke, qui lui tient tête et traduit de subtile façon les changements successifs de son « bleu » pendant sa descente aux enfers.

« TRAINING DAY » fait partie de ces films déjà bons à leur sortie et qui ne font que se bonifier avec les années. À revoir, donc !

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15 réponses à “« TRAINING DAY » (2001)

  1. Seb

    18 novembre 2016 at 11 h 47 min

    Il faudrait que je le revois car j’ai le souvenir d’un polar pas très emballant à la forme assez « clipesque ». Par contre je me souviens que Denzel y était excellent.

     
    • walkfredjay

      18 novembre 2016 at 11 h 58 min

      Si le film a pu donner une sensation de visuel « clipé », ça s’est bien atténué avec les années. On a vu tellement pire ! 🙂

       
      • Seb

        20 novembre 2016 at 11 h 43 min

        Je l’ai revu et j’ai bien fait ! Impression nettement plus positive après ce second visionnage. La mise en scène de Fuqua est fluide et précise, moins tape-à-l’oeil que dans mes souvenirs ; tu as raison, on a vu bien pire, après mais aussi avant (Tueurs-nés d’Oliver Stone, par exemple, est aujourd’hui irregardable à cet égard). Magistralement orchestrée aussi est la descente aux enfers du personnage de Hawke, inéluctable dès les séquences où il côtoie Washington (impérial, sans doute son meilleur rôle aux antipodes de l’éternel pro bonne pâte et distributeur de sages leçons auquel on le cantonne trop souvent). Je trouve quand même que le film aurait pu durer un quart d’heure de moins et certaines séquences (de dialogues, notamment) auraient gagné à être resserrées. On retrouve la patte de David Ayer dans deux autres polars qui avec le recul m’ont terriblement rappelé Training Day: Bad Times et End of Watch, tous deux réalisés par le scénariste… mais je trouve finalement le Fuqua bien plus percutant et engageant !

         
      • walkfredjay

        20 novembre 2016 at 12 h 19 min

        Content de t’avoir donné l’occasion de le redécouvrir ! 🙂

         
  2. Chris14

    18 novembre 2016 at 12 h 17 min

    Il serait bien de ne pas oublier de mentionner Antoine Fuqua, le metteur en scène… J’ai remarqué cet oubli parfois dans vos chroniques.

     
    • walkfredjay

      18 novembre 2016 at 12 h 22 min

      C’est possible, oui. Il y a des infos qui me semblent couler de source (c’est bien le travail du réalisateur qui est analysé dans les chroniques, donc inutile de le citer nommément, pensais-je, d’autant qu’il est facile d’aller voir la fiche du film sur IMDB ou ailleurs), mais en fait pas forcément… Je veillerai au grain. D’autant plus qu’en l’occurrence, j’aime bien Fuqua.

       
    • Patrick

      18 novembre 2016 at 13 h 10 min

      C’est certainement le meilleur film de Fuqua (réalisateur pas toujours inspiré) mais il faut aussi précisé que le scénario de David Ayer et on retrouve vraiment son style dans ce polar même s’il ne l’a pas réalisé.

       
  3. Miguel

    18 novembre 2016 at 14 h 34 min

    Super acteurs, super polar mais je me rappelle que l’intrigue n’était pas très clair surtout lors de la scène du resto et de l’achat du mandat (félicitation pour ceux qui ont pigé du premier coup). Et le portefeuille de la frangine, houla, c’était limite too much. Bon aller, j’arrête de râler, il très bien ce film.

     
    • walkfredjay

      18 novembre 2016 at 14 h 36 min

      À seconde vision ça s’éclaircit ! 🙂

       
      • Miguel

        18 novembre 2016 at 14 h 52 min

        Et oui, vive le bouton Rewind

         
  4. Kinskiklaus

    18 novembre 2016 at 21 h 04 min

    Ethan Hawke, voilà un acteur discret qui mine de rien possède déjà une bien belle et longue filmographie. De mémoire, je ne l’ai jamais trouvé mauvais.

     
    • walkfredjay

      18 novembre 2016 at 21 h 09 min

      Très juste. Il était même remarquable dans sa trilogie avec Richard Linklater.

      https://blogduwest2.wordpress.com/2015/09/28/before-sunrise-1994-before-sunset-2003-before-midnight-2013/

       
      • Kinskiklaus

        18 novembre 2016 at 22 h 58 min

        Ouaip, vu aussi ces trois films. Je trouve qu’il fait des choix judicieux, alternant grosses productions et films plus intimistes, position plus fréquente dans le cinéma européen que dans le cinéma américain. A savoir également, c’est un féru de littérature, passionné notamment par les auteurs de la Beat Generation. Acteur mais aussi comédien et metteur en scène de théâtre, réalisateur, romancier. Discret mais boulimique de travail. Je ne serais pas surpris qu’un jour il nous sorte un grand film en tant que réalisateur (je n’ai encore vu aucune de ses réalisations).

         
    • Patrick

      19 novembre 2016 at 11 h 44 min

      Un acteur pas mauvais mais qui manque considérablement de charisme donc je ne retiens pas un rôle particuliers qui m’a marqué dans les films que j’ai vu avec lui ; peut-être Gattaca.

       
  5. Corey

    21 novembre 2016 at 15 h 54 min

    Un des très bons films de mon réalisateur « moderne » favori. Son oeuvre la plus réputée, mais je lui préfère L’élite de Brooklyn, son pendant encore plus sombre et désespérée.

     

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