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« ASCENSEUR POUR L’ÉCHAFAUD » (1958)

20 Nov

ascenseurQuand on se réfère à « ASCENSEUR POUR L’ÉCHAFAUD », le premier long-métrage de Louis Malle, c’est à Jeanne Moreau marchant sous la pluie, dans Paris la nuit, sur la BO jazzy de Miles Davis, qu’on pense aussitôt. Le reste généralement, paraît plus flou.

Le scénario est pourtant ingénieux et plein de chausse-trappes, le noir & blanc d’Henri Decaë capture à merveille un Paris disparu, mais le film a indéniablement vieilli : la postsynchronisation systématique, le jeu catatonique et souvent faux des comédiens, à commencer par Moreau, la sensation de répétition voire de piétinement (la séquence interminable au motel avec le couple d’Allemands !)… Il faut s’accrocher un peu pour jouir des pépites que contient tout de même le film.

Dans son emploi-fétiche d’ancien d’Indochine (ou d’Algérie, c’est selon), Maurice Ronet est égal à lui-même : magnétique, distant, impénétrable. Malgré un temps de présence relativement limité à l’écran, il crée un étrange assassin romantique et fragile. Les jeunes premiers Georges Poujouly et Yori Bertin sont beaucoup plus contestables et occupent trop l’espace. Parmi les seconds rôles on remarque Lino Ventura en commissaire ironique et entêté et un tout jeune Charles Denner jouant son bras-droit. Leur naturel fait plaisir à voir et à entendre dans cette ambiance empesée.

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CHARLES DENNER, LINO VENTURA, MAURICE RONET, FÉLIX MARTEN ET JEANNE MOREAU

À condition d’oublier les scories, les voix « off » maladroites et redondantes, « ASCENSEUR POUR L’ÉCHAFAUD » apparaît comme un OVNI, une sorte de concentré de ‘film noir’ existentiel à la James M. Cain, mélange déconcertant de série B américaine et de « nouveau roman » à la française. Bon an, mal an, Malle a réussi son pari et le film génère toujours une certaine fascination. Cinq ans plus tard, « LE FEU FOLLET » verra le réalisateur et son acteur principal au sommet de leur art.

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5 réponses à “« ASCENSEUR POUR L’ÉCHAFAUD » (1958)

  1. Kinskiklaus

    20 novembre 2016 at 16 h 28 min

    J’avais pour ma part été un peu déçu par la vision tardive de ce film, trop vampirisé peut-être par ma passion envers sa B.O.

    Quelqu’un peut-il me dire si le film « Le feu follet » est fidèle au chef-d’oeuvre de Drieu La Rochelle, l’un de mes romans de chevet ? (sans trop en dévoiler svp)

     
    • JICOP

      20 novembre 2016 at 16 h 43 min

      Salut Kk , j’adore  » le feu follet  » , je lui prefere a  » ascenseur …  » . Ronet est enorme dedans . C’est un film magnifique .
      Pour ma part , je m’evertue a ne pas trop faire la comparaison livres/film tant les deux sont differents .
      Je parie que tu vas aimer …j’espere ne pas me tromper 🙂

       
      • Kinskiklaus

        20 novembre 2016 at 23 h 41 min

        Merci Jicop !

         
    • Patrick

      20 novembre 2016 at 20 h 31 min

      Moyennement apprécié aussi, pas lu le livre mais le film Feu-Follet vaut le coup d’œil malgré des petites longueurs.

       
  2. JICOP

    20 novembre 2016 at 16 h 45 min

    Je precise que je parle des livres / films en general et pas specialement pour  » le feu follet « .

     

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