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« CINQ JOURS CE PRINTEMPS-LÀ » (1982)

24 Nov
5jours

SEAN CONNERY ET LAMBERT WILSON

« CINQ JOURS CE PRINTEMPS-LÀ » clôt la prestigieuse carrière de Fred Zinnemann et – fort heureusement – sur un très beau film à la fois âpre et romantique, furieusement osé sous ses dehors policés (l’inceste est frontalement traité) tout en demeurant étonnamment délicat et allusif.5jours2

C’est en fait, l’histoire du « béguin » d’une fillette de dix ans pour son oncle, qui se transforme des années plus tard en une histoire d’amour sulfureuse et destructrice. Cela se déroule dans les années 30 en Suisse, le temps d’un séjour « volé », un long week-end en amoureux qui va rapidement s’assombrir.

La photo magistrale de Giuseppe Rotunno capture magnifiquement la lumière de la montagne et la beauté des visages : qu’ils soient burinés comme celui de Sean Connery dans un de ses rôles les plus subtils, ou juvéniles comme ceux des débutants Lambert Wilson et Betsy Brantley idéalement distribués et jamais écrasés par leur aîné. Tout en touches légères, en non-dits, en regards furtifs, en passions retenues, le film évolue avec une sorte de violence feutrée qui rappelle les brusques changements de météo des Alpes. Il y a des moments de pure poésie, comme la découverte d’un corps conservé dans les glaces depuis 40 ans et le regard de cette vieille femme qui fut sa fiancée : elle est chenue, ratatinée, lui a conservé dans la mort son visage de jeune homme. Toutes les scènes d’escalade, aussi longues soient-elles, participent toujours de la dramaturgie, ce qui leur donne une belle tension interne. Et même les flash-backs, qui pourraient sembler désuets et redondants, sont parfaitement insérés au montage et enrichissent les protagonistes.

« CINQ JOURS CE PRINTEMPS-LÀ » est donc un film à part, unique en son genre, le testament d’un cinéaste de 75 ans, qui parvient à captiver avec le récit en demi-teintes d’un amour impossible, de plusieurs jeunesses gaspillées ou fauchées trop tôt. Par ses regards chargés d’émotion, Connery le magnifique traduit comme personne le désarroi de l’homme encore vigoureux que tout le monde commence à regarder comme un vieillard qui a fait son temps. Vraiment un très beau film.

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SEAN CONNERY ET BETSY BRANTLEY

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6 réponses à “« CINQ JOURS CE PRINTEMPS-LÀ » (1982)

  1. lemmy

    24 novembre 2016 at 17 h 00 min

    Je n’ai jamais entendu parler de ce film ! Où en as-tu trouvé le dvd ?

     
    • walkfredjay

      24 novembre 2016 at 17 h 09 min

      Tu ne connais pas ? Ça n’a pas été un gros succès, c’est vrai. Mais il vaut le détour. Il est sorti aux U.S.A. chez Warner Archive.

       
  2. Seb1878

    24 novembre 2016 at 17 h 38 min

     
  3. Seb1878

    24 novembre 2016 at 19 h 33 min

    Ah oui ! C’est, peut être, la traduction de titre la plus débile de l’histoire. Vive la France !!!

     
    • walkfredjay

      24 novembre 2016 at 19 h 36 min

      Ils se sont juste trompés de saison… 😀

       
      • Seb1878

        25 novembre 2016 at 0 h 10 min

        😅

         

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