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« HITCHER » (1986)

29 Nov

hitcherŒuvre-culte instantanée dès sa sortie, « HITCHER » a engendré des sequels, remakes et autres plagiats plus ou moins déguisés. Lui-même n’est autre qu’une variation élaborée sur le thème du « DUEL » de Spielberg, un serial killer prenant la place du poids-lourd.

Pourquoi « HITCHER » continue-t-il à fasciner autant – et peut-être même plus encore – tant d’années après ? D’une linéarité exemplaire, d’un dépouillement sans faille, c’est un curieux mélange de ‘road movie’, de thriller sanglant et de fable freudienne, voire diablement crypto-gay sur la transmission du Mal. Dans le décor immuable du désert westernien, il offre l’image d’une Amérique figée dans le temps, pratiquement dépeuplée et parsemée de stations-services et de « diners » sinistres. Qui est John Ryder (Rutger Hauer) ? Un simple détraqué qui hante les autoroutes pour dépecer ceux qui ont le malheur de le prendre en stop ? Ou alors est-il l’émanation du « dark side » du jeune conducteur joué par C. Thomas Howell, son Mr Hyde, son démon intérieur ? Plusieurs indices nous laissent à penser que les auteurs pencheraient volontiers du côté du fantastique symbolique. Mais ce n’est jamais tranché ou trop explicite. À chacun de lire le film au degré qui lui plaira. Du plus rationnel au plus métaphysique.

Au niveau de l’image, du filmage, « HITCHER » n’a pas pris une ride. Et quel plaisir de revoir de superbes cascades automobiles sans CGI ! La direction d’acteurs est tendue, jamais relâchée : Hauer dans l’autre rôle de sa vie, à égalité avec celui de « BLADE RUNNER », est terrifiant et malsain à souhait en vagabond sadique et increvable. Un « méchant » de tout premier ordre, à filer des cauchemars. Face à lui, Howell n’est pas en reste et compose un personnage évolutif dont la lente décomposition mentale et morale se traduit jusque dans son aspect physique. À leurs côtés, de bons seconds rôles, parmi lesquels Jennifer Jason Leigh en serveuse et agneau du sacrifice. Sa dernière scène est assez traumatisante.

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RUTGER HAUER, JENNIFER JASON LEIGH ET C. THOMAS HOWELL

Le format Scope est utilisé à 100% de ses possibilités, pratiquement à chaque plan, les couleurs sont saturées, le montage ne connaît aucun temps mort. « HITCHER » est un film unique, qu’on n’a pas fini de redécouvrir et dont l’influence continue de se faire sentir trois décennies plus tard.

Une prochaine réédition en Blu-ray (pas encore annoncée, hélas) permettra certainement de le réévaluer à la hausse. Un chef-d’œuvre.

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5 réponses à “« HITCHER » (1986)

  1. Kinskiklaus

    29 novembre 2016 at 10 h 38 min

    Jamais vu ce film culte, curieusement. Si je peux me permettre Fred, tu as oublié de mentionner le nom du réalisateur dans ta chronique. (oui je sais, il suffit d’aller trouver son nom sur la toile, ce que j’ai fait d’ailleurs)

     
    • walkfredjay

      29 novembre 2016 at 10 h 40 min

      C’est vrai. Ni du scénariste d’ailleurs, l’excellent Eric Red. Mea culpa… 😉

      Mais je pense que cette omission tient au fait que Robert Harmon n’a jamais fait mieux ou aussi bien que ce film. C’était un « one shot », une sorte de miracle. Un peu comme « LES ANGES DE LA NUIT » dans la carrière de Phil Joanou.

       
      • Marc Provencher

        29 novembre 2016 at 14 h 56 min

        …ou le chef-d’œuvre de la peur ‘JACOB’S LADDER’ dans celle du médiocre Adrian Lyne. Ou ‘LE FÉDÉRAL’ dans celle du routinier et paresseux Luciano Salce. Cela tient à ce fait déjà observé par Dino Risi : « Il y a les films d’auteur et les films d’équipe. » Le cinéma étant, comme le théâtre, un art nettement plus collectif que la littérature ou la peinture, la fameuse « théorie des auteurs » chère aux intellos français est pleine de trous.

         
  2. Ludovic

    29 novembre 2016 at 18 h 05 min

    Il y a eu , hélas, un hitcher 2 sans Rutger Haier mais avec C Thomas Howell en 2003

     
  3. Miguel

    29 novembre 2016 at 19 h 10 min

    Un bon thriller qui tient bien la route grâce essentiellement à sa construction cinématographique. L’intrigue, qui n’avait qu’un intérêt secondaire, avait été à l’époque sujet à beaucoup de spéculation.

     

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