RSS

« ALICE AU PAYS DES MERVEILLES » (2010)

15 Déc

aliceLe plus surprenant dans la rencontre entre Tim Burton et l’œuvre de Lewis Carroll, c’est… qu’elle n’ait pas eu lieu plus tôt. Dès les premières images, dès les premières notes de la BO de Danny Elfman, tout est parfaitement en place, logique et coulant de source. Et quand une Alice de vingt ans retrouve le monde de ses rêves d’enfance, c’est comme si Wonderland n’avait jamais eu d’autre apparence que celle proposée par le réalisateur.

« ALICE AU PAYS DES MERVEILLES » est en quelque sorte la ‘sequel’ du roman tant de fois adapté. Un retour de l’héroïne dans un univers qui a périclité sans elle et s’avère sombre et inquiétant, en proie au totalitarisme. C’est une fable initiatique, une plongée dans le passé qui permettra à Alice d’entrer définitivement dans le monde des adultes et de s’affirmer comme une jeune femme de son époque, mature et volontaire. Le choix de Mia Wasikowska pour le rôle-titre cristallise idéalement les intentions des auteurs. Son jeu à la fois léger et profond donne à Alice une épaisseur inattendue qui justifie l’existence du film.

Le filmage en images de synthèse est bluffant. Décors, mouvements, mélange de plans « en dur » et CGI, tout est impeccable et ne freine jamais l’imaginaire. L’humour pince-sans-rire qui sous-tend toutes les situations, même les plus lugubres, finit de donner sa forte identité au projet.

alice2

JOHNNY DEPP, MIA WASIKOWSKA, ANNE HATHAWAY ET HELENA BONHAM CARTER

Autour d’Alice, on a droit à un Johnny Depp en roue-libre dans le rôle du chapelier fou. Un peu lassant à vrai dire, tant il se répète de rôle en rôle. Helena Bonham Carter est en revanche géniale en méchante reine hydrocéphale, Anne Hathaway très drôle dans le rôle de sa gentille sœur à la gestuelle hilarante. Crispin Glover est un homme-de-main borgne et longiligne. Parmi les « guests vocales », on reconnaît aisément Alan Rickman (la chenille) et Timothy Spall (le chien).

Une très jolie et pertinente version du mythique roman imaginé en 1865, qui n’a manifestement pas fini de titiller l’imagination des créateurs et du public.

Publicités
 

31 réponses à “« ALICE AU PAYS DES MERVEILLES » (2010)

  1. Seb1878

    15 décembre 2016 at 10 h 16 min

    Manifestement : nous n’avons pas vu le même film !!!

    http://www.hollywood00.com/alice-au-pays-des-merveilles.html

     
    • walkfredjay

      15 décembre 2016 at 10 h 21 min

      Non ! C’est le moins qu’on puisse dire 😀

       
  2. Patrick

    15 décembre 2016 at 12 h 57 min

    J’ai bien aimé ce Burton, c’est bizarre que son Alice soit peu apprécié.

     
    • walkfredjay

      15 décembre 2016 at 13 h 19 min

      C’est vrai. J’avais tellement lu et entendu d’horreurs à son sujet que je m’attendais à détester… Comme quoi, il faut toujours vérifier par soi-même.

       
      • Patrick

        15 décembre 2016 at 15 h 57 min

        Je n’ai pas encore vu la suite mais je trouve dommage que ce ne soit pas Burton qu’il l’est réalisé.

        Oui il faut souvent juger par soi-même.

         
      • walkfredjay

        15 décembre 2016 at 16 h 00 min

        Bientôt chroniquée ici même. Moins bien, c’est sûr. Avec quelques jolies choses…

         
  3. Miguel

    15 décembre 2016 at 18 h 02 min

    Je peux me tromper mais j’ai l’impression que pour la création de la reine, Tim Burton s’est inspiré de Bette Davis dans « La Vie privée d’Élisabeth d’Angleterre ».

     
    • walkfredjay

      15 décembre 2016 at 18 h 17 min

      Tu as tout à fait raison ! Je n’y avais pas pensé…

       
    • JICOP

      15 décembre 2016 at 18 h 24 min

      Bien vu Miguel . La ressemblance est frappante . Dommage pour Bonham-Carter 🙂
      Le film est agreable , meme si le numerique tue un peu la magie . ( je sais je radote 🙂 )

       
      • walkfredjay

        15 décembre 2016 at 18 h 32 min

        On se rejoint sur le numérique, Jicop. Mais pas pour ce film-là…

         
      • Miguel

        15 décembre 2016 at 21 h 04 min

        J’ai vu des extraits et je trouve que les lapins sont très bien fait…et comme j’ai un faible pour ces bestioles, je suis très critique vis a vis de leurs reproduction en CGI.

         
      • walkfredjay

        15 décembre 2016 at 21 h 08 min

        Le fait que l’univers dépeint soit totalement « rêvé » et absurde, justifie les CGI et leur rendu parfois impalpable. Mais dans le n°2, ils ont juste un peu exagéré !

         
  4. Seb1878

    15 décembre 2016 at 21 h 08 min

    Le chat est très beau aussi…

     
  5. Seb

    15 décembre 2016 at 22 h 59 min

    La plupart des films de Burton (surtout ceux à partir des années 2000) m’ont laissé indifférent sans que je puisse dire les avoir copieusement détestés ; celui-ci n’échappe pas à la règle. En fait j’ai l’impression qu’il n’a jamais vraiment réussi à réinjecter du sang neuf dans son univers depuis une quinzaine d’années et ce qui semblait surprenant, inventif dans Edward aux mains d’argents ou Sleepy Hollow est devenu trop préfabriqué voire un peu stérile. Mais ce sont peut-être les limites de cette imagerie somme toute typiquement hollywoodienne, gorgée de baroquisme et de gothisme gentillets (et un peu neuneus à la longue), qui n’atteint jamais un centième de la puissance des oeuvres de Perrault, les frères Grimm ou Lewis Carroll. Oui, je sais, ne comparons pas ce qui n’est pas comparable mais bon…

     
    • Seb1878

      16 décembre 2016 at 9 h 57 min

      C’est, à mon sens , la meilleure analyse de l’œuvre de Burton.
      Je dis Bravo. Vraiment Bravo !

       
    • walkfredjay

      16 décembre 2016 at 10 h 04 min

      Je ne vais pas défendre bec et ongles Burton, dont le cinéma ne m’a jamais beaucoup impressionné. Mais certains films sont esthétiquement réussis (si seulement il s’appuyait sur de meilleurs scénarios !) et je trouve que son « ALICE » est un bel hommage à Lewis Carroll. Maintenant, il est indéniable qu’il radote et tourne en rond. Et sa collaboration avec Johnny Depp semble arrivée au bout de son rouleau.

       
      • Seb

        16 décembre 2016 at 12 h 14 min

        Merci Seb ! Les aficionados de Burton dissèquent très certainement son oeuvre avec beaucoup de pertinence ; il y a juste que toi et moi ne sommes pas de leur côté. 😉
        Quant à la persistance de Burton à garder Depp en tête d’affiche, je pense aussi qu’elle est contre-productive: l’un est devenu un acteur tellement ennuyeux et prévisible dans ses excentricités qu’il a un effet « tir sur l’ambulance » par rapport à la panne d’inspiration de l’autre…

         
    • Marc Provencher

      16 décembre 2016 at 17 h 43 min

      Je pense que Burton, tant qu’à se livrer à de telles débauches de CGI, aurait dû prendre un tournant définitif vers le cinéma d’animation, après l’extraordinaire réussite (selon moi) de ‘CORPSE BRIDE’ en 2005 qui arrivait un peu comme un oasis dans un (début de) désert.

      Moi aussi, le côté gentillet du faussement audacieux me tarabuste. Mais je veux bien être bon prince (noir) avec ses films qui s’adressent directement aux enfants, comme ‘WILLY WONKA’ (même si je préfère de loin Gene Wilder à Johnny Depp dans ce rôle) et le récent ‘MISS PEREGRINE’S HOME FOR PECULIAR CHILDREN’, dont les jeunes têtes de mon entourage sortent enchantées.

       
      • walkfredjay

        16 décembre 2016 at 17 h 51 min

        Surtout qu’il y a Eva Green dedans !

         
      • Kinskiklaus

        16 décembre 2016 at 18 h 02 min

        Jeune tête ou non, il est difficile de sortir d’une séance de cinéma avec Eva Green sans être enchanté. Peut-être pour des raisons différentes ceci dit…

         
  6. Kinskiklaus

    16 décembre 2016 at 18 h 00 min

    Tiens, hormis le tout dernier, c’est le seul film de Burton que je n’ai pas vu. Ta chronique aiguise soudain ma curiosité envers ce film qui me rebutait d’avance plus qu’autre chose.

     
    • walkfredjay

      16 décembre 2016 at 18 h 01 min

      Comme tu le vois, les avis sont partagés !

       
  7. Kinskiklaus

    16 décembre 2016 at 18 h 04 min

    Ouaip, très partagé (plus réactif que Fred, tu meurs, j’ai l’impression de t’avoir envoyé un texto vu la rapidité de ta réponse !). Hâte en tous les cas de découvrir Eva Green dans le prochain Polanski qui se tourne en ce moment même.

     
    • walkfredjay

      16 décembre 2016 at 18 h 14 min

      Il suffit que je traîne dans le coin et hop ! La réponse est immédiate 😉

      Polanski tournant un film français, je ne suis pas trop emballé. Le dernier Verhoeven m’a douché ! Wait and see…

       
      • JICOP

        16 décembre 2016 at 18 h 44 min

        Fred qui chipote pour chroniquer un futur film avec Eva Green … hu hu hu 🙂
        Pour te rassurer Fred ,  » le locataire  » est un film Francais signe par Polanski dont on fete le 40eme anniversaire … on croise les doigts .

         
      • walkfredjay

        16 décembre 2016 at 19 h 27 min

        Je chipote, oui… MAIS JE SAIS BIEN QUE JE LE VERRAI !!!

         
      • Marc Provencher

        16 décembre 2016 at 21 h 44 min

        « Polanski tournant un film français, je ne suis pas trop emballé. »

        Réplique: ♪ uuu-uuuu-uuuu-uuuu-uuuuuu… ♪

        C’était mon imitation (à s’y méprendre, non?) de l’insidieuse clarinette de Philippe Sarde. Et j’ajoute ce que déjà lançait Lila Kedrova au malheureux Trelkovski refusant de signer sa pétition: « Je me souviendrai de votre attitude ! »

         
      • Kinskiklaus

        17 décembre 2016 at 1 h 04 min

        Je croyais que tu avais adoré « Elle », j’avais dû mal lire… Quant au prochain Polanski, je l’attends avec impatience même si j’estime que les critiques cinéma crient un peu trop au génie systématiquement. Perso, je n’ai vraiment pas aimé ce qu’il a produit depuis « Le pianiste ». Polanski, pour moi, c’est un immense cinéaste à l’inventivité folle et aventureuse, doué à la caméra comme peu de cinéastes. Or, j’estime que n’importe quel réalisateur aurait pu filmer ses derniers films. Son dernier grand film reste pour moi « le locataire ». 40 ans déjà…

         
      • walkfredjay

        17 décembre 2016 at 9 h 07 min

        Adoré « ELLE » ? Oui, tu dois confondre Kinskiklaus ! 😉

         
  8. Marc Provencher

    16 décembre 2016 at 21 h 48 min

    Zut, je pense que ce n’était pas Lila Kedrova mais Jo Van Fleet.

     
  9. Seb

    4 mars 2017 at 15 h 36 min

    Je ne peux que recommander la formidable version du Tchèque Jan Švankmajer, aux antipodes du gloubi-boulga numérique aseptisé de Burton, qui a enfin quelque chose de l’esprit de Lewis Carroll tout en étant définitivement à part. Un extrait ci-dessous:

     

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :