RSS

« BACKDRAFT » (1991)

21 Déc

backdraft2« BACKDRAFT » est un mélange pas forcément idiot de film-catastrophe et de thriller à tendance ‘whodunit’, enraciné dans l’univers des pompiers de Chicago. Évidemment, la signature de Ron Howard est toujours un peu inquiétante. Et c’est bien là que le bât blesse.

Sur le papier, c’est bourré de bonnes idées : la dynastie de « firemen », la rivalité entre frères, l’idée de décrire le feu comme « une bête » malfaisante. Mais au final, la réalisation pied-de-plomb, truffée de ralentis et de morceaux de bravoure téléphonés, le dialogue d’une effarante lourdeur et des emprunts trop voyants (Donald Sutherland dans un avatar pyromane d’Hannibal Lecter, par exemple), finissent par tuer dans l’œuf le grand film d’action que cela aurait pu être en d’autres mains.

Ce qui rend « BACKDRAFT » encore visible et même parfois impressionnant, ce sont les séquences d’incendies, pré-CGI rappelons-le. Certaines sont carrément dantesques et les effets sonores (le souffle de dragon qu’on entend à chaque retour de flamme) aident grandement. La BO de Hans Zimmer épique comme toujours, laisse une impression mitigée, entre enthousiasme devant l’ampleur de la partition et envie de sourire par son côté kitsch et pompeux.

Même malaise devant le casting : Kurt Russell très bien en macho fragile, Scott Glenn en vétéran musclé, Robert De Niro en enquêteur plutôt discret. Mais les rôles féminins – pourtant tenus par les excellentes Rebecca DeMornay et Jennifer Jason-Leigh – sont sous-écrits et affreusement mal dialogués. Et le plus long temps de présence est alloué à l’affligeant William Baldwin, un des pires jeunes premiers de sa génération.

backdraft

KURT RUSSELL, WILLIAM BALDWIN ET ROBERT DE NIRO

On peut revoir « BACKDRAFT » donc, pour ses scènes d’action et un ou deux face-à-face entre bons acteurs. À condition d’oublier des moments embarrassants comme ce coïtus interruptus sur le toit d’un camion rouge, ou la visite de Baldwin à Sutherland en prison, bêtement calquée sur « LE SILENCE DES AGNEAUX ».

Advertisements
 

14 réponses à “« BACKDRAFT » (1991)

  1. Kinskiklaus

    21 décembre 2016 at 11 h 09 min

    Énorme casting mais la mayonnaise ne prend pas. Vu trois fois, je ne suis jamais parvenu à aller jusqu’au bout. Ron Howard, tout comme Zemeckis se révèle être un bon faiseur. Mais pour l’un comme pour l’autre, il n’existe aucune cohérence dans leur filmographie. Il accepte des projets sans y mettre la moindre touche personnelle. Trois décennies qu’ils surfent de temps en temps sur les toits du box-office et je me demande bien s’il existe quelqu’un sur Terre capable de se réjouir lors de la sortie de leur nouvelle réalisation. Vous connaissez un fan de Ron Howard ? Moi, non. Ceci mis à part, Rebecca de Mornay n’a pas eu la carrière qu’elle méritait.

     
    • walkfredjay

      21 décembre 2016 at 11 h 30 min

      On est d’accord. Ron Howard est une sorte de machine à faire des blockbusters. Des fois, il réussit son coup (« PARENTHOOD » en mode intimiste ou le western « LES DISPARUES ») mais la plupart du temps, il signe des films sans âme, fondamentalement désuets.

      Encore d’accord pour Rebecca, qui a malgré tout su s’épanouir en méchante dans « LA MAIN SUR LE BERCEAU » ou « MOTHER’S DAY ».

       
      • nico

        21 décembre 2016 at 19 h 08 min

        Rebecca est très bien aussi au coté de Powers Boothe dans « BY DAWN’S EARLY LIGHT » (1990).
        Même si James Earl Jones leur vole la vedette dans cet excellent téléfilm HBO réalisé par Jack Sholder (« THE HIDDEN »). D’ailleurs le rôle attribué à J.E.J. est un clin d’œil à sa première apparition dans un film, et non le moindre, « Dr. STRANGELOVE ».

         
  2. Kinskiklaus

    21 décembre 2016 at 11 h 45 min

    Tiens, je ne connais pas du tout « les disparues ». Dans ma liste des films à découvrir. Ta chronique m’a donné envie (et j’adore Tommy Lee Jones).

    http://wild-wild-western.over-blog.com/article-les-disparues-2003-54741280.html

     
    • JICOP

      21 décembre 2016 at 13 h 11 min

      Lance toi KKlaus , c’est presque comme si ce n’etait pas un film de Ron Howard .
      Au fond ce dernier est reste comme son personnage de Richie dans  » Happy days  » : un bon gars mais sans asperites , un nouveau Andrew McLaglen quoi .
       » Backdraft  » ne vaut que par ses sequences de feu , des anciens comme Russell , Glenn ou DeNiro ( en mode tranquille ) .
      Mais il ne sort pas du lot d’autres productions catastrophes de la meme epoque .

       
  3. Kinskiklaus

    21 décembre 2016 at 13 h 18 min

    Si c’est effectivement « presque comme si ce n’était pas un film de Ron Howard », je vais me lancer et fissa!

     
    • Marc Provencher

      21 décembre 2016 at 16 h 10 min

      De toute façon c’est avec Cate, alors hein !

       
  4. Miguel

    21 décembre 2016 at 14 h 18 min

    J’ai vu ce film il y a longtemps mais je me souviens juste de la scène (j’en suis plus très sûr) où De Niro raconte un départ de feu, j’avais bien accroché.

     
  5. Patrick

    22 décembre 2016 at 21 h 01 min

    Je n’attendais pas forcément grand chose de ce film et dans son genre il est divertissant et bien foutu.

     
  6. Corey

    22 décembre 2016 at 23 h 54 min

    Existe t-il un fan de Ron Howard ? Oui, moi, depuis Rush. Reconnaissance éternelle pour avoir réalisé le plus grand film sur le sport automobile, en évitant les clichés, les outrances, le ridicule, la démagogie de la plupart des autres films du genre, à une ou deux exceptions près (genre Grand Prix, de Frankenheimer, mais il y a 50 ans…). Pour un passionné et connaisseur de F1, un film comme Rush est un joyau inestimable, donc merci Ron Howard !

     
  7. Kinskiklaus

    23 décembre 2016 at 0 h 07 min

    C’était donc toi, Corey ! Pas vu « Rush » et à vrai dire, je n’y connais rien en sport automobile. Et au delà de ce film que tu adores, que penses-tu de l’oeuvre de Ron Howard ? (aucune malice dans ma question rassure-toi !)

     
  8. Corey

    23 décembre 2016 at 1 h 26 min

    J’ai vu Apollo 13, la rançon et Un homme d’exception. Tous les trois de très bons films, surtout le dernier. C’est sur que Ron Howard n’est peut être pas le réalisateur qui a le plus de personnalité, mais de ce que j’ai vu, à chaque fois qu’il s’attaque à un sujet, il le maitrise totalement. A part La rançon qui est un très bon film d’action/suspens, les trois autres (en comptant Rush) sont des biopics romancés sur des sujets radicalement différents. Et pourtant, à chaque fois on dirait que le réalisateur est un spécialiste du sujet, je pense que c’est pareil pour Backdraft. C’est selon moi la force d’Howard.

     
  9. Kinskiklaus

    23 décembre 2016 at 1 h 36 min

    C’est ce que je dis depuis le début, Howard est un bon faiseur. Selon moi, il ne possède pas de patte personnelle mais je ne suis jamais sorti de ses films en criant à la nullité.

     
    • walkfredjay

      23 décembre 2016 at 1 h 37 min

      Je n’ai pas vu sa trilogie avec Tom Hanks. Jamais eu envie. Qu’est-ce que ça vaut ?

       

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :