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« COMPTES À REBOURS » (1971)

23 Déc
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MICHEL BOUQUET ET SERGE REGGIANI

Au début des années 70, le « polar-à-la-Melville » était quasiment devenu un sous-genre en soi et le cinéma français se mit à pulluler de ‘films noirs’ se prenant très au sérieux, s’efforçant – rarement avec succès – de récréer l’univers factice mais hautement cinégénique de l’auteur du « DEUXIÈME SOUFFLE » ou du « CERCLE ROUGE ». On retrouve d’ailleurs dans le film qui nous occupe présentement plusieurs acteurs de l’écurie du « maître » comme Serge Reggiani, Jean Desailly, Marcel Bozzuffi ou Charles Vanel.comptes

« COMPTES À REBOURS » est donc de ces films-là. Et si on le revoit aujourd’hui, on peut le rejeter en bloc comme un avatar poussiéreux bourré de vieux clichés jusqu’à la gueule ou y prendre un certain plaisir nostalgique. Cette histoire de vengeance est plutôt bien agencée et l’issue en est assez inattendue, seul le dialogue paraît pesant et désuet au possible. Simone Signoret, par exemple, a bien du mérite de se sortir dignement d’un personnage échappé d’un mélo policier des années 30 qu’aurait pu jouer Fréhel. Malgré sa fondamentale banalité, le film contient plusieurs jolies idées visuelles, comme le look de Michel Bouquet, ex-flic défiguré et à demi-fou qui colle aux basques de Reggiani, tel un ange exterminateur. Ou la mort d’un tueur nommé ‘Narcisse’ au milieu d’éclats de miroir. Cela rend le visionnage plaisant dans l’ensemble, surtout grâce à la qualité surprenante du casting : Reggiani est bien en vengeur maussade et fatigué dans un rôle à la Ventura, Bozzuffi est impeccable en malfrat à l’œil vif, Amidou est excellent en jeune porte-flingue imprévisible, André Pousse ajoute au pittoresque. Seule grosse erreur, Jeanne Moreau, bizarrement emperruquée qui semble jouer toutes ses scènes en état de somnambulisme profond.

« COMPTES À REBOURS » est donc un bon vieux polar à l’ancienne, une sympathique antiquité qui grince parfois aux entournures, mais qu’il est difficile de détester, tant les auteurs semblent fascinés par le style melvillien.

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AMIDOU, MARCEL BOZZUFFI, CHARLES VANEL ET SIMONE SIGNORET

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Une réponse à “« COMPTES À REBOURS » (1971)

  1. Patrick

    23 décembre 2016 at 17 h 30 min

    Pas mémorable mais pas désagréable à regarder grâce à son casting.

    De Pigaut « Trois milliards sans ascenseur » est vraiment sympa à regarder, une sorte de Ocean eleven’s à la française.

     

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