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« LA DAME SANS CAMÉLIA » (1953)

27 Jan

donna« LA DAME SANS CAMÉLIA » est le second long-métrage réalisé par Michelangelo Antonioni et il y retrouve Lucia Bosé, vedette du premier tourné trois ans plus tôt.

Le scénario, très linéaire, s’articule autour d’une jeune starlette milanaise, « découverte » par un ‘produttore’ alors qu’elle n’était que vendeuse et qui devient vedette du jour au lendemain. Prise en main par son entourage, elle se laisse passivement faire, épouse un homme qu’elle n’aime pas, prend un amant (Ivan Desny particulièrement veule) qui ne l’aime pas. Ce n’est que lorsqu’elle décide de s’émanciper qu’elle comprend qu’elle a laissé passer sa chance et qu’elle doit renoncer à tous ses rêves.

Le film est d’une amertume terrible, dépeignant le destin de ces jeunes femmes utilisées puis jetées comme des Kleenex. « Avec un visage pareil, si seulement elle savait jouer ! », lance une figurante en voyant passer l’altière actrice dans les allées de Cinecittà. D’abord présentée comme une sorte d’Anna Karénine ou d’Emma Bovary du pauvre, ‘Clara Manni’ n’a effectivement que le si beau faciès de Lucia Bosé à vendre. Personnalité fade et immature, comédienne médiocre dépourvue de feu sacré, elle traverse la vie comme un fantôme, jusqu’à ce que celle-ci la rattrape, sur le plateau ridicule d’une série Z exotique qu’elle se décide à signer, tournant le dos à un avenir qu’elle voyait plus glorieux.

C’est joliment filmé en plans larges avec çà et là quelques décadrages déjà très « antonioniens ». La Bosé tient le film sur ses épaules, irradiant d’intelligence dans un personnage qui en manque cruellement. Autour d’elle, de bons acteurs comme Gino Cervi en producteur chaleureux mais lucide, Andrea Cechhi en mari jaloux insupportable et même Alain Cuny dans un petit rôle d’acteur compréhensif.

Un film âpre et démoralisant sur un destin brisé dans l’œuf, un peu comme le portrait en négatif d’une Sophia Loren qui serait née sans talent.

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IVAN DESNY, LUCIA BOSÉ ET ANDRA CECCHI

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2 Commentaires

Publié par le 27 janvier 2017 dans CINÉMA ITALIEN, DRAMES PSYCHOLOGIQUES

 

2 réponses à “« LA DAME SANS CAMÉLIA » (1953)

  1. Marc Provencher

    27 janvier 2017 at 15 h 16 min

    « …un peu comme le portrait en négatif d’une Sophia Loren qui serait née sans talent. »

    Il fallait un aplomb et même un courage peu ordinaire à la jeune Lucia Bosè pour accepter ce rôle casse-gueule, qui fut refusé par plusieurs stars plus connues avant elle. Faut-il rappeler que la Bosè est entrée dans le cinéma non grâce à sa formation dramatique, mais via un concours de beauté : elle fut Miss Italia 1947, coiffant au poteau Silvana Mangano, Gina Lollobrigida, Gianna Maria Canale et Eleonora Rossi Drago, preuve qu’elle était encore plus belle que ces quatre déesses !!). Alors le personnage lui ressemble, ça ressemble à sa vie. La réplique « Avec un visage pareil, si seulement elle savait jouer ! », dans la vraie vie elle était exposée à ça. Mais elle y est allée tout de même, jouer avec talent la dame sans talent. Chapeau Lucia !

    En passant, Lucia Bosè est toujours avec nous.

     
  2. Claude

    28 janvier 2017 at 19 h 34 min

    Dire qu’aujourd’hui toutes nos « starlettes » entrent en cinéma par la porte du « mannequinat » .
    Faut voir le résultat …

     

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