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« CASQUE D’OR » (1952)

02 Fév

casqueInspiré du destin bien réel de « CASQUE D’OR », une prostituée du Paris des années 1900, le film de Jacques Becker s’avère – et ce, dès les premières images – d’une authenticité telle, qu’on a la sensation d’effectuer un voyage dans le temps : les extérieurs de Montmartre et autres, les décors de studio, la manière de s’exprimer, les costumes, tout est d’une perfection sans ostentation et la simplicité implacable du scénario fait le reste.

Le film, c’est une histoire d’amour condamnée, le coup de foudre entre un menuisier taiseux (Serge Reggiani dans le rôle de sa vie) mais qui n’aime pas qu’on lui marche sur les pieds et une « putain » forte en gueule, convoitée par différents proxénètes. Tous deux déjà bien abimés par la vie, ils vont retrouver une forme d’innocence dans leur amour, avant de retomber dans la violence et le sordide personnifiés par Claude Dauphin, bourgeois et chef de bande, aussi ignoble que manipulateur.

Le film montre l’âpre réalité derrière le pittoresque des guinguettes du dimanche et des fêtes des années folles immortalisées par les toiles de Renoir. Et elle n’est pas très ragoutante, cette réalité ! À trente ans, Simone Signoret trouve son rôle le plus emblématique, celui aussi où elle s’est le plus « oubliée ». Elle est totalement fondue dans son personnage, jusque dans certaines expressions faciales qu’on ne lui reverra plus jamais à l’écran. Tous les rôles secondaires sont impeccables : de Raymond Bussières à Gaston Modot en passant par Dominique Davray.

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SIMONE SIGNORET, CLAUDE DAUPHIN, RAYMOND BUSSIÈRES ET SERGE REGGIANI

« CASQUE D’OR » est un chef-d’œuvre discret à l’étonnante fluidité, dont on voit le cruel engrenage se mettre en place à l’instant même où les regards de Marie de Manda se croisent pour la première fois. On retient ces moments de paix presque enfantins pendant leur idylle à la campagne, puis le Mal qui reprend le dessus, jusqu’à cette terrible séquence de la guillotine à glacer les sangs. Un beau film sombre où l’amour ne sauvera hélas, personne.

À noter : le surnom de Marie, « Casque d’Or » n’est pas prononcé une seule fois de tout le film…

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9 réponses à “« CASQUE D’OR » (1952)

  1. Kinskiklaus

    2 février 2017 at 9 h 38 min

    Chef-d’oeuvre sur tous les plans: cadrage, dialogues, histoire, interprétations, ambiance etc. Bobine qui a su garder une touche de modernité malgré les années écoulées. Et puis d’aussi jolies balades dans le Ménilmontant et le Belleville de l’époque, ça ne se refuse pas. J’ai découvert également à cette occasion à quel point Raymond Bussières fut un grand comédien. A voir absolument !

     
  2. walkfredjay

    2 février 2017 at 10 h 09 min

    C’est drôle… Dans certains gros-plans, je lui ai trouvé un air de ressemblance avec… Danny Trejo !!!

     
    • Kinskiklaus

      2 février 2017 at 10 h 34 min

      C’est vrai ce que tu dit, moi-même j’y avais pensé !

       
  3. jfb

    2 février 2017 at 15 h 47 min

    un classique du cinéma français que je ne me lasse pas de redécouvrir, un western dans le Paris des ouvriers du XXème siècle avec la gouaille ces arrondissements d’autrefois. A voir et revoir pour la beauté de Simone, le tempérament de Serge et les excellents seconds rôles, ça c’était Paris !
    C’est tragiquement beau.

     
  4. jfb

    2 février 2017 at 16 h 04 min

    Et une très belle mise en lumière comme l’atteste votre sélection d’images qui accompagne souvent vos remarques. Le poids des mots, le choc des photos : on est bien sur blogduwest2

     
  5. Miguel

    2 février 2017 at 17 h 50 min

    Une reconstitution historique des plus réussie à tous les niveaux. A chaque fois je suis impressionné.

     
  6. Kinskiklaus

    2 février 2017 at 19 h 10 min

    Un film qui semble faire l’unanimité. Pourvu que ça dure !

     
  7. walkfredjay

    2 février 2017 at 19 h 16 min

    Attendons que Besson annonce qu’il tourne le remake en anglais, transposé dans le L.A. de 2077, avec des poursuites en bagnoles et une fin heureuse…

     
    • Kinskiklaus

      3 février 2017 at 0 h 48 min

      A la rigueur, ça me dérangerait moins que la sortie prochaine du remake de « Les proies » par la fille Coppola.

       

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